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À La Une - Éclairage

Entre 2005 et 2013...

Lentement mais sûrement la situation politique est en train de se diriger vers l’impasse, sur fond de rumeurs sur un règlement de la crise syrienne dans les mois, voire les semaines qui viennent. Dans un tel contexte, il est clair qu’aucune des parties en présence n’est prête à faire des concessions « prématurées », avant de connaître le sort du régime syrien. Le problème pour la classe politique libanaise, c’est qu’au début du mois de juin 2013 doivent se tenir des élections législatives, censées être décisives pour l’avenir du pays. Car l’issue de ces élections devrait déterminer la nature du gouvernement qui les suivra, ainsi que l’issue de l’élection présidentielle prévue l’année suivante.

 

Le Hezbollah ne se fait pas trop d’illusions et d’ailleurs, les piliers du 14 Mars ne cessent de le répéter : si leur camp remporte les élections, ils comptent former un gouvernement issu de leurs rangs, lequel devrait suivre la ligne politique tracée : autrement dit, réclamer l’arrestation des personnes mises en cause par le TSL, reconnaître l’opposition syrienne et resserrer l’étau autour de la résistance. De la sorte, le rapport des forces qui règne actuellement au Liban et qui dure depuis la signature de l’accord de Taëf et l’établissement de la fameuse équation armée-peuple-résistance qui a abouti au retrait israélien sans condition en 2000 puis à la défaite israélienne de 2006 sera remis en cause dans le sens de l’affaiblissement du Hezbollah et de ses alliés et du renforcement du courant du Futur et de ses alliés.


C’est dans cette perspective que le 14 Mars souhaiterait le maintien de l’actuelle loi électorale qui, selon ses estimations, devrait lui permettre d’obtenir la majorité des sièges parlementaires avec ou sans Walid Joumblatt, alors que le 8 Mars refuse le maintien de cette loi pour pouvoir obtenir la majorité des sièges parlementaires, même si le projet proposé par le gouvernement assure une meilleure représentativité populaire puisqu’il affaiblit les grands blocs au profit des plus petites formations et des alliances. Mais le véritable problème réside dans le fait que le 14 Mars, selon les déclarations de son chef Saad Hariri, a lié son sort à celui de la crise syrienne, annonçant qu’il compte rentrer au Liban via Damas après la chute du régime syrien. Si celle-ci a lieu avant les élections législatives libanaises, l’ancien Premier ministre et le 14 Mars en général pensent pouvoir renverser le gouvernement, en former un autre « plus neutre » et organiser les élections sur base de la loi actuelle. Mais si cette chute tarde au-delà de juin 2013, comment pourra-t-il pousser le camp adverse à accepter d’organiser les élections sur base de la loi de 1960 ?

 

Le 14 Mars croyait avoir trouvé la parade en gagnant du temps sous le couvert d’exigences sécuritaires pour boycotter les réunions parlementaires. Ainsi, le Liban se retrouvera face à l’échéance électorale sans avoir eu la possibilité d’étudier et d’adopter une nouvelle loi électorale. Les déclarations internationales répétées sur l’importance de tenir les élections à la date prévue renforcent la position du 14 Mars en poussant les responsables à tenir les élections à la date prévue à tout prix. Une source du 8 Mars estime ainsi qu’il s’agit presque d’un remake de 2005, lorsque les États-Unis et l’Europe insistaient pour la tenue des élections législatives à la date prévue (mai-juin 2005) sans tenir compte des bouleversements sécuritaires graves qui secouaient le pays. Au contraire, à cette époque, des voix s’étaient élevées pour réclamer d’abord l’élection présidentielle, mais la secrétaire d’État américaine de l’époque Condoleezza Rice avait insisté pour que les élections législatives aient d’abord lieu. Le plan américain était alors de voir la naissance d’un nouveau Parlement avec une majorité acquise au 14 Mars qui permettrait par la suite de former un gouvernement favorable à ce camp. C’est d’ailleurs ce qui a eu lieu avec le fameuse alliance quadripartite entre Amal, le Hezbollah, le PSP et le courant du Futur qui a permis au 14 Mars avec Walid Joumblatt de remporter la majorité des sièges au Parlement, avant de se retourner contre Amal et le Hezbollah.


La source du 8 Mars considère ainsi que l’insistance des instances internationales à tenir les élections à la date prévue va dans le sens de l’organisation du scrutin sur la base de la loi actuelle, afin d’assurer la majorité parlementaire au 14 Mars. Autrement dit, en 2013 comme en 2005, les États-Unis et l’Europe veulent que le 14 Mars remporte ces élections, pour pouvoir ensuite reprendre le pouvoir exécutif. Mais selon la même source, cela signifie aussi que l’Occident n’est pas très sûr que la situation en Syrie évoluera dans le sens voulu par lui et pour cela, il vaut mieux s’assurer de l’issue des législatives sans plus attendre les développements à Damas. Ce serait dans ce but, précise la même source, qu’aussi bien Walid Joumblatt que le président de la Chambre Nabih Berry font l’objet d’attentions particulières de la part de l’Occident. Avec leur « nouveau centrisme », ils sont bien placés, avec le président de la République et le Premier ministre, pour convaincre le Hezbollah de conclure un compromis à la veille des législatives, l’objectif final étant d’épargner au Liban des secousses inévitables si les institutions publiques devaient se retrouver paralysées...

 

 

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Lentement mais sûrement la situation politique est en train de se diriger vers l’impasse, sur fond de rumeurs sur un règlement de la crise syrienne dans les mois, voire les semaines qui viennent. Dans un tel contexte, il est clair qu’aucune des parties en présence n’est prête à faire des concessions « prématurées », avant de connaître le sort du régime syrien. Le problème pour la classe politique libanaise, c’est qu’au début du mois de juin 2013 doivent se tenir des élections législatives, censées être décisives pour l’avenir du pays. Car l’issue de ces élections devrait déterminer la nature du gouvernement qui les suivra, ainsi que l’issue de l’élection présidentielle prévue l’année suivante.
 
Le Hezbollah ne se fait pas trop d’illusions et d’ailleurs, les piliers du 14 Mars ne cessent...
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