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Liban - Le Commentaire

Une voix qui crie dans le désert...

L’appel au dialogue de Michel Sleiman semble ne pas avoir trouvé d’écho. Dans le désert des politiciens, la poignante vérité de la nécessité du dialogue n’est qu’un mirage. Le dialogue, disent-ils, n’aboutirait pas. Oublient-ils donc qu’ils sont la principale cause d’un tel échec? Hier comme aujourd’hui, ces politiciens ont permis au Liban de n’être qu’une terre livrée aux aléas des forces régionales. En pariant sur l’extérieur, toujours, envers et contre tout, ils ont sapé ce qui restait du pacte de 1943, qui invitait innocemment à un principe de distanciation « Ni Orient ni Occident ».
Hier encore, ils se livraient à une bataille entre supporters d’un mandat anglais et d’un mandat français, puis entre nassériens et antinassériens, avant de se diviser encore une fois entre partisans et adversaires des Palestiniens armés. Pendant plus de 15 ans, un clivage continu couronné par l’entrée de l’armée syrienne qui, lui aussi, n’a pas fait l’unanimité, avant que la résolution 1559 ne s’oppose à la tutelle syrienne. Une résolution à laquelle a répondu le régime syrien par la prorogation du mandat du président Émile Lahoud, qui a suscité en 2005 le mouvement populaire de la révolution du Cèdre. Une fois l’armée syrienne de retour en Syrie, la blessure est devenue plus profonde, entre partisans d’un 8 Mars reconnaissant à la Syrie et d’un 14 Mars qualifié
d’ « ingrat ».
Et avec le début de la crise syrienne, les voilà qui aujourd’hui prennent parti aux côtés des insurgés ou du régime Assad, important, non sans risques, un nouveau conflit. Dans ce contexte, la division autour du gouvernement devient des plus naturelles. La déclaration de Baabda, recommandant une dissociation de la politique des axes, devient illusoire, voire utopique.
Il s’est avéré de ce fait que le 8 Mars, qui a salué l’appel du président, se voulait au départ juste diplomatique. En réalité, le contenu d’une telle déclaration lui déplaisait fort bien. Le drone Ayoub envoyé en Israël a torpillé trop tôt les efforts du président, avant que Hassan Nasrallah ne donne le coup de grâce dans son discours de Achoura, menaçant d’une guerre qui engloberait les frontières de la Palestine et de la Jordanie, et qui abattrait sans doute le Liban de manière définitive.
Il n’y a de salut que dans une neutralité totale du pays. C’est alors que toute arme non légitime n’aura plus de raison d’être et que le dialogue aboutira. Mais force est de reconnaitre qu’on ne peut espérer un tel changement. Le Liban semble en effet condamné à rester ouvert à toutes les guerres, à toutes les divisions, aux dépens du peuple. Ce n’est qu’avec la fin de la crise syrienne, quand les gagnants et les perdants seront désignés, que nos politiciens sauront s’entendre sur les sujets controversés et sur une éventuelle répartition des sièges d’un nouveau gouvernement. Dans cette période d’attente, seul un cabinet ni 8 ni 14 Mars est de circonstance, si toutefois le 8 Mars accepterait un tel gouvernement, qu’il juge jusqu’à présent contraire à ses intérêts.
L’appel au dialogue de Michel Sleiman semble ne pas avoir trouvé d’écho. Dans le désert des politiciens, la poignante vérité de la nécessité du dialogue n’est qu’un mirage. Le dialogue, disent-ils, n’aboutirait pas. Oublient-ils donc qu’ils sont la principale cause d’un tel échec? Hier comme aujourd’hui, ces politiciens ont permis au Liban de n’être qu’une terre livrée aux aléas des forces régionales. En pariant sur l’extérieur, toujours, envers et contre tout, ils ont sapé ce qui restait du pacte de 1943, qui invitait innocemment à un principe de distanciation « Ni Orient ni Occident ». Hier encore, ils se livraient à une bataille entre supporters d’un mandat anglais et d’un mandat français, puis entre nassériens et antinassériens, avant de se diviser encore une fois entre partisans et...
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