Rechercher
Rechercher

À La Une - Liban

Charbel s'insurge contre la gestion ubuesque de Roumieh

"Nous avons nommé les pires membres de sécurité dans cette prison afin de maintenir l'équilibre confessionnel".

Le ministre libanais de l'Intérieur Marwan Charbel (centre) et le ministre de la Justice Chakib Cortbaoui (à sa droite) lors de l'inauguration de la salle d'audience à la prison de Roumieh, le 15 octobre 2012. Photo Dalati et Nohra.

Le ministre libanais de l'Intérieur Marwan Charbel a accusé lundi, lors de l'inauguration d'une salle d'audience à la prison de Roumieh, des gardes du centre pénitentiaire d'être responsables du "scandale" qui a éclaté la semaine dernière.

Vendredi, des responsables sécuritaires ont annoncé l'évasion de Roumieh de trois membres de Fatah el-Islam. Il s'agit d'un Palestinien, d'un Syrien et d'un Algérien, a précisé l'Agence nationale d'information (ANI, officielle). Selon les médias libanais, l'évasion aurait eu lieu il y a deux mois.

"Nous avons nommé les pires membres de sécurité dans cette prison afin de maintenir l'équilibre confessionnel", a lancé le ministre Charbel lors d'une conférence de presse.

"Je ne comprends pas comment des responsables de la sécurité ont pu aider des prisonniers à s'échapper. Ils seront sévèrement punis cette fois", avait déclaré, ce matin, Marwan Charbel sur les ondes de la Voix du Liban (VDL).

 

Lundi après-midi, onze militaires et deux officiers ont d'ailleurs été accusés de négligence et déférés devant le tribunal militaire, rapportent les médias locaux.

 

Marwan Charbel a précisé que la plupart des tentatives d'évasion avaient lieu lors des visites. "Pendant les visites, les proches entrent et sortent de la prison, il est plus facile de s'évader", a-t-il déclaré. Le responsable a par ailleurs souligné l'ancienneté du bâtiment, âgé de 50 ans.

"Cinquante portes détruites il y a deux ans lors d'une mutinerie n'ont toujours pas été correctement réparées car il faut plus de deux mois pour réparer chaque porte", a déploré le ministre. 

 

L'inauguration de cette salle d'audience a eu lieu en présence du ministre de la Justice Chakib Cortbaoui et de plusieurs responsables sécuritaires. 

"Cette salle d'audience va accélérer les procédures judiciaires de tous les détenus et pas seulement les détenus islamistes", a assuré le ministre de l'Intérieur.

De son côté, le ministre de la Justice a assuré que la situation dans la prison s'améliorera après le début des procédures judiciaires. "Les Forces de sécurité font de leur mieux afin de maintenir le calme au sein du centre pénitentiaire de Roumieh", a-t-il dit.
Selon lui, le Conseil supérieur de la magistrature s'est réuni et "plusieurs juges vont commencer à interroger les détenus" afin d'accélérer les procédures judiciaires. 

M. Cortbaoui a, par ailleurs, indiqué que la salle d'audience est très bien équipée : "Nous avons installé des glaces en verre résistant aux balles" et des écrans pour les vidéos-conférences entre juges.

Dimanche, les Forces de sécurités ont effectué des perquisitions dans le bâtiment "B" de la prison de Roumieh où sont détenus des membres du groupuscule islamiste Fateh el-Islam. Un bâtiment B, "où depuis plus de six ans, les forces de l’ordre ne pouvaient plus mettre les pieds", a indiqué à L’Orient-Le Jour une source informée.


Cette opération visait à rétablir l'ordre et a permis aux autorités de reprendre possession du bâtiment, afin de mettre terme aux multiples évasions des membres du groupe islamiste.


Capture d'écran montrant des couteaux et des outils confisqués
à la prison de Roumieh.

Les forces de l'ordre ont confisqué une grande quantité de matériel interdit après avoir fouillé ce bâtiment, pour la première fois depuis plusieurs années. Ils ont trouvé, notamment : des armes blanches de toutes tailles, des outils de menuiserie, des seringues, des couteaux et des téléphones portables.

 

Le forcing qui a eu lieu hier dans la prison de Roumieh "est historique à plus d’un point de vue", assure un responsable, puisque cette opération commando devrait en principe mettre fin à la loi de la jungle qui régnait dans ce bâtiment, ou plutôt de la loi du plus fort. Car, assure une source, "les FSI n’osaient pas accéder à l’aile où étaient retenus les membres du groupuscule islamiste, au nombre de 278, qui côtoyaient d’autres islamistes et toutes sortes de criminels dangereux, dont ceux qualifiés de terroristes". Une sorte de cocktail Molotov qui "contredit toute logique sécuritaire. Il n’est pas acceptable de rassembler dans un même endroit des éléments aussi dangereux", a confié une source sécuritaire qui rappelle qu’il n’existe plus aucune porte de séparation entre les prévenus.

 

Jusque-là, c’étaient bien eux qui faisaient régner la loi sur les lieux : "Ils décidaient qui devaient faire quoi, à quelle heure il fallait manger, prier", assure la source sur un ton désabusé. Bref, une sorte de mini-État créé à l’intérieur même de ce lieu carcéral dont les gardiens se sont eux-mêmes transformés en prisonniers et où les criminels en font à leur guise et décident de quitter les lieux quand bon leur semble.

 

C’était d’ailleurs les détenus eux-mêmes qui faisaient l’appel entre eux, et non les geôliers, confie une autre source autorisée qui rectifie l’information qui circulait dans les médias selon laquelle les prisonniers ont été portés disparus après l’appel fait à l’intérieur de la prison.



Le ministre libanais de l'Intérieur Marwan Charbel a accusé lundi, lors de l'inauguration d'une salle d'audience à la prison de Roumieh, des gardes du centre pénitentiaire d'être responsables du "scandale" qui a éclaté la semaine dernière.Vendredi, des responsables sécuritaires ont annoncé l'évasion de Roumieh de trois membres de Fatah el-Islam. Il s'agit d'un Palestinien, d'un Syrien et d'un Algérien, a précisé l'Agence nationale d'information (ANI, officielle). Selon les médias libanais, l'évasion aurait eu lieu il y a deux mois. "Nous avons nommé les pires membres de sécurité dans cette prison afin de maintenir l'équilibre confessionnel", a lancé le ministre Charbel lors d'une conférence de presse.
"Je ne comprends pas comment des responsables de la sécurité ont pu aider des prisonniers à s'échapper. Ils...
commentaires (4)

S'il n'y avait que ça d'ubuesque à l'intérieur du pays, Monsieur le ministre de l'Intérieur !...

Robert Malek

08 h 21, le 15 octobre 2012

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (4)

  • S'il n'y avait que ça d'ubuesque à l'intérieur du pays, Monsieur le ministre de l'Intérieur !...

    Robert Malek

    08 h 21, le 15 octobre 2012

  • J'ai oublie le "s" de "même".

    Daniel Lange

    08 h 12, le 15 octobre 2012

  • On nomme les ministres avec les même critères aussi.

    Daniel Lange

    07 h 22, le 15 octobre 2012

  • Monsieur Le ministre de l'intérieur s'insurge..Il a raison Oui c'est inadmissible surtout que cette prison a déjà été, parait il, l'objet de plusieurs mutinerie..Ce batiment B surtout. Je suppose qu'il y a eu des rapports à l'époque. Le ministre de l'intérieur en charge des prisons aurait dû "se bouger"...Ah mais zut...M Marwan charbel s'insurge et en veut aux responsables...Mais dites moi...C'est LUI le responsable non? Il a déjà visité cette prison lors des mutineries..Personne ne lui a chuchoté "M Le ministre le Batiment B est inaccessible? à l'époque?...Yalla ya bahdalé..Tout ministre, toute équipe ministérielle qui se respecterait aurait démissionné depuis déjà un bon moment Au moment où des tribus chiites avait commencé à kidnapper des civils, au moment où la milice pourrie du hezbollah avait interdit à la police l'accès à Nabi chit..(l'explosion des armes hezbollah) bref...Ce sont des gens qui n'ont aucun respect de soi, comment voulez vous qu'ils nous respectent? Même ce Aoun qui gueule contre le gouvernement MAIS il s'y plait et reste au sein de ce machin qu'on appelle gouvernement.

    jean-Pierre EL KHOURY

    06 h 53, le 15 octobre 2012

Retour en haut