Le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, au congrès du parti socialiste, le 27 octobre 2012, à Toulouse, dans le sud de la France. AFP/REMY GABALDA
En plein débat sur la compétitivité française, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a provoqué une polémique mardi en évoquant un possible retour sur la loi des 35 heures avant de finalement affirmer que "la durée légale du travail ne changerait jamais".
La controverse est née d'une petite phrase au quotidien Le Parisien dans lequel, à une question sur le retour aux "39 heures payées 39", le Premier ministre répond qu'il n'y a pas "de sujet tabou" et qu'il n'est pas "dogmatique".
Peu après, M. Ayrault, en difficulté depuis plusieurs semaines après plusieurs bourdes, a tenté d'éteindre l'incendie qu'il avait lui-même allumé.
"Il n'est pas question de revenir sur les 35 heures parce que ce n'est pas la cause de nos difficultés économiques, il y en a beaucoup d'autres", a-t-il dit. Avant d'être catégorique à l'Assemblée nationale: "La durée légale du travail est de 35 heures et elle ne changera jamais tant que la gauche sera au pouvoir".
Mais les critiques avaient fusé entretemps. Les syndicats étaient sortis de leurs gonds, la CFDT affirmant qu'il n'était "pas question de remettre en cause la durée légale du travail" à 35 heures et la CGT qualifiant la loi d'"acquis social".
L'opposition de droite, qui réclame depuis des années une remise à plat des 35 heures sans pour autant avoir touché à la durée légale du travail quand elle était au pouvoir, s'en est pour sa part donné à coeur joie.
"C'était trop beau pour être vrai ! J'ai, pendant quelques minutes, fait un rêve: que le Premier ministre endossait enfin les habits du courage politique", a ironisé le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé.
Pour la présidente du patronat français (Medef), Laurence Parisot, Jean-Marc Ayrault, avec sa petite phrase, a "confusément" senti l'existence d'"un problème" avec les 35 heures.
(Pour mémoire : Ayrault reconnaît « quelques erreurs »)
Conçu par le gouvernement socialiste de Lionel Jospin (1997-2002) pour faire baisser le chômage, l'abaissement à 35 heures du temps de travail déchaîne régulièrement les passions, même si, dans les faits, les salariés à temps plein travaillaient 39,5 heures hebdomadaires en 2011, contre 40,7 heures en Allemagne, selon l'Institut national des statistiques économiques (Insee).
Car les 35 heures ne sont ni le temps de travail effectif ni la durée maximale autorisée (48 heures). Elles marquent simplement le seuil au-delà duquel le travail est payé en heures supplémentaires.
A peine entré en vigueur, le dispositif a d'ailleurs été assoupli par la gauche, puis détricoté par la droite à coups de dérogations.
Dans les faits, les entreprises ont presque toute latitude pour augmenter et organiser le temps de travail, sous réserve d'accord avec les syndicats ou représentants du personnel.
Selon l'Insee, les 35 heures ont abouti à la création de 350.000 emplois entre 1998 et 2002, dont près de 150.000 sont toutefois liés aux allègements de cotisations sociales qui ont accompagné le dispositif.
Mais la droite et une bonne partie du patronat y voient la cause principale de la perte de compétitivité de l'économie française au cours de la dernière décennie, symbolisée par un déficit commercial record de 73 milliards d'euros en 2011.
Les 35 heures ne figureront cependant pas dans le très attendu rapport sur la compétitivité que l'ancien patron d'EADS Louis Gallois remettra au gouvernement le 5 novembre, a précisé Jean-Marc Ayrault.
François Hollande a promis lundi que des décisions seraient prises en novembre sur "tous les domaines de la compétitivité", y compris le coût du travail, et qu'elles vaudraient pour l'ensemble du quinquennat.
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Peu après, M. Ayrault, en difficulté depuis plusieurs semaines après plusieurs bourdes, a tenté d'éteindre l'incendie qu'il avait lui-même allumé.
"Il n'est pas question de revenir sur les 35 heures parce que ce n'est pas la cause de nos difficultés économiques, il y en a beaucoup d'autres", a-t-il dit. Avant d'être catégorique à...


Ce gouvernement français sans vergogne ...entièrement socialiste va pas durer longtemps ...! ils sont ridicules de prétentions obsolètes....
09 h 00, le 30 octobre 2012