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Nos lecteurs ont la parole

Cette indécence !...

Ronald BARAKAT
Avec quelle indécence on écarte, d’un revers de la main, une demande d’information des FSI au ministère des Télécommunications, jugée cruciale pour les besoins d’une enquête destinée à dépister des criminels, rendre justice à la mémoire des victimes et à la cause défendue au prix de leur vie, à consoler, un tant soi peu, leurs proches et à prévenir d’autres attentats et donc sauver des vies.
Indépendamment des raisons invoquées pour décliner une telle demande, de leur bien-fondé ou non, indépendamment de la question d’éthique, de confidentialité et de protection de la vie privée, faut-il être si indécent pour décliner froidement une telle demande sans égards pour les sentiments des proches et amis des victimes qui réclament justice, et pour les sentiments d’une bonne moitié (au moins) de la population libanaise rangée sous la bannière d’un camp politique qui est le seul à être visé par les attentats? Faut-il manquer de tant de sagesse, d’empathie, d’humanité pour ne pas éprouver le besoin de justifier sa position par des arguments plus convaincants, dans un esprit compréhensif, et tenter de trouver un compromis, une manière de ménager la chèvre et le chou? Compromis qui a d’ailleurs été trouvé, comme par enchantement. Mais après quoi? Fallait-il en faire un «buzz» sur Internet, déformer la demande initiale des services de renseignements, l’amplifier, dans un but de récupération politique et dans un esprit démagogique à des fins intéressées, électorales en l’occurrence? Qualifier indécemment de «crime» la violation de la vie privée, au même titre que le crime qui fait éclater des corps humains et s’effondrer des bâtiments?
Était-il nécessaire, dans ce climat tendu, traversé d’éclairs venus d’autres cieux, de créer ce «bourdonnement d’insecte» virtuel (pour franciser le mot buzz) et monter une partie de la population contre une autre, attiser les rancœurs, juste afin de tester et d’augmenter sa popularité et celle de son parti?
Fallait-il donner ou conforter l’impression que les partisans de tel camp politique sont moins concernés par le crime et par la nécessité de trouver les criminels qu’un autre camp qui est le seul à en payer le prix, au point que ses dirigeants n’osent plus se déplacer et vivent confinés dans leurs bunkers?
Aucune empathie, aucune compassion des uns, à l’abri du danger, envers les autres, en danger perpétuel? Pas un battement de paupière, faute d’une larme? Pas un brin de sympathie, faute d’amour? Pas un geste, faute d’un pas? Pas un souffle, faute de chaleur?
Fallait-il donner à voir dans la victime, non pas l’ami qui a démantelé tant de réseaux d’espionnage, mais l’«ennemi» qui a épinglé un espion, haut gradé, dans ses propres rangs? Non pas l’ami qui a prévenu tant d’attentats et sauvé des vies, mais l’«ennemi» qui a déjoué l’attentat d’un allié et attrapé ce dernier la main dans le sac à explosifs? Attentat qui aurait coûté tant de vies?
Au lieu d’avoir mauvaise conscience pour avoir, involontairement (bien sûr) et par la bouche de son supérieur, incité au crime, au lieu de coopérer avec les services concernés, dans les limites de ses prérogatives, au lieu de montrer un intérêt, manifeste si ce n’est égal, pour la résolution du crime, au lieu d’œuvrer à racheter sa mauvaise conscience en mettant tous ses moyens au service de l’enquête, de montrer un visage humain, compatissant, de tracer une démarcation claire entre l’action politique et l’intégrité de la personne humaine, dans son corps et son âme, ce qui est décent et ce qui est indécent, ce qui respecte les règles du jeu et ce qui relève de la triche, ce qui relève du bien et ce qui relève du mal, fallait-il entretenir la confusion, creuser le fossé, aggraver la perception qu’ont des frères dans la citoyenneté de leurs autres frères? Frères qui fraternisent avec les gens d’une autre maison, d’un autre quartier, d’une autre croyance, d’une autre nation, d’un autre régime, contre ceux de leur propre maison, de leur propre quartier, de leur propre croyance et de leur propre nation? Tout cela pour la quête d’un pouvoir éphémère?
Où sommes-nous rendus? À quelle décadence des valeurs morales, bien plus grave que celle des mœurs? Qui fait que des martyrs d’une même nation soient comptés pour les uns et pas pour les autres, pleurés par les uns et pas par les autres, honorés par les uns et pas par les autres? Où sommes-nous plongés? Dans quel précipice d’inconscience et d’inhumanité, d’égoïsme et d’insensibilité?
Où allons-nous au-delà de cette indécence?

Ronald BARAKAT
Avec quelle indécence on écarte, d’un revers de la main, une demande d’information des FSI au ministère des Télécommunications, jugée cruciale pour les besoins d’une enquête destinée à dépister des criminels, rendre justice à la mémoire des victimes et à la cause défendue au prix de leur vie, à consoler, un tant soi peu, leurs proches et à prévenir d’autres attentats et donc sauver des vies. Indépendamment des raisons invoquées pour décliner une telle demande, de leur bien-fondé ou non, indépendamment de la question d’éthique, de confidentialité et de protection de la vie privée, faut-il être si indécent pour décliner froidement une telle demande sans égards pour les sentiments des proches et amis des victimes qui réclament justice, et pour les sentiments d’une bonne moitié (au moins) de la...
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