Le Japon, première puissance économique, vit dans la hantise quotidienne d’un tremblement de terre qui risque d’engloutir ses îles. Le dernier tsunami a gardé le monde entier en haleine devant ses vagues démesurées, détruisant tout sur son passage et menaçant d’un incident nucléaire sans précédent qui aurait pu avoir des effets tragiques sur le monde entier !
Le Liban, minime « point » sur la carte mondiale, a la chance « Dieu merci » d’être loin des risques de catastrophes naturelles ! Toutefois, notre cher pays se retrouve, par malheur, coincé et tenaillé entre ses deux puissants voisins. Ces derniers ont pour objectif commun de maintenir le Liban instable, insécurisé, étouffé et continuellement menacé, avec la hantise de le voir les dépasser du fait de sa résilience, de sa solidité et de sa volonté divine de continuellement renaître de ses cendres !
Un des multiples atouts de notre cher Liban demeure son secteur privé qui a réussi à survivre et qui continue à croître sans limite en s’exportant vers le monde entier parvenant à maintenir notre économie sur pied.
Nous sommes fiers de nos entreprises, toutes industries confondues : bancaires, commerciales, industrielles, éducatives, médicales et services... qui continuent d’avancer à une vitesse vertigineuse suivant les normes et règles internationales.
Le Liban a longtemps été considéré comme « l’université » du Moyen- Orient, le centre hospitalier de la région, le point de rencontre de la création, de la mode, du goût, de la restauration et de l’entrepreneuriat.
Nous avançons certes... en dépit des « contre-forces négatives » qui pèsent sur le pays, des divisions politiques internes, et plus précisément nos politiciens qui suivent des objectifs égocentriques et électoraux, absolument différents des nôtres.
Nous entendons dans les diverses sphères qui nous entourent que les phares sont actuellement braqués sur les élections, devenues de nos jours la priorité nationale absolue ! Cela veut-il dire que notre lutte économique est relayée au second plan ? Que les réformes structurelles sont mises en veilleuse ? Que la reconstruction de nos infrastructures est rangée dans les tiroirs ? Le pire est que nous avons tous les réponses à ces questions cruciales.
L’autoflagellation s’est toujours avérée inutile, l’autodestruction, « hobby » national, n’a jamais rapporté gros et le pessimisme ambiant a constamment freiné les ambitions !
Notre ultime objectif devrait être la survie et la persévérance ! Les crises peuvent souvent cacher des opportunités inédites. Demandons à nos dirigeants de se fixer de petits objectifs atteignables à court terme afin de donner un peu de souffle et d’oxygène à notre économie. Préparons-nous à reconstruire des accords économiques constructifs avec les nouveaux dirigeants du printemps arabe pour essayer de rétablir des relations commerciales privilégiées avec ces pays. Accueillons les chefs d’entreprises syriens fuyant les confits et offrons-leur des possibilités d’investissements attractifs. Unissons-nous atour d’un plan économique de redressement, qui n’aurait ni couleur, ni religion, ni parti-pris, ni « numéro », capable de protéger notre secteur privé, « pilier essentiel de notre économie », d’attirer des investissements de la région et de survivre pendant le cycle ombragé de la récession mondiale !
Malgré les malédictions qui s’abattent sur le Liban, nous ne baisserons pas les bras : nous continuerons notre lutte dans ce merveilleux pays béni, quels que soient les sacrifices et les conséquences : tel est notre message et notre volonté !
Fouad ZMOKHOL
Président du Rassemblement de dirigeants et chefs d’entreprise libanais (RDCL)

