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L’ENA, une passerelle pour les fonctionnaires libanais

Depuis la création de l’École nationale d’administration (ENA) dans les années quarante, des dizaines de Libanais ont intégré cette prestigieuse institution qui a pour mission principale de former des hauts fonctionnaires français et étrangers.

Photo souvenir à la clôture de la 3e rencontre des cadres dirigeants de la fonction publique libanaise avec M. Max Brunner, directeur adjoint des relations internationales de l’ENA, et M. Patrice Paoli, ambassadeur de France au Liban.

Alia Moubayed était chef de service à la Banque centrale du Liban (BDL) lorsqu’elle intègre l’ENA en 1997 pour y effectuer un cycle international long. Après sa formation à Strasbourg, elle réintègre la BDL comme conseillère du ministre de l’Économie, avant de devenir directrice du Fonds de développement économique et social au Conseil de développement et de reconstruction. Aujourd’hui, elle est directrice responsable de la recherche sur la région MENA à la banque Barclays, à Londres, après avoir travaillé pendant six ans comme économiste à la Banque mondiale à Washington. « L’ENA a certainement joué un rôle positif dans l’évolution de ma carrière, que ce soit au sein du secteur public ou privé ou dans les organisations internationales », assure-t-elle. Un sentiment largement partagé parmi les énarques libanais. « L’ENA a constitué une véritable ouverture pour moi. Elle m’a permis d’accéder à de nouvelles perspectives professionnelles », confie Abir Abi Khalil, chargée de la protection de l’enfance à l’Unicef. Diplômée d’un master en travail social et d’un DESS en gestion des ressources humaines de l’USJ, Abir fait partie de la promotion 2008-2010 de l’ENA où elle dit avoir acquis, entre autres, des capacités d’analyse, de communication et
de négociation.

Une école d’application
« L’ENA est une école d’application. Les formations sont très pragmatiques. Les enseignements proposés comportent des études de cas et des stages dans des institutions françaises et européennes », explique Max Brunner, directeur adjoint des relations internationales de l’ENA, en visite au Liban pour la clôture de la 3e rencontre des cadres dirigeants de la fonction publique libanaise.
« Le stage que j’ai effectué à la direction du Budget à Bercy était d’un grand intérêt. Il m’a donné l’occasion de me familiariser avec les bonnes pratiques de l’administration française, notamment dans le domaine des finances publiques, l’élaboration du budget de l’État, la coordination interministérielle et particulièrement l’analyse des stratégies et réformes sectorielles liées à la politique de l’eau en France », se remémore Zeina Majdalani, ingénieure civile et experte économique, en charge du suivi des projets de développement et d’infrastructure au cabinet du Premier ministre, qui a effectué en 2011 un cycle international spécialisé d’administration publique.
Karim Bitar, directeur de recherche à l’Institut des relations internationales et stratégiques à Paris, a, lui, été admis à l’ENA à titre individuel en 1997 alors qu’il était étudiant à Sciences Po. Il affirme : « L’ENA permet d’acquérir une méthode de travail et une formation pluridisciplinaire. Mais ce qui est encore plus intéressant que la formation elle-même, c’est l’expérience humaine, les amitiés qui se créent entre les membres d’une promotion et les disciplines annexes comme la communication, les techniques de négociation et les visites aux différentes institutions françaises et européennes. » Zeina Majdalani acquiesce. « On nous avait organisé des visites d’études au Parlement européen, à l’Assemblée nationale, à la Commission européenne, à l’OTAN, au ministère des Affaires européennes et étrangères, au Sénat et à la Cour européenne des droits de l’homme », ajoute-elle avant de poursuivre en guise de conclusion : « L’échange d’expériences avec des hauts fonctionnaires de différentes nationalités, sélectionnés minutieusement par l’ENA, a sans aucun doute contribué à un développement significatif de mes horizons professionnels. »

Un processus très sélectif
Chaque année, l’ENA accueille 80 élèves français et 30 élèves étrangers en provenance des quatre coins du monde. « Les fonctionnaires étrangers apportent un autre regard sur les thématiques abordées. Et c’est là que l’apport étranger est un plus », explique Max Brunner.
Le recrutement des élèves étrangers est un long processus, d’une durée de six mois, et très sélectif. « L’ENA travaille main dans la main avec les Instituts français du monde entier, et notamment du Liban, pour recruter les candidats potentiels, ajoute-il. Les formations proposées s’adressent aussi bien à des hauts fonctionnaires qui ont déjà quelques années d’expérience qu’à de jeunes fonctionnaires, ou dans certains cas des étudiants qui démontrent un intérêt marqué pour la chose publique. »
La date limite de dépôt des dossiers de candidature auprès de l’Institut français est fixée au 31 janvier 2013. « Il est très important pour les candidats de bien se préparer aux entretiens. L’élève sera le collaborateur d’un haut fonctionnaire français et doit donc connaître les systèmes institutionnels français et européen ainsi que les grandes thématiques de l’Union européenne », conclut Max Brunner.

 

R.A.D.
Pour plus d’infos :
Le site de l’ENA : www.ena.fr
Le site de l’IF:
www.institutfrancais-liban.com

Alia Moubayed était chef de service à la Banque centrale du Liban (BDL) lorsqu’elle intègre l’ENA en 1997 pour y effectuer un cycle international long. Après sa formation à Strasbourg, elle réintègre la BDL comme conseillère du ministre de l’Économie, avant de devenir directrice du Fonds de développement économique et social au Conseil de développement et de reconstruction. Aujourd’hui, elle est directrice responsable de la recherche sur la région MENA à la banque Barclays, à Londres, après avoir travaillé pendant six ans comme économiste à la Banque mondiale à Washington. « L’ENA a certainement joué un rôle positif dans l’évolution de ma carrière, que ce soit au sein du secteur public ou privé ou dans les organisations internationales », assure-t-elle. Un sentiment largement partagé parmi les...
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