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Liban - Le Commentaire

Le Hezbollah face à la crise syrienne : vers un nouveau Taëf ?

Quelle sera la position du Hezbollah à la lumière des développements en Syrie ? Que le dénouement de la crise syrienne soit en faveur du parti de Dieu ou pas, qu’adviendra-t-il de ses armes, et quelles conditions exigera-t-il s’il décide de les remettre à l’État ?


Ces questions trouvent des réponses divergentes, qui restent de l’ordre des spéculations. Néanmoins, le statut actuel du Hezbollah comme parti qui détient des armes, c’est-à-dire comme entité chiite puissante, rappelle le « maronitisme politique », ayant prévalu après la fin du mandat français, et auquel s’est substitué, avec les accords de Taëf, le « sunnitisme politique ».


Or l’hégémonie que les maronites, puis les sunnites, forts d’un soutien étranger, ont exercée à une époque donnée grâce à un appui extérieur a fini par s’éroder, chacune des communautés prenant conscience de l’impossibilité pour elle de maintenir le monopole du pouvoir. Affaiblis par une guerre fratricide en 1989, les maronites ont fini par accepter l’amendement de la Constitution et la réduction des pouvoirs du chef de l’État. Pour leur part, les sunnites, dont le pouvoir était sous-tendu par la tutelle syrienne après la guerre civile, ont fini par subir cette même tutelle, ce qui les a conduits à défendre le slogan du « Liban d’abord ».
Aujourd’hui, la communauté chiite commettra-t-elle la même erreur, en utilisant l’excès de pouvoir qui lui vient d’Iran, contre l’intérêt national ? Ou tirera-t-elle les leçons des expériences maronite et sunnite, en mettant sa force au service des institutions ?


L’appel lancé par le quotidien iranien Kayhan, en date du 8 novembre 2006, pourrait fournir des éléments de réponse à ces questions. Le quotidien proche du régime iranien appelait en effet à un changement de l’équilibre des forces au Liban, en faveur de la communauté chiite. « Face au nouveau régime stratégique au Moyen-Orient, il revient désormais de droit aux chiites au Liban – et non aux chiites libanais – la part léonine des institutions de l’État. Nous devons effectuer un suivi des événements et veiller à ce qu’ils évoluent dans ce sens. La première chose à changer est l’accord de Taëf », écrivait le journal. « Les chiites représentent aujourd’hui 40 % de la population libanaise, occupent 40 % du territoire libanais, disposent de la plus grande force militaire dans la région, et sont le groupe le plus soudé, ce qui doit leur valoir une représentation plus large au sein du gouvernement, du Parlement et des diverses institutions », poursuivait le même quotidien en 2006.


Le député Walid Joumblatt appellerait-il aujourd’hui lui aussi à un nouveau Taëf ? C’est ce que le laisse entendre sa position hebdomadaire au quotidien al-Anba’, où il estime « utile d’examiner les tensions dans la relation sunnito-chiite, et leur lien avec les tensions régionales, afin que celles-ci n’attisent pas les rapports internes (...) ».
Au regard de ces données, la question sur le rôle du Hezbollah se précise un peu plus : la communauté chiite aurait-elle l’intention de prendre ce qu’elle estime être son droit, par la force des armes et, pourquoi pas, par une nouvelle guerre ? Ou chercherait-elle à redistribuer les prérogatives entre différentes confessions à travers un dialogue visant une réconciliation nationale globale ?À défaut de pareil dialogue, un « fédéralisme des confessions » s’imposerait comme l’ultime solution.

Quelle sera la position du Hezbollah à la lumière des développements en Syrie ? Que le dénouement de la crise syrienne soit en faveur du parti de Dieu ou pas, qu’adviendra-t-il de ses armes, et quelles conditions exigera-t-il s’il décide de les remettre à l’État ?
Ces questions trouvent des réponses divergentes, qui restent de l’ordre des spéculations. Néanmoins, le statut actuel du Hezbollah comme parti qui détient des armes, c’est-à-dire comme entité chiite puissante, rappelle le « maronitisme politique », ayant prévalu après la fin du mandat français, et auquel s’est substitué, avec les accords de Taëf, le « sunnitisme politique ».
Or l’hégémonie que les maronites, puis les sunnites, forts d’un soutien étranger, ont exercée à une époque donnée grâce à un appui extérieur a fini par...
commentaires (4)

LE hézébbb Face à SA "propre" Crise !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

13 h 41, le 20 novembre 2012

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Commentaires (4)

  • LE hézébbb Face à SA "propre" Crise !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    13 h 41, le 20 novembre 2012

  • Cantons avec gouvernement central. Chacun chez soi, et la PAIX pour TOUS !

    SAKR LEBNAN

    10 h 36, le 20 novembre 2012

  • Un chacun chez soi,et la république pour tous?

    GEDEON Christian

    03 h 55, le 20 novembre 2012

  • Heureux temps où, à Najaf, prévalait le chiisme arabe avec son centre de rayonnement qui inspirait le plus grand respect et accueil au Liban et dans tout le monde arabe. Avec le chiisme perse impérialiste, c'est la grande catastrophe pour le Liban et pour le monde arabe.

    Halim Abou Chacra

    01 h 54, le 20 novembre 2012

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