Les Syriens encaissent leur destin comme à l’abattoir, au rythme des voitures piégées ; les Libanais aussi, mais sur fond de salivation baveuse. À Damas, le salon de l’auto, à Beyrouth, le salon où l’on cause. Et entre les deux, Tripoli où les agités du turban champignonnent à une telle vitesse qu’il faudrait un microscope laser pour repérer les deux ou trois derniers habitants encore en veston cravate. « Turban or no turban », telle est la question. Entre-temps, plus un jour ne passe sans qu’un vieux croûton local n’y aille de son cours magistral pour essayer de vendre la formule électorale qui lui permettra de rempiler les doigts dans le nez dans ce Parlement, transformé au fil des ans en une réserve de hurons. Dernier rigolo à se sentir morveux : Istiz Nabeuh. Feignant sans doute d’oublier qu’il fait partie des meubles de la République depuis plus de deux décennies sans aucune alternance, il a promis de gober tout projet de loi autour duquel s’entendraient les chrétiens. Ce qui ne mange pas de pain, vu que le Taulier de la Chambre sait très bien que ces derniers s’exècrent tant et si bien qu’ils se savonneront mutuellement la planche jusqu’au dernier. Faux-derche, va ! Entre le projet pseudo-orthodoxe de Ferzlius Gladiator, la proportionnelle du ministre de l’Intérieur aux deux prénoms, le confettis de circonscriptions de l’opposition et le fantasme du bulldozer monobloc des barbus et de leurs pendentifs, on continuera donc de bavasser de commission en sous-commission jusqu’à la veille du scrutin à minuit. Dommage que Michel du Château n’ait pas précisé cette fabuleuse recette au lieu de servir des bobards aux émigrés latinos. Dans l’état de délabrement du pays, faut être bien naïf pour penser qu’avec ces élections la bouse va tourner chantilly. Peu importe, le 14 Mars promet le champagne et le caviar, le 8 Mars la tisane et les petits pois... et les mafieux habituels se feront réélire à la sueur de leur banquier. N’en jetez plus, fermez le ban... et le Liban par la même occasion !
Les Syriens encaissent leur destin comme à l’abattoir, au rythme des voitures piégées ; les Libanais aussi, mais sur fond de salivation baveuse. À Damas, le salon de l’auto, à Beyrouth, le salon où l’on cause. Et entre les deux, Tripoli où les agités du turban champignonnent à une telle vitesse qu’il faudrait un microscope laser pour repérer les deux ou trois derniers habitants encore en veston cravate. « Turban or no turban », telle est la question.Entre-temps, plus un jour ne passe sans qu’un vieux croûton local n’y aille de son cours magistral pour essayer de vendre la formule électorale qui lui permettra de rempiler les doigts dans le nez dans ce Parlement, transformé au fil des ans en une réserve de hurons. Dernier rigolo à se sentir morveux : Istiz Nabeuh. Feignant sans doute d’oublier qu’il fait...
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