Des soldats libanais à un check-point, le 10 décembre 2012, à Tripoli, théâtre d'affrontements meurtriers, entre les quartiers historiquement rivaux de Bab el-Tebbaneh et Jabal Mohsen. AFP/STR
Le président Michel Sleiman a salué lundi le succès du plan sécuritaire appliqué par l’armée à Tripoli, au Liban-Nord, alors que le Premier ministre Nagib Mikati a émis l’espoir que la situation dans la ville reste sous contrôle.
"L’application du plan mis en place par les responsables sécuritaires a commencé hier (dimanche) et les résultats sont jusqu’à présents positifs", a déclaré M. Sleiman, lors du Conseil des ministres à Baabda .
Le chef de l’État a par ailleurs appelé à soutenir l’armée dans sa mission de rétablir le calme à Tripoli.
Un calme précaire régnait lundi matin à Tripoli, la grande ville du Liban-Nord meurtrie par plusieurs jours de combats sanglants à caractère confessionnel, à la faveur d’un déploiement massif de l’armée libanaise dans les quartiers rivaux de Bab el-Tebbaneh et Jabal Mohsen.
Le Conseil national de sécurité a en effet décidé dimanche d’un déploiement parallèle et simultané de la troupe dans les deux quartiers historiquement rivaux après les heurts de la semaine dernière qui ont fait au total 19 morts et des dizaines de blessés.
La troupe a effectué lundi des patrouilles dans la rue de Syrie qui sépare Bab el-Tebbaneh (à majorité sunnite et anti-régime syrien) et Jabal Mohsen (à majorité alaouite et pro-Assad) ainsi que sur l’autoroute principale qui relie Tripoli au Akkar, plus au nord. Des points de contrôle et des barrages ont en outre été établis dès dimanche dans plusieurs quartiers de la ville portuaire.
La réunion du Conseil national de sécurité visait à donner un nouvel élan à l’armée et aux forces de sécurité pour rétablir le calme dans la ville. Michel Sleiman a informé le Conseil qu’il allait entreprendre des contacts avec plusieurs notables de Tripoli, dont des députés ayant une certaine influence sur les combattants des deux bords, pour restaurer le calme.
Les magasins, qui avaient fermé leurs portes durant une semaine, ont rouvert lundi et la circulation reprenait son cours normal dans tous les quartiers de la ville lundi matin. Seules les écoles restaient fermées.
Le ministre de la Défense, Fayez Ghosn a indiqué lundi que l’armée veillera à empêcher toute tentative de semer le chaos.
"Les responsables politiques devraient soutenir les efforts de l’armée en rejetant les discours incendiaires et confessionnels et travailler à empêcher que la tension ne gagne le Liban", a-t-il dit.
Dimanche, le Premier ministre, Nagib Mikati, avait indiqué qu’un consensus avait été atteint sur l’application d’un nouveau plan de sécurité pour mettre fin à l’effusion de sang, sans donner plus de détails.
Mises en garde
Le ministre de l’Intérieur, Marwan Charbel, s’est, pour sa part, rendu samedi à Tripoli, pour tenter de faire entendre raison aux combattants. À partir du Sérail, il a affirmé que les pertes auraient pu être beaucoup plus lourdes, à Tripoli, sans l’armée et les FSI.
M. Charbel a également invité le mufti de Tripoli, Malek Chaar, réfugié en France sur foi de renseignements indiquant que sa vie serait en danger au Liban, à rentrer quand même à Tripoli, où sa présence et ses appels à la modération sont précieux.
La situation à Tripoli, déjà tendue depuis le début de la crise en Syrie, s'est à nouveau enflammée mardi après la mort dans une embuscade à Tell Kalakh de 14 jeunes combattants sunnites partis du Liban combattre aux côtés des rebelles syriens et tués le 30 novembre par l'armée en Syrie.
Les autorités syriennes ont accepté de rapatrier les corps des combattants, et les trois premières dépouilles ont été amenées à la frontière dimanche, puis remises à leur famille, selon le responsable de sécurité.
Selon une source officielle libanaise, les autorités syriennes ont informé Beyrouth que trois membres du groupe islamiste libanais infiltré en Syrie ont survécu à l'embuscade du 30 novembre et qu'ils sont actuellement interrogés.
Les parents des 11 autres victimes ont averti l’État qu’ils auraient recours à des actions d’obstruction, telles que la fermeture de routes, pour faire pression sur l’État et obtenir plus rapidement la restitution des corps de leurs enfants. La Syrie a annoncé, pour sa part, sans donner de raison valable, qu’elle remettrait les corps des victimes en trois étapes.
La plupart des habitants de Tripoli, à majorité sunnite, soutiennent la rébellion syrienne. En revanche, le puissant parti chiite armé Hezbollah, principal allié libanais du régime de Damas, est accusé de combattre auprès des forces loyalistes en Syrie. En outre, des accrochages quasi-quotidiens opposent dans des villages syriens frontaliers du Liban des combattants chiites proches du Hezbollah à des rebelles anti-Assad, selon des habitants et des militants.
Le gouvernement de Nagib Mikati prône une politique de distanciation vis-à-vis de la crise syrienne.
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Pour mémoire
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Tripoli doit rester en dehors de ce qui se passe en Syrie, sinon le retour de manivelle se fera sur cette ville du nord et pas ailleurs. L'armée est digne de respect et mérite d'être soutenue.Tous les clowns et apprentis sorciers doivent être mis hors d'êtat de nuire.
11 h 40, le 10 décembre 2012