Suite à l’article de Michel Touma, paru dans notre édition d’hier, portant sur l’attitude du secrétariat général des écoles catholiques et des « écoles orthodoxes de Beyrouth » concernant la grève des enseignants – qui s’est poursuivie hier –, nous avons reçu des « écoles orthodoxes de Beyrouth » le droit de réponse suivant :
« En référence à l’article de M. Touma publié ce matin (hier) dans L’Orient-Le Jour, nous nous permettons de mettre au clair certains points qui concernent les écoles orthodoxes de Beyrouth.
« Tout d’abord, nous ne prétendons pas décider du sort d’une grève des enseignants ni de sous-estimer leurs droits, la grève étant possible au sein de l’établissement afin de ne pas nuire à des centaines de milliers de mineurs. Les enseignants pourraient ainsi mieux plaider leur cause en expliquant aux apprenants les raisons de leur action syndicale au lieu de leur donner un jour de congé. La valeur éducative aussi bien que citoyenne d’une telle approche pédagogique et revendicative a plus de poids que la descente dans la rue.
« Il est à noter que promouvoir les valeurs citoyennes basées sur le respect de l’autre entraîne la non-ingérence de l’État dans la fixation des rémunérations des travailleurs dans le secteur privé que nous tenons à sauvegarder d’une ingérence anticonstitutionnelle.
« Les enseignants des écoles privées sont liés par des contrats de travail privés au même titre que les autres employés des secteurs économiques privés, dont les journalistes. Serait-il acceptable d’un point de vue citoyen que l’État décide de la rémunération des journalistes ?
« Nos écoles ont une tradition plus que centenaire dans le domaine éducatif libanais et nous ne cherchons pas à prouver notre attachement aux valeurs intrinsèques constituantes et constitutionnelles de notre pays.
« Entre liberté et anarchie, nous avons choisi de respecter la liberté. »
Père Georges Dimas
NDLR : encore une fois, ce qui est contesté dans l’article en question, ce n’est ni la vocation pédagogique des écoles catholiques et orthodoxes – que nous respectons au plus haut point – ni le point de vue de la direction de ces établissements, mais plutôt la propension à vouloir briser le vote (démocratique), lors d’assemblées générales, d’une motion de grève adoptée par le syndicat. Malheureusement, les communiqués du secrétariat des écoles catholiques et des « écoles orthodoxes de Beyrouth » ont été accompagnés de fortes pressions exercées par la direction de certains établissements sur les enseignants afin qu’ils fassent fi du vote de la motion de grève. Et c’est cette atteinte à la liberté d’action syndicale (pilier de rapports sains entre les partenaires sociaux dans un pays civilisé) qui porte préjudice aux valeurs que les écoles catholiques et orthodoxes, ainsi que d’autres écoles privées ont pour mission d’inculquer aux élèves.
M. T.


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SUITE : Toujours selon le Père Georges, "la non-ingérence de l’État dans la fixation des rémunérations des travailleurs dans le secteur privé promeut le respect de l’autre, qu’il tient à sauvegarder d’une ingérence anticonstitutionnelle de cet État même." ! Ainsi, si l’État et les Syndicats, constatant le niveau des salaires dans ce genre d’établissements privés, tentent ne fut-ce qu’un peu y remédier en les poussant un peu vers le HAUT, leur intervention sera alors considérée comme une ingérence insoutenable ! A propos, ses établissements au Père Georges, acquittent-ils à l’État les Impôts dus ?….. "Les enseignants des écoles privées sont liés par des contrats de travail privés au même titre que les autres employés des secteurs privés. Serait-il acceptable d’un point de vue citoyen que l’État décide de cette rémunération?". Pourquoi non, surtout dans le cas où l’État, prêtant enfin sa Fine oreille aux cris d’Alarme des Syndicats, constate le niveau de ces salaires et, évidemment n’est-ce pas, le caractère inéquitable de ces mêmes salaires dans ce style d’établissements. Bienheureux les Wakfs, littéralement ces Très, Très Chers et bien-aimés Biens d’Églises !
07 h 29, le 29 novembre 2012