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Diaspora - Exposition

Quand « Little Syria » était le grand domaine de l’émigration libanaise

Au tournant du siècle dernier, « La Grande Syrie » a accouché à New York d’une « Little Syria », qui a grandi et s’est développée dans les traditions de ses géniteurs.

Et de la musique avant toute chose.

Aujourd’hui, le National Arab American Museum, situé à Derborn, célèbre cette enclave par une exposition intitulée Little Syria : vie et legs d’émigrés. Ces émigrés étaient arrivés à « Big Apple », entre 1880 et 1940, venant du Liban et de Syrie, (groupés alors sous l’appellation « Grande Syrie »). Ils s’étaient installés dans le bas de Manhattan et leur esprit d’entreprise avait donné vie à ce coin de la ville qu’ils avaient parallèlement marqué de leur culture d’origine. Les enseignes de leurs cafés et magasins étaient écrites en arabe, leurs enfants étaient éduqués selon leurs propres principes et ils avaient bâti une église maronite, baptisée Saint-Joseph, point de ralliement de tous. Quoique ayant été plus tard rasée pour laisser place au World Trade Center, cette enclave possède une histoire qui est restée gravée dans la mémoire, non seulement des Libanais mais de plusieurs autres communautés et instituts américains.
Sans compter que les grands noms de la littérature libanaise de l’émigration ont vécu à « Little Syria » : Gebran Khalil Gebran, Amine Rihani, de même qu’y a été créée la première Société littéraire arabo-américaine. C’est ici aussi qu’ont été fondés plusieurs journaux en langue arabe, dont al-Hoda. Et c’est de là qu’ont rayonné vers d’autres États (Iowa, Pennsylvanie, Michigan, Texas et Californie) beaucoup de commerçants libanais.
Les textiles Bardawil et la pistacherie Germak
Parmi les grandes affaires qui ont été brassées, on retient les textiles Bardawil (aujourd’hui encore l’une des plus grandes compagnies de linge de maison aux USA) et la pistacherie Germak (l’une des plus anciennes maisons du genre).
Tout ceci est évoqué par des photos historiques et des documents dans l’exposition organisée par le National Arab American Museum. Plusieurs des clichés ont été réalisés par la photographe américaine de renom, Berenice Abboot, entre 1935 et 1938. On trouve aussi la première édition du Prophète de Gebran, signée par lui-même et une de ses lettres, jamais exposée auparavant et ayant trait à l’effort organisé à Boston pour soulager la « famine en Syrie ». Trône en bonne place un coffre d’époque contenant de la dentelle, des habits et une très belle liseuse, signée Odette Barsa, devenue célèbre dans les années 30 pour sa fine lingerie. Ce coffre témoigne de la première existence des émigrés libanais, appelés alors « tejjar al-kaché » (commerçants de la valise, qui transportaient leurs produits à vendre, de ville en ville).
Le chemin vers le rêve américain a été pour ces citoyens de « Little Syria » souvent semé d’embûches (tel un mouvement antiémigration) auquel ils ont vaillamment résisté. Et lorsqu’ils ont perdu leur petit coin de paradis new-yorkais, ils n’ont eu aucun mal à en créer d’autres sur tout le continent US : de Brooklyn à Michigan, en passant par là où l’on s’attend le moins à les voir faire florès.
Aujourd’hui, le National Arab American Museum, situé à Derborn, célèbre cette enclave par une exposition intitulée Little Syria : vie et legs d’émigrés. Ces émigrés étaient arrivés à « Big Apple », entre 1880 et 1940, venant du Liban et de Syrie, (groupés alors sous l’appellation « Grande Syrie »). Ils s’étaient installés dans le bas de Manhattan et leur esprit d’entreprise avait donné vie à ce coin de la ville qu’ils avaient parallèlement marqué de leur culture d’origine. Les enseignes de leurs cafés et magasins étaient écrites en arabe, leurs enfants étaient éduqués selon leurs propres principes et ils avaient bâti une église maronite, baptisée Saint-Joseph, point de ralliement de tous. Quoique ayant été plus tard rasée pour laisser place au World Trade Center, cette enclave...