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À La Une - Dans La Presse

Un exil d'Assad de nouveau évoqué

Le Haaretz et le département d'Etat relancent les spéculations.

Le président syrien Bachar el-Assad envisagerait de trouver un pays d'exil. Photo d'archives/AFP

"Je ne suis pas une marionnette et l'Occident ne m'a pas programmé pour que je parte en Occident ou dans un autre pays. Je suis Syrien (...) et je dois vivre et mourir en Syrie".

 

En novembre dernier, Bachar el-Assad se montrait pour le moins catégorique quand, dans un entretien accordé à la chaîne de télévision russe Russia Today, il écartait toute idée de départ négocié et tout exil à l'étranger.

 

Alors que la crise est dans son 21e mois et que l'étau semble se resserrer autour du régime syrien, rien ne suggère que le président ait changé d'avis quant à son avenir en Syrie. Et, sur le terrain, l'armée continue de résister, notamment aux abords de Damas où les combats font rage ces derniers jours, aux avancées des rebelles.

 

Deux éléments pourraient néanmoins changer la donne : le feu vert de l'Otan au déploiement de batteries de missiles sol-air Patriot en Turquie et la question des armes chimiques syriennes, qui sont revenues au coeur de l'actualité et des préoccupations internationales en début de semaine.

 

Des préoccupations alimentées par les déclarations, lundi, d'un responsable américain selon qui Damas aurait mélangé les composants nécessaires à la militarisation du gaz sarin, un neurotoxique mortel. Jeudi, la chaîne américaine NBC enfonçait le clou, rapportant que, selon "des responsables américains" s'exprimant sous couvert d'anonymat, l'armée syrienne a chargé avec du gaz sarin des bombes destinées à être larguées par avion. 

 

(Repère : La panoplie d’agents chimiques de Damas "est assez robuste")

 

Dans la foulée de ces rapports, Paris, Londres, Washington et l'Otan ont multiplié les avertissements à l'intention de Damas, alors que l'hebdomadaire français Le Point indiquait, le 4 décembre, que les forces spéciales de l’armée française sont prêtes à intervenir pour des opérations ciblées en Syrie.

 

Ces derniers développements ont relancé les spéculations sur un éventuel exil de Bachar el-Assad. Le quotidien israélien Haaretz, cité par Le Figaro, rapporte ainsi que le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Moqdad, aurait remis des lettres classées secret défense aux dirigeants de Cuba, du Venezuela et de l'Equateur, durant la visite qu'il a effectuée la semaine dernière dans ces trois pays aux positions critiques envers Washington, pour des tractations sur un éventuel asile politique pour le président syrien.

 

Un porte-parole du département d'Etat américain a affirmé mercredi que des propositions d'asile pour Bachar el-Assad avaient été faites par des pays latino-américains, tout en précisant ne pas avoir connaissance d'offres concrètes. Faisant allusion à des offres antérieures d'asile pour M. Assad, le porte-parole adjoint du département d'Etat, Mark Toner, a rappelé que "certains pays de la région et au-delà avaient proposé d'accueillir Assad et sa famille s'il devait décider de quitter la Syrie".

 

Jeudi, le ministre équatorien des Affaires étrangères, Ricardo Patiño, a toutefois démenti que son pays ait reçu une demande d'asile de Bachar el-Assad. "Je démens totalement. Aucun citoyen syrien n'a demandé l'asile en Equateur, et encore moins son président actuel", a déclaré M. Patiño dans un message publié sur son compte Twitter, où il avait été interrogé à ce sujet.

 

L'Amérique latine ne serait pas l'unique option pour Bachar el-Assad. En juillet dernier, des informations ont évoqué une offre d'asile de la part de la Russie, fidèle alliée du président syrien, qui a toutefois démenti par la voix de son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov. "Nous avons dit à plusieurs reprises que nous n’y pensons même pas. Tout cela n’est qu’une provocation de ceux qui veulent mettre toute la responsabilité de ce qui se passe en Syrie sur nous et la Chine", avait-il alors déclaré. 

 

La Turquie avait, elle aussi, en février dernier, laissé une porte ouverte. "Il n'y a rien de tel pour l'instant, avait déclaré le président turc Abdallah Gül. Mais si une telle demande (d'asile) nous est faite, évidemment nous l'étudierons".

 

A la même époque, des sources occidentales avaient révélé que les Etats-Unis, des gouvernements européens et des Etats arabes étaient en contact sur un possible exil pour Bachar el-Assad. Selon l'administration américaine, trois pays pouvaient être disposés à accueillir Assad sur leur sol pour tenter de mettre un terme à la crise syrienne. Si deux sources avaient écarté l'éventualité qu'un Etat européen offre l'asile aux Assad, les Emirats arabes unis ne s'étaient, en revanche, pas montrés fermés à cette idée.

 

Le même mois, la Tunisie s'était également dite prête à accorder l’asile à Assad "dans le cadre d’une issue négociée du conflit syrien". Le président Moncef Marzouki avait demandé que "l’immunité judiciaire" soit accordée au président syrien et sa famille, afin de régler la question comme cela a été fait pour le président yéménite Ali Abdallah Saleh.

 

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En novembre dernier, Bachar el-Assad se montrait pour le moins catégorique quand, dans un entretien accordé à la chaîne de télévision russe Russia Today, il écartait toute idée de départ négocié et tout exil à l'étranger.
 
Alors que la crise est dans son 21e mois et que l'étau semble se resserrer autour du régime syrien, rien ne suggère que le président ait changé d'avis quant à son avenir en Syrie. Et, sur le terrain, l'armée continue de résister, notamment aux abords de Damas où les combats font rage ces derniers jours, aux avancées des rebelles.
 
Deux éléments pourraient néanmoins changer la donne : le feu vert de l'Otan...
commentaires (5)

L'Avocat du Diable : Ben Ali était mieux que ceux qui gouvernent aujourd'hui. Ghaddafi tellement mieux que ceux qui marchent sur ses pas mais en direction opposée. Moubarak, on le regrettera maintenant qu'on voit ce qui se passe en Egypte. Assad, sera regretté, quand les amalgamés qui, s'ils remporteront la victoire, vont déferler, à tour de rôle, sur tous les environs. Quand l'Hydre est lachée... les regrets ne serviront à RIEN... __ L'Avocat du Diable.

SAKR LEBNAN

06 h 37, le 08 décembre 2012

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Commentaires (5)

  • L'Avocat du Diable : Ben Ali était mieux que ceux qui gouvernent aujourd'hui. Ghaddafi tellement mieux que ceux qui marchent sur ses pas mais en direction opposée. Moubarak, on le regrettera maintenant qu'on voit ce qui se passe en Egypte. Assad, sera regretté, quand les amalgamés qui, s'ils remporteront la victoire, vont déferler, à tour de rôle, sur tous les environs. Quand l'Hydre est lachée... les regrets ne serviront à RIEN... __ L'Avocat du Diable.

    SAKR LEBNAN

    06 h 37, le 08 décembre 2012

  • A l 'instar du président yéménite Ali Abdallah Saleh,la Tunisie accordera probablement l’asile à Assad dans le cadre d’une issue négociée sur la division de la Syrie en cantons . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    09 h 10, le 07 décembre 2012

  • S'il en faisant la demande auprès du gouvernement Libanais, peut être que ce dernier pourrait considérer sa demande avec une certaine condescendance ou affliction, d'autant qu'à l'approche de la saison prochaine les hôtels devraient rechercher de la main d’œuvre..

    Claude F

    08 h 44, le 07 décembre 2012

  • Bachar Hitler a un avantage sur les anciens nazis : il bénéficie d'une liste de pays susceptibles de l'héberger plus longue. En effet, à part les pays d'Amérique du sud (repères des anciens SS recherchés), il en est d'autres où il pourrait, s'il échappe au Tribunal, passer le reste de sa vie peinard, dormant sur ses lauriers et ses crimes, comme l'Iran dont il est la marionnette, ou la Russie dont il est la poupée gonflable. Mais le boucher de Damas déclare ne pas être intéressé par l'exil et vouloir mourir dans son pays. Tiendra-t-il parole pour une fois ?

    Robert Malek

    07 h 41, le 07 décembre 2012

  • Un exil en enfer...?

    M.V.

    06 h 26, le 07 décembre 2012

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