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Économie - Investissements

Le marché automobile turc aiguise l’appétit des constructeurs mondiaux

La concurrence est rude avec 50 marques présentes dans le pays.
Malgré un marché attendu à la baisse cette année, la Turquie attire toujours autant les constructeurs automobiles étrangers désireux d’y prendre leur part du gâteau, à commencer par ceux qui y ont installé une usine.
Les ventes de voitures et de véhicules utilitaires légers devraient reculer d’environ 10 % à 780 000 unités, selon les experts. Mais David Rio, directeur des opérations internationales de la marque française Peugeot dans cette zone, table sur un rebond de 5 à 10 % dès l’an prochain.
« 70 % de la population ne possède pas encore de voiture, souligne Gokhan Ozturk, du cabinet Roland Berger, basé en Allemagne, ce qui offre encore une belle marge de progression. »
Avec sa population jeune et une croissance économique qui ralentit mais reste très dynamique, le gouvernement table sur 3,2 % cette année, la Turquie alimente encore tous les espoirs.
Pour le constructeur français Renault, numéro un en Turquie, « c’est le marché le plus important à l’international après ceux des BRICS » (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), explique sa directrice commerciale pour la zone, Anne Renaud-Abboud. Le japonais Toyota y voit aussi « un marché important », selon son directeur général des ventes Xavier Heylen.
Mais « la concurrence est rude avec 50 marques présentes », dont des chinoises et des indiennes, souligne Ercan Tezern, le secrétaire général de la fédération turque des industries de l’automobile (OSD).
Le marché reste dominé par les trois groupes implantés industriellement dans le pays depuis les années 1960-70, c’est-à-dire Renault, l’italien Fiat et l’américain Ford, même si l’allemand Volkswagen a enregistré une forte poussée avec uniquement des véhicules importés.
Il se caractérise aussi par l’importance des flottes de voitures de société et l’usage de véhicules utilitaires légers à des fins familiales car ils bénéficient d’une fiscalité plus avantageuse, explique M. Rio. Les voitures sont soumises à des taxes particulièrement élevées qui peuvent augmenter leur prix de vente de près de 40 % jusqu’à 130 %.

Atouts turcs
Les automobilistes turcs ont aussi des attentes spécifiques, détaille Mme Renaud-Abboud, « l’achat est encore très familial, porté par le bouche-à-oreille ».
Ils sont aussi très attentifs à la consommation de carburant, dont les prix figurent parmi les plus élevés au monde, souligne M. Ozturk.
Mais la Turquie n’intéresse pas uniquement les constructeurs pour les débouchés qu’elle offre. Une quinzaine d’entre eux y possèdent des sites de production. Outre Ford, Fiat et Renault, on y retrouve Toyota, le sud-coréen Hyundai ou encore le français PSA Peugeot Citroën via des coentreprises.
Tous profitent d’une position géographique à cheval sur l’Europe et l’Asie, d’une bonne expérience en recherche et développement, de salariés payés en moyenne quatre fois moins de l’heure qu’en France et plus flexibles, vantent le cabinet Deloitte et l’OSD.
Des atouts qui ont permis à la production issue de Turquie (voitures particulières, utilitaires et bus confondus) de doubler entre 2003 et 2011 à 1,2 million d’unités et de placer le pays au 17e rang mondial.
Les exportations, surtout vers l’Europe, ont suivi la tendance avec une progression à 790 000 véhicules l’an dernier, soit les deux tiers de la production.
« Le secteur reste très dépendant de la conjoncture internationale », avertit toutefois Raphaël Esposito, le directeur de la Chambre de commerce française en Turquie, avec un gros creux en 2009 au plus fort de la crise économique.
Cela n’empêche pas le gouvernement turc d’afficher des objectifs ambitieux. Il veut doter le pays de son propre constructeur national et mise beaucoup sur le secteur automobile pour se hisser parmi les dix premières puissances économiques mondiales d’ici à 2023.

(Source : AFP)
Malgré un marché attendu à la baisse cette année, la Turquie attire toujours autant les constructeurs automobiles étrangers désireux d’y prendre leur part du gâteau, à commencer par ceux qui y ont installé une usine.Les ventes de voitures et de véhicules utilitaires légers devraient reculer d’environ 10 % à 780 000 unités, selon les experts. Mais David Rio, directeur des opérations internationales de la marque française Peugeot dans cette zone, table sur un rebond de 5 à 10 % dès l’an prochain.« 70 % de la population ne possède pas encore de voiture, souligne Gokhan Ozturk, du cabinet Roland Berger, basé en Allemagne, ce qui offre encore une belle marge de progression. »Avec sa population jeune et une croissance économique qui ralentit mais reste très dynamique, le gouvernement table sur 3,2 % cette...
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