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Des ténèbres, l’espoir

La chronique de Nagib Aoun
OLJ
24/12/2012

Bien sûr que tout va mal et que les prévisions les plus pessimistes finissent toujours par se réaliser ; bien sûr que l’avenir est mis entre parenthèses et que le présent n’est que l’antichambre de mensonges à venir et de promesses jamais tenues ; bien sûr que les Libanais ont raison de désespérer de tout et de rien et de n’envisager l’avenir qu’avec appréhension.

Mais il est tout aussi vrai que les catastrophes sont toujours suivies de rémissions, que les trêves distillent de nouveaux espoirs et que les misères communes génèrent immanquablement la solidarité et la compassion.


Peu nous chaut que les hommes politiques restent englués dans leur autisme, que les chefs de partis n’envisagent les lendemains heureux qu’à travers le petit bout de leur lorgnette; peu nous importe que Hassan Nasrallah s’obstine à garder le Bon Dieu otage de son bunker doré et que les salafistes et autres jihadistes s’évertuent à lui disputer la parole divine ; peu nous importe aussi que Michel Aoun emprunte des chemins bizarroïdes pour aboutir à des objectifs hypothétiques et que ses adversaires lui préparent des croche-pieds alors qu’ils sont eux-mêmes en perte d’équilibre...
L’essentiel est ailleurs, il est dans l’obstination de la société civile à maintenir le navire à flot, à le mener à bon port. Il est dans la générosité, la bonté infinie des nombreuses associations et autres organisations non gouvernementales, dans leur détermination à aider les plus démunis, à soulager les souffrances des opprimés et des laissés-pour-compte d’un monde sans âme.


L’essentiel est dans l’action bénévole des milliers de volontaires qui accourent là où le devoir les appelle, là où le sang coule, où les victimes sont abandonnées à leur sort. Il est dans le magnifique travail effectué par les jeunes d’Offre-Joie sur les lieux de la dernière explosion à Achrafieh, dans leur volonté de rebâtir ce qui a été détruit, de reconstruire désespérément les ponts que les haines ont dynamités entre Jabal Mohsen et Bab el-Tebbaneh, à Tripoli.
L’essentiel est dans les secours apportés par les ONG locales et internationales aux réfugiés qui fuient l’horreur des combats en Syrie, qui affrontent les épreuves d’un hiver rigoureux sur les routes de l’exil.
L’essentiel est dans l’espoir qu’essayent d’insuffler dans le cœur des plus fragiles les hommes et les femmes de bonne volonté, ceux et celles qui, en cette fête de la Nativité, réussissent à abattre les murs de l’indifférence et de la négation de l’autre.


Joyeux Noël.

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