La nouvelle Première ministre du Québec, Pauline Marois, en visite à Paris. Benoit Tessier/
Un référendum sur l'indépendance du Québec "n'est pas envisageable à court terme" mais reste un "projet pertinent", estime dans un entretien à l'AFP la nouvelle Première ministre, la souverainiste Pauline Marois, en visite à Paris jusque mercredi.
Q: Vous avez rencontré lundi le président François Hollande qui a réaffirmé la tradition de non-ingérence et non-indifférence de la France à l'égard de l'avenir du Québec. La séparatiste que vous êtes est-elle satisfaite ?
R: Je suis très satisfaite des déclarations de M. Hollande qui m'a indiqué qu'il se situait dans la continuité et dans la solidarité. Personne ne va décider à la place du peuple québécois de son avenir. Mais le jour où nous choisirons, nous voudrions justement qu'il n'y ait pas d'indifférence à notre endroit mais de la bienveillance et qu'il n'y ait pas non plus d'ingérence, c'est ce qu'a répété M. Hollande.
Quelles étapes envisagez-vous vers l'indépendance ? Un référendum est-il envisageable pendant votre mandat ?
A court terme, je ne crois pas qu'on puisse imaginer cela. Nous sommes un gouvernement minoritaire. Nos deux oppositions sont fédéralistes, ça ne suffit pas à nous donner la majorité. Et d'autre part on a un travail à faire auprès de la population québécoise parce qu'il y en qui ne sont pas convaincus. C'est une responsabilité que tous les souverainistes ont.
On dit que ce projet n'a plus la cote mais c'est aussi pertinent et nécessaire aujourd'hui que ça ne l'était il y a 40 ans. Les Québécois veulent plus de pouvoirs. Ils veulent un à un tous les pouvoirs, c'est de les avoir tous en même temps où ils ont des hésitations. On va faire avancer cette idée jusqu'à ce que nous puissions tenir un référendum et le gagner.
D'ici là, on va ne pas respecter les bras croisés et attendre le grand soir. Nous allons faire avancer le Québec, premièrement par le respect de nos compétences, ensuite par le rapatriement des sommes dépensées à Ottawa qui concernent nos compétences, la culture en est un bon exemple, et enfin dans certains cas par le rapatriement de nos pouvoirs.
Comment jugez-vous la montée des séparatismes en Ecosse, en Catalogne, ou en Flandre ?
Ce sont des mouvements qu'on observe, on a des contacts avec les Catalans, les Ecossais, un peu moins du côté des Flamands parce que c'est porté par des partis plus à droite alors que nous on est plutôt de centre-gauche. Je trouve ça intéressant ce qui se passe actuellement, les gens sont amenés à réfléchir suite aux difficultés économiques qu'ils vivent.
Q: Vous avez rencontré lundi le président François Hollande qui a réaffirmé la tradition de non-ingérence et non-indifférence de la France à l'égard de l'avenir du Québec. La séparatiste que vous êtes est-elle satisfaite ?
R: Je suis très satisfaite des déclarations de M. Hollande qui m'a indiqué qu'il se situait dans la continuité et dans la solidarité. Personne ne va décider à la place du peuple québécois de son avenir. Mais le jour où nous choisirons, nous voudrions justement qu'il n'y ait pas d'indifférence à notre endroit mais de la bienveillance et qu'il...

