Saint Nicolas et le 157e patriarche
Mémorable restera cette journée du 5 décembre pour tout paroissien grec-orthodoxe venu à l’église Saint-Nicolas pour célébrer la fête de ce grand saint et qui s’est recueilli devant la dépouille mortelle d’un grand patriarche décédé le jour-même. C’est à Alexandrie que saint Nicolas a guéri nombre de malades et, en calmant la mer, a sauvé beaucoup de passagers qui s’étaient cru perdus. Le patriarche Hazim, lui, est mort dans l’attente d’un miracle pour sauver les enfants syriens pris en étau entre une dictature finissante et une opposition comptant dans ses rangs des islamistes radicaux. Le patriarche Ignace IV avait réussi à ne jamais se compromettre, évitant ainsi de laisser le navire chavirer. Sa boussole, c’était l’éthique qu’imposait à ses yeux la foi chrétienne. À titre de rappel aussi, en 2006, il avait déploré l’intervention américaine en Irak, qui avait mis à mal l’« équilibre fragile » des confessions, exprimant par ailleurs son « inquiétude » après le discours de Benoît XVI à Ratisbonne. Actuellement, le sort des minorités demeure grave au Moyen-Orient, surtout avec la disparition d’une génération de prélats dont Hazim était le 157e. Aussi, l’unité des Églises devient-elle de plus en plus une nécessité, une urgence, dans ces régions où le Christ a vu le jour.
Antoine SABBAGHA
Appel d’un industriel
Alors que nous sommes à l’heure des printemps, parlons plutôt de printemps industriel au Liban. Étant donné que les espoirs de gaz et pétrole deviennent réalité, préparons notre révolution, nos universités à former des ingénieurs industriels, nos chefs d’entreprise, nos capitaux, pour fabriquer et traiter les produits dérivés (cosmétiques, engrais, solvants...). Sans compter les nombreuses applications industrielles dont la viabilité économique devient réalité suite à la disponibilité du gaz, au lieu d’envisager uniquement l’exportation de matière première brute, laquelle alimenterait les grandes compagnies internationales et serait orchestrée par les intérêts personnels de certains de nos dirigeants.
Cela permettrait d’exporter par milliards de dollars des produits à forte valeur ajoutée, créant des milliers d’ emplois, et fixerait nos jeunes qui ne cessent d’émigrer. Ce printemps-là vaut bien tous les printemps et réglerait en partie les problèmes sociaux et économiques.
René INGEA
Industriel
Voies aériennes et cas d’urgence
Bloquée dans un épouvantable embouteillage assez fréquents à la veille des fêtes, j’ai été prise d’une angoisse irrépressible en entendant la sirène hurlante d’une ambulance : pas moyen de lui dégager un passage. Nous étions tous impuissants, en train de nous demander ce qui allait advenir de la personne malade, accidentée ou sur le point d’accoucher qui s’y trouvait. J’ai pensé alors à ces hélicoptères de l’armée que l’on réquisitionne lors des visites des chefs d’État et autres invités officiels afin de leur éviter les aléas des longs trajets pour se rendre d’un déjeuner à une réunion, d’un lieu de culte à une festivité. Et je suis arrivée à la conclusion qu’il serait peut-être judicieux de les mettre à la disposition de la Croix-Rouge libanaise pour les cas critiques et les urgences, un peu comme les Canadairs en cas d’incendies de forêts.
Dolly TALHAMÉ
« The Voice » arabe
Je suis tombée l’autre soir sur le programme arabe The Voice qui est à l’étape de la demi-finale. Évidemment, j’ai adoré et j’adore tout autant les The Voice américain et français parce que j’adore la musique.
Je connais quelqu’un qui, très ironiquement, m’aurait dit : « Tu vois, Michèle, ce sont toujours les Arabes qui imitent les Américains et les Européens et non pas l’inverse. Comment se fait-il qu’il n’y ait jamais eu un Arabe qui ait inventé quoi que ce soit pour l’humanité ? » J’espère que cette personne me lit en ce moment...
J’ai été ensorcelée, non seulement par les belles voix – car elles existent aussi dans les programmes américain et français –, mais par la richesse et la beauté imparable de la chanson arabe. À travers ces voix fantastiques, j’ai vu défiler devant moi un Liban déchiré mais toujours riche dans sa pluralité culturelle, un Irak meurtri mais indomptable, une Égypte toujours fragile mais passionnée, une Syrie moribonde mais qu’une simple chanson sur Alep a ressuscitée... Et enfin un certain Farid dont j’ignore la nationalité, arabe bien sûr, dont la voix, le style arabo-espagnol et la tenue sur scène ont exprimé toute l’émotion et toute la rage de vivre du monde arabe.
J’ai alors tout simplement pensé que jamais rien ne pourra combler le grand fossé qui existe entre nous et l’Occident. Parce que, comme le dit la chanson de Brel, « chez ces gens-là, on ne comprend pas, Monsieur, on ne comprend pas. »
Michèle AOUN
Ça c’est le Liban
Lieu : The Voice
Question : que feriez-vous si votre candidat gagnait ?
Les réponses sont édifiantes. Saber Roubaï : « Je ferais un show et les recettes iraient à Tunis » (il est tunisien).
Chirine : « Je ferais un show et les recettes iraient aux Égyptiens de Midane el-Tahrir » (elle est égyptienne)
Assi Hellani : « Je ferais un show et les recettes iraient à Gaza » (il est libanais).
Vive le Liban arabe avant les Arabes.
Elsie EL-KHOURY
Mémorable restera cette journée du 5 décembre pour tout paroissien grec-orthodoxe venu à l’église Saint-Nicolas pour célébrer la fête de ce grand saint et qui s’est recueilli devant la dépouille mortelle d’un grand patriarche décédé le jour-même. C’est à Alexandrie que saint Nicolas a guéri nombre de malades et, en calmant la mer, a sauvé beaucoup de passagers qui s’étaient cru perdus. Le patriarche Hazim, lui, est mort dans l’attente d’un miracle pour sauver les enfants syriens pris en étau entre une dictature finissante et une opposition comptant dans ses rangs des islamistes radicaux. Le patriarche Ignace IV avait réussi à ne jamais se compromettre, évitant ainsi de laisser le navire chavirer. Sa boussole, c’était l’éthique qu’imposait à ses yeux la...


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve