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À La Une - Révolte

Attentats et raids se multiplient en Syrie

Le frère du président du Parlement assassiné ; le CNS dénonce l’inaction de la communauté internationale.

Trois bombes ont explosé hier dans un quartier du nord-ouest de Damas, Hay al-Wouroud, faisant des dizaines de blessés, dont des enfants. Sana/Reuters

Les violences ont redoublé d’intensité en Syrie avec une multiplication des attentats et des raids à travers le pays.
Hier, les attaques à la bombe et à la voiture piégée ont fait foison, frappant plusieurs banlieues de Damas, au lendemain d’une attaque-suicide à la voiture piégée à Hama qui avait infligé un rude coup à l’armée. Dans la soirée, trois bombes ont fait, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), 10 morts et une quarantaine de blessés, dont de nombreux dans un état critique, à Qudsaya, une banlieue populaire de l’ouest de Damas qui abrite les résidences de la garde républicaine. Les médias officiels ont également fait état de morts et de blessés sans fournir de bilan précis. Plus tôt, une voiture piégée avait fait des blessés à Mouadamiya, près de Damas, et une autre avait explosé dans la banlieue de Sayeda Zeinab, faisant des dégâts, selon l’OSDH, tandis que la télévision d’État affirmait qu’une attaque similaire avait été déjouée à Damas. Ces attentats n’ont pas été revendiqués. La télévision d’État a en outre rapporté que Mohammad al-Laham, frère du président du Parlement Jihad al-Laham, a été assassiné à Damas, sans préciser les circonstances de ce meurtre.


La capitale syrienne, un temps éclipsée par l’ouverture fin juillet du front d’Alep, est désormais au centre des combats, l’aviation menant de nombreux raids dans les villes alentour. Les hélicoptères, qui jusqu’alors tiraient à la mitrailleuse lourde, lâchent désormais sur des zones d’habitations des barils remplis d’explosifs. Et le ballet des chasseurs-bombardiers s’est accéléré, avec des raids hier à travers tout le pays, dont l’un, particulièrement violent, a tué 19 civils et blessé 61 autres dans la seule ville de Saraqeb. Au total, les violences ont fait hier au moins 140 morts, dont au moins 69 civils, selon un bilan toujours provisoire.


Toujours sur le plan militaire, un haut responsable de l’ONU a estimé que l’armée faisait vraisemblablement usage de bombes à sous-munitions, Moscou affirmant pour sa part que les rebelles avaient « obtenu 50 missiles Stinger de l’extérieur pour frapper les avions » du régime. De son côté, l’ambassadeur israélien à l’ONU, Ron Prosor, a envoyé une lettre au Conseil de sécurité pour lui demander d’agir, à la suite d’incursions de l’armée syrienne dans la zone-tampon sur le plateau du Golan occupé par Israël. Ces incidents « représentent une dangereuse escalade qui pourrait avoir des implications importantes pour la sécurité et la stabilité de la région », souligne M. Prosor dans sa lettre.
Au niveau diplomatique, dans un entretien accordé au journal panarabe al-Hayat, l’émissaire international Lakhdar Brahimi a affirmé : « Certains parlent du danger de voir la Syrie divisée (...) Je pense que le véritable risque n’est pas la partition mais la somalisation, avec un effondrement de l’État et l’émergence de milices et de factions armées. » Au Qatar, le Conseil national syrien (CNS) examinait la création d’une nouvelle direction politique de l’opposition, proposée par l’un de ses membres, Riad Seif, en amont d’une réunion élargie demain. Cet ancien député en exil veut ainsi « éviter un vide politique au moment de la chute du régime d’Assad » et « garantir une reconnaissance internationale ».

 

Cependant, le chef du CNS, Abdel Basset Seyda, a fait valoir le droit de l’organisme à conserver un « rôle central » dans toute future structure unifiée, une exigence qui risque de compliquer les discussions en cours à Doha. Ainsi, pour tenter de reprendre l’initiative, le CNS a déjà annoncé s’être élargi à 13 nouveaux groupes d’opposition, répondant aux critiques venues de Syrie et de l’étranger l’accusant de manquer de représentativité. Il a également reproché à la communauté internationale son inaction face aux massacres. « Le peuple syrien saigne et attend de la communauté internationale qu’elle agisse », a déclaré M. Seyda. Dénonçant « le massacre des Syriens et la destruction systématique de nos villes et de nos villages », il a affirmé que les Syriens « ont le sentiment d’avoir été laissés seuls face à leur destin et que le monde entier s’est entendu pour ne rien faire ».

 

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