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À La Une - Le Billet De Gaby Nasr

Rêves de fêtes

Le moins qu’on puisse dire est qu’il a de la suite dans les idées, le Mikati mi-décati. Usant d’un raccourci négocié sur les chapeaux de roue, il a fini par pondre une feuille de route dont on se demande si elle n’ira pas pourrir avec les feuilles mortes de l’automne finissant. À moins que la classe politique hallucinée ne s’en serve pour rouler les joints.
Première étape sur le sentier du rêve : une nouvelle loi électorale. Quand on sait que depuis les temps les plus reculés de la post-indépendance, les Libanais se sont toujours arrangés pour changer la règle du jeu quelques minutes à peine avant l’ouverture des bureaux de vote, on se dit que le Premier ministre est drôlement gonflé. On savait depuis longtemps que c’est aux affaires et au pognon qu’il croyait, Mikou. Mais au père Noël, c’est plus surprenant. À son âge ! Bon, c’est peut-être décembre et la saison des fêtes qui le fait planer...
Deuxième fantasme : un cabinet indépendant pour superviser les cobayes qui vont aux urnes. Même dans leur imaginaire le plus débridé, les Libanais n’ont jamais pu concevoir ne serait-ce qu’une maquette de ministre neutre, nimbé d’indépendance, suspendu dans l’espace et le temps. Les spécimens proposés, quand bien même ils se lavaient avant de passer à table, ont toujours brouté peu ou prou auprès de leurs communautés respectives. Aussi, les dents des poules qui verront sur pied ce genre de chef-d’œuvre n’ont pas encore percé !
Alors forcément, pour tuer le temps – à défaut d’empêcher les allumés de Tripoli de s’entretuer – Mikou balance à la piétaille politique un os à ronger. Un moignon que saisit au vol Istiz Nabeuh, qui a promis de rencontrer les élus de l’opposition. Visiblement, le tenancier du Parlement en a marre de justifier sa paie en ne recevant toutes les semaines que les députés avec lesquels il est d’accord : une palanquée de parlementaires chiites et deux ou trois chrétiens en guise d’alibi, rasant les murs.
Moralité : heureusement qu’il existe encore des niais pour croire tout ce qu’on leur raconte. En politique, il faut certes suivre le droit chemin. C’est bien le seul endroit où l’on est sûr de ne rencontrer aucun chef libanais...

gabynasr@lorientlejour.com
Le moins qu’on puisse dire est qu’il a de la suite dans les idées, le Mikati mi-décati. Usant d’un raccourci négocié sur les chapeaux de roue, il a fini par pondre une feuille de route dont on se demande si elle n’ira pas pourrir avec les feuilles mortes de l’automne finissant. À moins que la classe politique hallucinée ne s’en serve pour rouler les joints.Première étape sur le sentier du rêve : une nouvelle loi électorale. Quand on sait que depuis les temps les plus reculés de la post-indépendance, les Libanais se sont toujours arrangés pour changer la règle du jeu quelques minutes à peine avant l’ouverture des bureaux de vote, on se dit que le Premier ministre est drôlement gonflé. On savait depuis longtemps que c’est aux affaires et au pognon qu’il croyait, Mikou. Mais au père Noël, c’est plus...
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