À qui la faute ?
Si la Caisse nationale de la Sécurité sociale est en difficulté, c’est en grande partie, mais pas entièrement, parce que le gouvernement ne remplit pas ses obligations envers elle. Si l’on se tourne vers le ministère des Finances pour lui demander les raisons de tels retards, il serait susceptible de répondre que la responsabilité en revient à l’EDL qui coûte au Trésor plus de deux milliards de dollars par an. À son tour, le ministère de l’Énergie serait susceptible de répondre que la responsabilité incombe au gouvernement qui refuse de financer la politique énergétique de l’Électricité approuvée en juin 2010. Et c’est ainsi que l’on tourne littéralement en rond (the blame game) depuis 2005 et même bien avant cette date.
Quelle leçon pourrions-nous tirer d’une telle mise en scène qui, à mon humble avis, n’est pas très loin de la réalité?
Nos problèmes ne peuvent, en aucun cas, être résolus séparément et au coup par coup.
Notre politique sociale, notre politique de développement économique, notre politique d’infrastructure et notre politique financière sont toutes imbriquées et dépendent l’une de l’autre. Nulle solution valable ne peut être obtenue si l’on ne définit pas ces politiques conjointement. Sans compter qu’il faudrait y ajouter le réexamen de nos relations avec la diaspora. Cette dernière, si elle le voulait et si nous étions à même de lui présenter un plan cohésif et solidement structure, pourrait grandement contribuer à résoudre nos problèmes.
George SABAT
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Échec au chèque
En termes de vie de tous les jours, rien ne nous aura été épargné.
La dernière trouvaille de LibanPost, service postal ayant l’exclusivité au Liban, consiste à refuser les lettres recommandées contenant des chèques. Arrivée au bureau de poste le 2 novembre, je tends ma lettre au préposé en demandant de la recommander. Sans même m’en demander la permission, il entreprend d’ouvrir l’enveloppe. J’ose une question: «Pourquoi?» Réponse: «Pour voir s’il y a un chèque, auquel cas je ne peux accepter de l’envoyer.»
C’est inadmissible dans le fond et dans la forme. Un exemple flagrant d’abus de pouvoir, surtout que la direction de LibanPost ne se donne même pas la peine de nous expliquer la raison de cette mesure. Le respect du consommateur n’existe malheureusement pas au Liban.
Mona HAYEK KARAM
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Indépendance malgré tout
Du secret de la teinture de pourpre, dont nos ancêtres phéniciens avaient le secret, aux artisans exceptionnels, grâce à des commerçants doués et à des hommes littéraires qui inventèrent le premier véritable alphabet, une avancée remarquable a ouvert la voie aux grandes œuvres littéraires et fait la gloire de la Phénicie. Ainsi vécurent nos aïeux. Malheureusement, les jalousies, convoitises et rivalités internes de l’époque permirent aux Grecs et aux Romains de gouverner le pays jusqu’au Ier siècle av. J-C. L’islam verra le jour au VIIIe siècle. Viendra au XVIe siècle l’ère ottomane qui brisera toute entente et durera quatre siècles, suivie du mandat français où, après un conflit qui éclata entre partisans résolus de l’indépendance et le représentant français Helleu, la France céda et accorda l’indépendance au pays, le 22 novembre 1943. On n’a pas oublié les remous et discordes qui s’ensuivirent. En 1962, les frères Rahbani évoqueront la peur et l’avenir flou du pays avec Salem, chef de l’armée et d’un peuple uni. Depuis ce retour de l’espoir, cinquante ans se sont écoulés et l’on veut croire que le beau rêve d’indépendance est de nouveau là, malgré le cauchemar du présent, sans Feyrouz pour nous consoler. Pourtant, la fête de l’Indépendance doit demeurer gravée dans nos mémoires car Salem sain et sauf redeviendra un jour fort et en chef authentique pour nous protéger. En attendant, vivons d’espoir...
Antoine SABBAGHA

