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CD, DVD - Un Peu Plus De...

Samidoun

Il est né en 1977. Il a 35 ans. 35 ans qu’il sert des samboussiks et de la salade de pommes de terre. Icône absolue de la restauration beyrouthine, dernier des grands, le Beirut Cellar, placé sur un coin de la rue Schéhadé, fête son anniversaire demain. Il y aura sûrement plusieurs générations d’Achrafiotes. Les tantes, les nostalgiques, les nouveaux venus et quelques-uns qui vivent extra muros. Ils seront probablement tous là, les aficionados de cette formule magique : makaniks/saucisse de Francfort/iceberg roquefort/nachos. Le Cellar ouvre demain grand ses portes, quasiment jamais fermées même au milieu des bombardements. Il a résisté à l’envahisseur against all odds tel un repaire dans la tempête. Le Cellar est rassurant. Il est rassurant, non seulement parce qu’il rappelle des souvenirs, mais parce qu’il est un point d’ancrage dans ce foutoir absolu, ce grand chantier où on a du mal à reconnaître la ville. Ensuite, retrouver les mêmes saveurs, humer les mêmes odeurs plongerait n’importe qui dans une comfort zone dont on a besoin. Comme quand on mange une purée, ou qu’on avale une grande cuillère de Nutella. Le Cellar c’est le restaurant comfort food par excellence. On est sûr de n’avoir pratiquement jamais de mauvaises surprises. Il y a bien évidemment ceux qui disent que ce n’est pas comme avant. On s’en fout d’avant. C’est sans importance. Il y a les murs, ce qu’on mange, les vieilles chansons qui rencontrent Florence and the Machine, il y a le staff. On a beau aller et venir entre un nouveau bar, une nouvelle terrasse, on revient toujours à nos basiques. Le Cellar c’est la petite robe noire de la restauration. Comme le Sô, le Casablanca, le Pacifico, Castel, Chez Sami, le Blue Note, le Chase, Al Dente, le Mayass, le Gargotier. Moins âgés, plus âgés, peu importe, les habitudes sont restées les mêmes. Le Casa a 15 ans. Il n’a pas changé d’un chouia. On y mange bien, on y boit beaucoup. On salue Fayez, Carlos, Zaccharia et Johnny bien sûr. Un saké martini pour la route. Celle qui nous mène au Sô, jeune adolescent de 12 ans, petit frère des cultissimes Down Town et Mozarella. Celle qui nous mène à Monnot où le Pacifico, premier et dernier bastion de la rue, sert les meilleurs Moscow Mule du Liban. Le Pacifico et ses dimanches, ses happy hours et son étroite terrasse. Men 7our wou men dour, on revient toujours à la maison. À l’ATCL, au Rimal, au Sporting, n’importe où, tant que c’est « chez un peu de nous ». La longévité de ces endroits est quelque chose de simple. C’est bon, les proprios sont souvent là et on connaît tout le monde. Sacré exemple, surtout quand on connaît l’ingratitude de la clientèle libanaise qui s’enthousiasme pour un lieu, le désertant quelques semaines plus tard au profit d’un nouvel endroit branché qui vient d’éclore et qui fermera ses portes dans quatre ou cinq mois. Au Liban, le mystère ne réside pas dans le secret des restaurants ou bars qui perdurent. Ce qui est mystérieux et surtout totalement incompréhensible c’est le cerveau des gens qui décident d’ouvrir un resto, un bar, une boîte, peu importe quoi, alors que ce n’est ni leur métier, ni le bon moment, ni le bon endroit. Pourquoi faire si mal ce que d’autres font tellement bien? Pourquoi ouvrir un café qui n’a jamais reçu plus de 5 clients par jour? Pourquoi choisir un quartier où personne ne passe? Pourquoi s’obstiner à être le 153e italien du coin? Pourquoi se prendre pour un master ès sushi quand on ne sait pas nager? Pourquoi ne pas penser ouvrir un resto chinois, thaïlandais ou vietnamien ? Pourquoi s’imaginer roi de la nuit quand on n’a jamais bu que des Jamaïca sans alcool ou au maximum un whisky Coca ? Allez comprendre ce qui pousse les gens à se prendre un mur, ce qui les anime quand ils décident de se lancer à 48 associés dans la conception d’un concept je ne sais quoi, sans aucun concept. Il doit y avoir un tas d’explications et de non explications. Ennui? Blanchiment ? Connerie ? Comme on dit, tant pis pour eux. Tant qu’on aura nos calamars salt’n’pepper, des grilled octopuss, la salade du chef vinaigrette, la mloukhié du jeudi, le convoyeur de sushis, notre chocolat mou, les foies de volaille au porto, le kebbab cerise et les makannik au debs el-remmane, la terre n’arrêtera pas de tourner et on n’aura pas envie d’en descendre.
Il est né en 1977. Il a 35 ans. 35 ans qu’il sert des samboussiks et de la salade de pommes de terre. Icône absolue de la restauration beyrouthine, dernier des grands, le Beirut Cellar, placé sur un coin de la rue Schéhadé, fête son anniversaire demain. Il y aura sûrement plusieurs générations d’Achrafiotes. Les tantes, les nostalgiques, les nouveaux venus et quelques-uns qui vivent extra muros. Ils seront probablement tous là, les aficionados de cette formule magique : makaniks/saucisse de Francfort/iceberg roquefort/nachos. Le Cellar ouvre demain grand ses portes, quasiment jamais fermées même au milieu des bombardements. Il a résisté à l’envahisseur against all odds tel un repaire dans la tempête. Le Cellar est rassurant. Il est rassurant, non seulement parce qu’il rappelle des souvenirs, mais parce qu’il...
commentaires (3)

En plus d'un BEIRUT CELLAR très agréable....

Antoine-Serge KARAMAOUN

08 h 57, le 01 décembre 2012

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Commentaires (3)

  • En plus d'un BEIRUT CELLAR très agréable....

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    08 h 57, le 01 décembre 2012

  • L'ESTOMAC n'est seulement pas SAMIDOUN, mais éternellement VICTORIEUX au Liban !

    SAKR LEBNAN

    03 h 19, le 01 décembre 2012

  • S u p e r b e, et si bien rempli de Nostalgie....

    Antoine-Serge Karamaoun

    00 h 03, le 01 décembre 2012

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