« Que peut penser un citoyen étranger en voyant à la télévision des images de fêtes inqualifiables ? Pour l’Italie, cela représente un dégât incalculable », a déclaré Mario Monti. Matthew Mirabelli/AFP
Les Italiens sont bombardés depuis des mois par des histoires de scandales financiers et détournements de fonds publics commis par des dirigeants de divers partis qui vivent dans le plus grand luxe, tandis que le citoyen moyen ressent de plus en plus durement la crise et les mesures d’austérité, avec leur cortège de hausses d’impôts, du prix de l’essence ou de l’électricité. Au début de l’année, une enquête sur l’utilisation des aides publiques aux partis a propulsé sur le devant de la scène le trésorier de l’ex-parti de centre gauche « La Marguerite », qui avait détourné près de 25 millions d’euros. En avril, le chef historique de la Ligue du Nord, Umberto Bossi, a été contraint à la démission, son entourage ayant puisé dans la caisse du parti, tandis que depuis l’été Roberto Formigoni, président de la plus riche région, la Lombardie, est sous enquête pour corruption. Restaurants, hôtels de luxe, achats de bijoux, vacances sous les tropiques. Le tout aux frais du contribuable. Les scandales se succèdent jusqu’au plus récent qui a entraîné la démission fin septembre de la présidente du Latium, la région de Rome, Renata Polverini, membre éminente du Peuple de la liberté (PDL), le parti fondé par Silvio Berlusconi.
« Nous pouvons imaginer l’effet de ces épisodes de corruption sur l’image de l’Italie. Que peut penser un citoyen étranger en voyant à la télévision des images de fêtes inqualifiables ? Pour l’Italie, cela représente un dégât incalculable », a ajouté M. Monti. Le décret sur la réduction des coûts de la politique « entraînera d’importantes économies, mais surtout permettra de ne pas détruire ultérieurement le rapport de confiance entre les citoyens et les institutions », a estimé M. Monti. Le décret prévoit une réduction drastique du nombre des élus régionaux, qui passeront de 1 396 à 790, et une réduction de leurs revenus (de 7 000 à 14 000 euros nets mensuels aujourd’hui, ils seront tous ramenés au salaire plancher), l’interdiction du cumul d’indemnités et jetons de présence ou une réduction du nombre des voitures de fonction.
Alors que, par le passé, des « baby retraités » ont touché des pensions à vie après seulement quelques années au sein des conseils régionaux, le régime des retraites sera plus sévère : seuls ceux ayant 66 ans révolus et ayant exercé des fonctions pendant au moins dix ans pourront en bénéficier. De plus, la Cour des comptes pourra exercer des contrôles préventifs avec l’aide de la police financière. Comme bon nombre de ces mesures ne peuvent être prises que par les conseillers régionaux eux-mêmes, l’État ne transférera pas les fonds aux régions si celles-ci ne sont pas vertueuses. Dans le cas contraire, les fonds reversés pourraient souffrir des réductions allant jusqu’à 80 %.
Par ailleurs, les maires et présidents de province ou de région seront inéligibles pour une période de dix ans s’ils sont reconnus coupables, même en première instance, de banqueroute de l’administration qu’ils dirigent. « Les scandales des dernières semaines, dans le Latium comme dans d’autres régions, ont indigné tout le monde et fait chuter les dernières résistances d’une classe politique toujours difficile à dompter, comme celle des administrations locales », écrit dans son éditorial La Stampa.
Le Corriere della Sera évoque pour sa part « la résignation » des dirigeants politiques face aux mesures du gouvernement Monti, car le carnage médiatique et judiciaire n’est peut-être pas terminé. Des enquêtes de la justice sont en effet toujours en cours dans le Latium mais également dans le Piémont, en Campanie, en Sicile ou en Émilie-Romagne.
(Source : AFP)


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