Sur cette photo d’archives, des batteries de missiles Patriot de défense antiaérienne sont déployées à l’aéroport militaire de Diyarbakir, en Turquie. Mehdi Fedouach/AFP
L’Union européenne a affiché hier son soutien à la coalition de l’opposition syrienne, tandis que l’OTAN s’est déclarée prête à examiner une demande de la Turquie pour que soient déployés des missiles Patriot le long de sa frontière avec la Syrie.
Réunis à Bruxelles, les ministres européens des Affaires étrangères se sont mis d’accord pour considérer que la coalition de l’opposition au régime de Bachar el-Assad était un « représentant légitime des aspirations du peuple syrien ». Les 27 n’ont cependant pas été jusqu’à la voir comme « l’unique représentant légitime » de ce peuple, comme l’a fait la France, rejointe hier par l’Italie. Certains pays se sont en effet montrés réticents à donner ce statut à une organisation, d’autant plus qu’elle n’a pas encore fait ses preuves, n’ayant été créée que le 11 novembre, selon une source diplomatique. « Tout le monde est d’accord pour une reconnaissance à terme, mais il demeure des nuances », a résumé le ministre luxembourgeois, Jean Asselborn, à l’issue de la réunion. Son homologue français, Laurent Fabius, a souligné que les ministres avaient « exprimé beaucoup de sympathie vis-à-vis de la coalition ». Ses dirigeants pourraient être invités à les rencontrer à la mi-décembre à Bruxelles, ce qui serait un « symbole important », a-t-il précisé. Les Européens ont en outre souhaité que la coalition travaille « sans exclusive en souscrivant aux principes des droits de l’homme et de la démocratie, avec la participation de tous les groupes d’opposition et de tous les secteurs de la société civile syrienne ».
Parallèlement, Ankara n’a toujours pas formalisé sa requête à l’OTAN pour déployer des missiles Patriot, alors que certains responsables, dont le ministre allemand de la Défense, Thomas de Maizière, avaient dit l’attendre dans la journée. Il est vraisemblable que la Turquie dépose sa demande dans les prochains jours, a indiqué une source diplomatique à l’OTAN. « Si elle le fait, elle sera considérée comme prioritaire », a assuré le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, qui a participé à une réunion des ministres européens de la Défense. Il a rappelé que l’Alliance, dont la Turquie est l’un des 28 membres, avait « tous les plans nécessaires pour défendre si nécessaire » ce pays. « La Turquie peut compter sur la solidarité » de ses alliés, a-t-il insisté. Les Patriot pourraient être mis à disposition par l’Allemagne et les Pays-Bas, les deux pays européens à posséder ces missiles sol-air à moyenne portée.
Extrême violence
Sur le terrain en Syrie, combats et bombardements se poursuivaient. Des bombardements ont notamment visé la capitale et sa région, faisant sept morts, dont deux femmes, dans le district de Douma. À Damas, un passager a été tué et 14 autres blessés, dont des femmes, par l’explosion d’une bombe magnétique attachée à un minibus, selon l’agence SANA. De violents échanges de tirs ont également été entendus dans la nuit place des Abbassides en plein cœur de Damas, alors que le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, dans le sud, a été la cible de bombardements. En outre, le sous-préfet du district de Nabak, au nord de Damas, le général Abdallah Darawi, a été abattu par des rebelles dans la ville du même nom, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
Ailleurs dans le pays, sept personnes – six rebelles et un élu local kurde – ont été tuées dans des combats d’une extrême violence, qui se poursuivaient dans la soirée, à Ras al-Aïn, ville à majorité kurde dans le Nord-Est, selon l’OSDH. Les accrochages ont suivi une manifestation kurde demandant aux rebelles non originaires de la ville de partir. Ces derniers ont refusé et ont attaqué des combattants kurdes présents à un barrage. Dans la région de Lattaquié, les combats se sont concentrés autour d’un poste-frontière avec la Turquie, dans le village de Kesseb, que les rebelles veulent prendre aux forces régulières. Dimanche, les rebelles se sont emparés d’une importante base d’artillerie près d’Alep, la « base 46 », selon une source militaire qui a évoqué une attaque « d’une très grande ampleur ».
Enfin, selon un bilan provisoire, les violences ont fait hier au moins 75 morts.
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