Après un intermède sécuritaire violent et une réaction politique non moins violente, mais sur un autre registre, c’est le social qui reprend ses droits, à l’occasion du Conseil des ministres qui se tient demain.
À l’ordre du jour de la réunion, la nouvelle grille des salaires dans le secteur public, un acquis pour lequel les fonctionnaires luttent depuis 14 mois et que l’attentat d’Achrafieh puis la réaction violente qui l’a suivi ont fait passer au second plan.
Le président du syndicat des enseignants dans les écoles privées, Nehmé Mahfouz, qui mène la lutte au nom de ses collègues du public, a mis en garde hier contre tout retard que le gouvernement mettrait à transmettre le projet de loi en question à la Chambre.
Une grève générale est prévue jeudi, dans le secteur public exclusivement, si ce pas n’est pas franchi, a averti le syndicaliste.
D’abord hostiles à un échelonnement de la nouvelle grille des salaires, les syndicats semblent avoir mis de l’eau dans leur vin. Ils ont considéré comme raisonnable une proposition d’échelonnement avancée par le gouverneur de la Banque du Liban et relevé que, selon Riad Salamé, la monnaie nationale ne sera pas vulnérabilisée par l’adoption des majorations prévues. Une assurance que tous les observateurs ne partagent pas, estimant que le Liban a le choix entre deux rendez-vous : avec la grève ou avec l’inflation.
Ce sont les arriérés des pensions de retraite aux grands commis de l’État et aux forces armées qui, semble-t-il, font le gros des dépenses prévues par la nouvelle grille de salaires.
Quant au scandale des relèvements de traitements que s’accordent les députés et ministres, on n’en parle plus, cette anomalie ayant été absorbée par les extraordinaires dysfonctionnements qui marquent la vie politique, à commencer par le scandale d’un « retour à la normale » que le 14 Mars essaie de perturber comme il peut.
Même dans cette atmosphère de défi, on peut supposer que le problème des ressources financières destinées à couvrir les nouvelles dépenses qui seront approuvées ne sera pas si facilement finalisé. En effet, certains ministres, dont ceux du Hezbollah, ont exprimé leur hostilité à tout relèvement du taux de la TVA. Or, ce relèvement fait partie des calculs des rentrées de M. Mikati.
Ce que le gouvernement pourrait être tenté de faire, c’est tout simplement décider de rejeter cette responsabilité sur le Parlement, auquel cas les fonctionnaires devront attendre la fin de la crise politise interne pour obtenir gain de cause, compte tenu du boycottage par le 14 Mars du travail des commissions. On peut donc prévoir, sans grand risque de se tromper, que la bataille sociale en cours ne fait qu’être reportée.
Le 14 Mars et Bkerké
L’actualité politique a par ailleurs été marquée, hier, par la visite effectuée par une délégation du 14 Mars conduite par Fouad Siniora à Bkerké. Mais il est douteux que cette visite, au cours de laquelle l’opposition a pu clarifier ses positions, ait une quelconque influence sur l’attitude du siège patriarcal, dont l’appui à la position centriste du chef de l’État est entier.
(Lire aussi : La visite de Hollande redonne du tonus aux forces du 14 Mars...)
Se berçant d’illusions, ce camp a crié victoire parce que le président Hollande n’a pas rencontré, lors de son escale dimanche, le Premier ministre, que le chef du courant du Futur, Saad Hariri, a partagé son déjeuner à la table du roi Abdallah à Djeddah et que l’ambassadeur Patrice Paoli s’est incliné sur la tombe de Wissam el-Hassan à la demande de son gouvernement.
(Lire aussi : ... et le 8 Mars accuse l’opposition de « comploter... »)
Toutefois, un ministre proche de M. Mikati, M. Nicolas Nahas (Économie et Commerce), a tempéré ce triomphalisme en assurant que c’est la trop courte durée de la visite, qui n’était pas officielle, qui a empêché cette rencontre d’avoir lieu.
Ce que le 14 Mars oublie surtout, c’est que M. Mikati est attendu en France le 19 courant et qu’il prendra alors tout son temps pour comprendre et se faire comprendre.
Au programme de la visite du chef du gouvernement à Paris figurent des rencontres avec les hauts responsables du pays, une séance de questions-réponses à l’Assemblée nationale, des rencontres avec certains organismes économiques, des patrons et d’éventuels bailleurs de fonds, dans le cadre d’une relance de Paris III, et enfin des entretiens sur des aides en équipement à l’armée.
(Lire aussi : Sleiman insiste encore et toujours sur le dialogue)
Au demeurant, l’un des piliers du centre, Walid Joumblatt, a reçu hier un appel téléphonique de William Burns, sous-sercétaire d’État américain, qui lui a demandé d’aider à la formation d’un nouveau gouvernement, « sans que cela signifie tomber dans le vide », selon le communiqué rapportant la nouvelle. Et le texte d’ajouter que M. Joumblatt a réagi positivement à cette demande, tout en précisant que la chose ne pourra se faire qu’à travers un appui aux efforts du chef de l’État.
Lire aussi
Impasse totale ; on se dirige vers un Liban exangue, immobile et ingouvernable
et
L’arme secrète du Huit Mars, par Carlos EDDÉ Amid du Bloc national
Le président du syndicat des enseignants dans les écoles privées, Nehmé Mahfouz, qui mène la lutte au nom de ses collègues du public, a mis en garde hier contre tout retard que le gouvernement mettrait à transmettre le projet de loi en question à la Chambre.
Une grève générale est prévue jeudi, dans le secteur public exclusivement, si ce pas n’est...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
"Se berçant d’illusions, ce camp (le 14, quoi !) a crié victoire parce que le président français n’a pas rencontré le Premier ministre. Ce que le 14 Mars oublie surtout, c’est que M. Mikati est attendu en France le 19 courant et qu’il prendra alors tout son temps pour comprendre et se faire comprendre." ! Yâ hassértéhhh ! Eh ben, ce si, si proche avenir-là le dira ; et l’on verra alors si ce "Mîkâtéh-là" sera encore à son "poste"-là d’ici cette date-là du "19 courant" mahééék, "Fatidique et historique"-là....
03 h 07, le 06 novembre 2012