Le pape Benoît XVI a reçu, vendredi 23 novembre au Vatican, le président libanais Michel Sleiman. AFP/POOL/Tony Gentile
Le président libanais Michel Sleiman a été reçu vendredi par Benoît XVI, au moment où son pays et la communauté chrétienne libanaise sont fragilisés et divisés face à la crise syrienne, et à la veille de la remise de la barrette de cardinal au patriarche Béchara Raï par le pape.
Le chef de l'Etat, chrétien maronite, est venu à Rome à l'occasion du petit consistoire par lequel le pape doit consacrer six nouveaux cardinaux, dont le patriarche maronite.
M. Sleimane a remercié le pape pour sa visite en septembre et pour avoir choisi le patriarche parmi les princes de l'Eglise. Il lui a apporté un grand album de photos, rappelant le voyage pontifical.
Le choix d'élever à la pourpre celui qui est patriarche des Maronites depuis 2011 est un soutien du Saint-Siège au Liban multiconfessionnel.
Les propos de Béchara Raï l'an dernier invitant l'Occident à donner "plus de chance (au leader syrien) Bachar el-Assad" et craignant la percée de l'islamisme dans le cadre du Printemps arabe avaient été vivement contestés.
(Voir aussi, le rapport d'ICG : Le Liban et le conflit syrien : un exercice d’équilibrisme)
Le Liban est un pays clé pour le Saint-Siège au Moyen-Orient. Le pape y avait lancé à la mi-septembre des appels à la coexistence pacifique entre islam et christianisme. Il avait insisté sur le droit et le devoir des chrétiens, menacés par l'islamisme radical, d'y rester. Il avait présenté le Liban comme un modèle régional en tant que mosaïque de traditions et de cultures religieuses.
(Pour mémoire, notre dossier spécial sur la visite de Benoît XVI au Liban)
Le chef de l'opposition libanaise et ancien Premier ministre Saad Hariri avait été reçu à la mi-octobre par Benoît XVI. Un émissaire du pape, le cardinal Robert Sarah, s'était rendu au Liban pour rencontrer les réfugiés syriens et les organisations de secours humanitaires.
Selon l'agence missionnaire catholique Fides, un responsable du Hezbollah sera présent samedi à Rome pour le consistoire, en la personne de Ghalib Abou Zeinab, responsable des relations avec les chrétiens du parti chiite.
Le 9 novembre, selon Fides, une délégation du Hezbollah s'était rendue auprès du patriarcat maronite à Bkerke près de Beyrouth pour féliciter le patriarche pour sa nomination.
Mgr Béchara Raï a par ailleurs affirmé jeudi que seule la justice pouvait demander au Hezbollah de remettre les quatre auteurs présumés, et membres du parti chiite, de l’attentat contre l’ancien Premier ministre Rafic Hariri.
"Personne n’a le droit de demander que les accusés soient remis, parce qu’ils restent innocents jusqu’à preuve du contraire, et cela doit rester du ressort de la justice", a déclaré Mgr Raï, cité par l’Agence nationale d’information (ANI, officielle).
Les juges du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), chargé de juger les assassins de Rafic Hariri, tué dans un attentat en février 2005 à Beyrouth, avaient ordonné, le 1er février dernier, que les quatre auteurs présumés de l’attentat soient arrêtés par les autorités libanaises et remis au TSL. Le Hezbollah refusant de remettre les quatre inculpés, ces derniers seront jugés par défaut, c’est-à-dire en leur absence, conformément à la procédure définie par le TSL.
Les quatre accusés font l’objet de mandats d’arrêt du TSL transmis le 30 juin 2011 aux autorités libanaises et de notices rouges d’Interpol, mais n’ont pas encore été interpellés.
Le chef de l'Etat, chrétien maronite, est venu à Rome à l'occasion du petit consistoire par lequel le pape doit consacrer six nouveaux cardinaux, dont le patriarche maronite.
M. Sleimane a remercié le pape pour sa visite en septembre et pour avoir choisi le patriarche parmi les princes de l'Eglise. Il lui a apporté un grand album de photos, rappelant le voyage pontifical.
Le choix d'élever à la pourpre celui qui est patriarche des Maronites depuis 2011 est un soutien du Saint-Siège au Liban multiconfessionnel.
Les propos de...


Ah, je me disais aussi, ça faisait longtemps qu'un Libanais n'avait pas été reçu par le pape. Who's next ?
12 h 13, le 23 novembre 2012