Des habitants passent près de bâtiments détruits par les bombardements de l'armée syrienne, le 19 novembre 2012, à Harasta près de Damas. Abed Al-Kareem Muhammad/Shaam News Network/Handout/Reuters
Après Paris, Ankara et les monarchies du Golfe, Londres a reconnu mardi la nouvelle Coalition de l'opposition "comme seul représentant légitime du peuple syrien", selon le chef de la diplomatie britannique, William Hague, qui a demandé à la Coalition de nommer un représentant à Londres.
La Coalition a "beaucoup à faire pour gagner le soutien total du peuple syrien et coordonner les efforts de l'opposition plus efficacement. Mais il est grandement dans l'intérêt de la Syrie, de la région et du Royaume-Uni que nous les soutenions et que nous ne laissions pas de place aux groupes extrémistes", a-t-il ajouté.
L'UE et Washington ne sont pas allés aussi loin, le premier estimant que l'opposition était "le représentant légitime des aspirations du peuple syrien" et le second "une représentante légitime".
Les dirigeants de la Coalition vont par ailleurs être invités au prochain Conseil européen des Affaires étrangères à la mi-décembre à Bruxelles, qui réunit les chefs de la diplomatie des "27", a déclaré mardi le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius.
De son côté, Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s’est dit mardi "profondément préoccupé par la militarisation continue du conflit en Syrie, les violations abominables des droits de l'Homme et le risque de voir la Syrie devenir un champ de bataille régional avec la violence qui s'intensifie".
M. Ban a pressé, lors d’une visite au Caire, la communauté internationale à soutenir les efforts de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi en vue d'une solution politique "qui réponde aux aspirations légitimes du peuple syrien", et à intensifier son aide face à une "situation humanitaire qui se dégrade".
Au même moment, le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, annonçait que son pays était dans "l'ultime phase" de discussions avant de transmettre à l'Otan une demande formelle de déploiement de missiles Patriot à sa frontière avec la Syrie.
Les missiles sol-air Patriot "sont une mesure de précaution, spécifiquement orientée vers la défense", a déclaré M. Davutoglu, en précisant qu'Ankara allait "soumettre une requête formelle dès que possible".
Ces derniers mois, la Turquie a progressivement renforcé son dispositif de sécurité le long de la frontière, au fur et à mesure où la tension s'accentuait avec son voisin, notamment après qu'un tir d'obus syrien a provoqué la mort de cinq civils turcs début octobre.
Un service de renseignements pour l’opposition
Par ailleurs, les rebelles ont annoncé la création d'un service de renseignements pour "défendre la révolution" dans un pays où le régime a durant un demi-siècle espionné et semé la terreur dans la population.
Il vise à protéger "les fils de la révolution contre les attentats, arrestations et assassinats", mais aussi à rechercher ceux qui au sein de la rébellion commettent des exactions, selon une vidéo diffusée sur YouTube par un porte-parole de l'ASL (Armée syrienne libre).
Pas de répit dans les violences
Sur le terrain, de violents combats ont eu lieu toute la journée de mardi dans la province d'Idleb, nord-ouest de la Syrie, autour d'une base de l'armée syrienne assiégée par les rebelles, dernière place-forte du régime dans cette région, a-t-on appris de source rebelle.
Ces combats se déroulent autour de la base Cheikh Souleimane, à environ 25 km au nord-ouest de la ville d'Alep, selon cette source, interrogée au téléphone depuis Antakya, en Turquie. Des chasseurs-bombardiers évoluant à haute-altitude survolaient et bombardaient par intermittence la zone des affrontements, selon la même source.
Ces combats interviennent près de 48 heures après la capture d'une autre base militaire de la province d'Idleb, la Base 46, à 12 km à l'ouest d'Alep.
La Base 46, et dans une moindre mesure la base Cheikh Souleimane, étaient les deux dernières place-fortes du régime dans cette région frontalière de la Turquie. Elles servaient au bombardement de toutes les localités environnantes, dans une zone désormais largement sous contrôle de la rébellion.
Après la chute de la Base 46, la capture de la base Cheikh Souleimane permettrait la "libération" quasi-complète d'un large territoire dans le nord-ouest de la Syrie, allant de la frontière turque jusqu'à Alep, la grande métropole du nord.
A Daraya, au sud-ouest de Damas, au moins deux civils ont été tués dans des bombardements alors que des combats opposaient les troupes gouvernementales aux insurgés, selon l'OSDH.
Selon l'agence de presse officielle Sana, 10 personnes d'une même famille ont par ailleurs été assassinées mardi dans le sud de la ville d'Alep par des rebelles. A Damas, deux obus ont touché le bâtiment du ministère de l'Information, sans faire de victime, a indiqué Sana.
Près de la frontière turque, de violents affrontements ont opposé les rebelles aux combattants kurdes à Rass al-Aïn.
"Quatre combattants et un élu local ont perdu la vie dans les rangs kurdes et 24 parmi les rebelles du Front al-Nosra et Gharba al-Sham", deux groupes islamistes radicaux, a déclaré à l'AFP le président de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.
Les combattants kurdes appartiennent au Comité de protection du peuple kurde (YPG), bras armé du Parti de l'Union démocratique kurde (PYD, branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan -rebelles kurdes turcs-). Ils sont accusés par les rebelles syriens de faire le jeu du régime.
(Pour mémoire : Les Kurdes accusés de double jeu)
Les violences ont fait mardi au moins 30 morts, dont 14 civils, 9 soldats et 7 rebelles, selon un bilan provisoire de l'OSDH, une ONG basée en Grande-Bretagne, qui s'appuie sur un vaste réseau de militants et de sources médicales à travers la Syrie.
La guerre a fait plus de 39.000 morts, en majorité des civils, depuis mars 2011, selon l'ONG.
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La Coalition a "beaucoup à faire pour gagner le soutien total du peuple syrien et coordonner les efforts de l'opposition plus efficacement. Mais il est grandement dans l'intérêt de la Syrie, de la région et du Royaume-Uni que nous les soutenions et que nous ne laissions pas de place aux groupes extrémistes", a-t-il ajouté.
L'UE et Washington ne sont pas allés aussi loin, le premier estimant que l'opposition était "le représentant légitime des aspirations du peuple syrien" et le second "une représentante légitime".
Les dirigeants de...



Enfin ! BRAVO Londres !
13 h 36, le 20 novembre 2012