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Nos lecteurs ont la parole

J’ai fait un rêve

Par Raymond NAHAS
Avant que cette année terrible ne se termine, j’ai fait un rêve. Un rêve qui me rendrait heureux s’il se concrétisait.
J’ai tout d’abord rêvé d’un Liban libre, à l’abri de toutes les convoitises de ses voisins, et qui retrouvait enfin ses assises.
Dans l’une des catacombes située au sud de Beyrouth, j’ai vu un homme barbu, qui s’était perdu dans les multiples dédales de son abri souterrain.
J’ai vu la joie, dans les yeux de quelques mafieux locaux, heureux de pouvoir imaginer de liquider leurs stocks de viandes avariées et de médicaments falsifiés, aux associations s’occupant des réfugiés du Liban. Une façon comme une autre de les envoyer ad patres.
J’ai vu plusieurs Libanais, que je préfère ne pas nommer, obtenir enfin la nationalité syrienne pour services incomparables rendus à la Syrie sœur.
J’ai vu les députés du CPL retourner sur les pas de saint Maron et s’installer définitivement à côté du tombeau du grand saint, heureux d’avoir enfin marqué pour l’éternité leur maronitisme, et l’espoir de retrouver leur siège.
J’ai aussi vu un ministre, à bord de son avion personnel, parcourir la planète à la recherche de quelques gouttes de pétrole qui lui permettraient de rallumer ses ardeurs.
J’ai vu le président syrien s’installer avec sa famille en Russie dans une isba princière et jouant aux échecs avec son mentor qui ressemblait étrangement à Vladimir Poutine.
J’ai vu le président Morsi traversant le Nil en felouque, tomber à l’eau et criant, une fois repêché, en parodiant la reine d’Angleterre : « Au Nil choit qui mal y penche ! »
J’ai vu le président nord-coréen se perdre dans l’espace, grâce à sa fusée nucléaire, qui essayait d’atteindre la lune. Et la Corée du Sud qui commentait : « Bon débarras ! »
J’ai vu dans mon rêve aussi quelques mollahs iraniens, faisant amende honorable, et accueillant le fils du chah avec tous les honneurs dus à son rang.
J’ai vu enfin plusieurs scènes uniques : DSK comptant ses dollars avant de payer ses différentes conquêtes, François Copé embrassant son rival François Fillon dans un ultime espoir de l’étouffer, et plusieurs autres scènes fantasmagoriques qu’il vaut mieux ne pas raconter.
J’ai arrêté les visions de ce rêve un peu fou qui m’a hanté toute la nuit.
Il n’y a qu’au Liban, hélas, que les rêves ne deviennent pas réalité.
Avant que cette année terrible ne se termine, j’ai fait un rêve. Un rêve qui me rendrait heureux s’il se concrétisait. J’ai tout d’abord rêvé d’un Liban libre, à l’abri de toutes les convoitises de ses voisins, et qui retrouvait enfin ses assises.Dans l’une des catacombes située au sud de Beyrouth, j’ai vu un homme barbu, qui s’était perdu dans les multiples dédales de son abri souterrain.J’ai vu la joie, dans les yeux de quelques mafieux locaux, heureux de pouvoir imaginer de liquider leurs stocks de viandes avariées et de médicaments falsifiés, aux associations s’occupant des réfugiés du Liban. Une façon comme une autre de les envoyer ad patres. J’ai vu plusieurs Libanais, que je préfère ne pas nommer, obtenir enfin la nationalité syrienne pour services incomparables rendus à la Syrie...
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