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Cinema- - Rencontre-Dubaï

Un cœur en hiver pour Ibrahim el-Batout

Ibrahim el-Batout, un réalisateur engagé... dans la vie. (DR)

Étrange pour un réalisateur du monde arabe d’évoquer la révolution égyptienne et les événements du 25 janvier 2011 en parlant non de printemps mais bien d’hiver. Il semble en effet que pour Ibrahim el-Batout, l’hiver ne soit pas terminé et que les hirondelles ne soient pas revenues. Car le cinéaste égyptien primé à Qatar il y a trois ans pour son film Hawi ne procède pas mentalement pour réaliser un film ni compose avec la situation environnante. C’est un monde intérieur qui le tourmente. À la 9e édition du Festival international de Dubaï, Amr Waked a obtenu le Muhr pour le rôle principal de son film, mais le réalisateur précisera : « Je ne fais pas de films pour courir les festivals ou pour recevoir des honneurs, mais pour participer à une chaîne humaine. »
Pourquoi l’homme agit-il ainsi, on est sur terre pour être heureux ? Pourquoi l’être humain fait-il du mal à son frère ? Certes, la toile de fond est les événements qui ont traversé l’Égypte en 2011, mais au-delà de cela, il y a l’homme et ses bouleversements qui inquiètent el-Batout et qui le poussent à se questionner. « Il n’y a rien de mental dans mon processus. Bien au contraire. Je ne procède pas intellectuellement ni symboliquement pour tourner un film, mais par impressions qui coulent comme un torrent. Le cinéma va au-delà de mon mental. J’ai entamé ce projet le 10 février 2011. » Et quand on lui demande s’il ne trouve pas qu’il y a peu de recul par rapport à une révolution, le réalisateur égyptien acquiesce en répondant : « Ce film ne parle pas de la révolution en soi. J’ai voulu parler des hommes et de leurs destins quand ils sont pris dans une tourmente pareille. » Et d’ajouter : « Même si les propos semblent directs à l’instar d’un documentaire, je ne suis pas là pour prouver un point de vue. Il n’y a rien qui a lieu dans ce film que le spectateur ne connaisse déjà. Je ne suis pas là pour imposer une vérité mais pour témoigner de mes sentiments en tant qu’être humain. » Plus loin, il dira : « Je ne travaille pas sur un scénario dans le cinéma, mais mon seul objectif est de partager avec le spectateur mes questionnements et les siens. D’ailleurs, lui et moi nous ne formons qu’un seul personnage sur la plateforme du film. »
Pour Ibrahim el-Batout, le cinéma est un « miracle » car il réaménage le temps, le configure à sa manière en brisant toute limite spatio-temporelle. « Il est plus fort que nous, dit-il. Il est immortel. »
« On est là dans la vie pour être heureux, conclut-il, non pour se faire la guerre. Le cinéma me rend conscient de la richesse de la vie, et si je m’arrête un jour de faire des films, je meurs. » Aussi, quand on lui demande s’il n’a pas de peine en voyant tout ce qui se passe dans le monde arabe et notamment en Égypte, il se tait. Une certaine tristesse se lit dans sa voix. « N’en tenez pas compte, poursuit-il en rigolant, je suis un pleureur professionnel. »
Étrange pour un réalisateur du monde arabe d’évoquer la révolution égyptienne et les événements du 25 janvier 2011 en parlant non de printemps mais bien d’hiver. Il semble en effet que pour Ibrahim el-Batout, l’hiver ne soit pas terminé et que les hirondelles ne soient pas revenues. Car le cinéaste égyptien primé à Qatar il y a trois ans pour son film Hawi ne procède pas mentalement pour réaliser un film ni compose avec la situation environnante. C’est un monde intérieur qui le tourmente. À la 9e édition du Festival international de Dubaï, Amr Waked a obtenu le Muhr pour le rôle principal de son film, mais le réalisateur précisera : « Je ne fais pas de films pour courir les festivals ou pour recevoir des honneurs, mais pour participer à une chaîne humaine. »Pourquoi l’homme agit-il ainsi, on est sur...
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