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Liban - Le Commentaire

Stratégie de défense : le chef de l’État court derrière son ombre

Quelles sont les chances d’application de la stratégie de défense nationale établie par le chef de l’État ? C’est en observant les réactions du Hezbollah à cette stratégie que l’on pourra apporter une réponse à cette question. Ce parti est en effet le seul à détenir des armes et une milice. Va-t-il mettre les intérêts du Liban avant les siens ? Son allégeance ira-t-elle au Liban plutôt qu’à l’Iran de la République islamique et au halo mystique dont cette République est entourée par ceux qui croient à la wilayet el-fakih et aux fins dernières ?
Pour le 14 Mars, en tout cas, il ne fait aucun doute que le Hezbollah va continuer à louvoyer, et il est vain d’espérer un quelconque amendement de son idéologie. À l’appui de cette conviction, le mouvement invoque les accords conclus par le passé, à la table de dialogue, et restés lettre morte : démantèlement des bases palestiniennes encore en place sur le territoire libanais ; délimitation des frontières entre le Liban et la Syrie ; contrôle de la contrebande d’armes et d’éléments armés à travers la frontière ; désarmement des Libanais, etc.
Au contraire, souligne le 14 Mars, la perte d’autorité de l’État libanais est telle, en cette année 2012, que le président Sleiman a inscrit le ramassage des armes aux mains de la population parmi l’un des trois objectifs stratégiques de l’armée libanaise, avec Israël et la menace du terrorisme.
L’histoire de la guerre du Liban, dont les années Sleiman, qu’on le veuille ou non, font partie, est pleine d’exemples de résolutions restées lettre morte, ou détournées de leurs fins par une action sournoise de la Syrie, ajoute le 14 Mars. L’un des exemples les plus frappants à ce sujet est la décision prise au sommet de Riyad de former une « force de dissuasion arabe » (FAD). Le président Sarkis pavoisa quand il apprit que cette force serait à sa disposition. Pour empêcher la Syrie d’exercer une quelconque domination sur cette force, on s’employa à l’étoffer d’éléments venus de divers pays arabes, dont l’Arabie saoudite. Peine perdue. C’est Raymond Eddé qui, à l’époque, aida le président Sarkis à revenir à de plus sobres attentes, en expliquant au chef de l’État qu’il ne pourra même pas déplacer de la place des Canons à Bab Idriss un seul soldat syrien, et que ce dernier continuera d’obéir aux ordres de Hafez el-Assad, plutôt qu’aux siens. La suite des choses prouva combien le grand Amid voyait juste. La FAD placée sous le commandement du président Sarkis bombarda Achrafieh cent jours durant, en 1978, et ce dernier dut menacer de démissionner pour que le pilonnage s’arrêtât.
Le même raisonnement vaut pour le Hezbollah et ses armes, estime le 14 Mars. Ce ne sera jamais le commandement de l’armée, le Conseil des ministres ou le chef de l’État, qui commandera à la résistance, mais l’Iran. À cela deux raisons, l’une matérielle, l’autre idéologique.
Matériellement, l’axiome qui s’applique en la matière est simplement que « qui donne ordonne ». D’autre part, l’idéologie du Hezbollah est une idéologie religieuse. Ce parti prend ses décisions en fonction d’une analyse qui combine facteurs militaires et facteurs religieux, alors que l’État libanais évolue dans une sphère civile et politique. L’État libanais évolue dans une sphère rationnelle. La philosophie de l’autorité qui préside à ses institutions commande l’existence d’une hiérarchie, et dans une démocratie parlementaire comme la nôtre, seule l’armée peut être au sommet de cette hiérarchie.
La résistance islamique, elle, est une instance politico-
religieuse. C’est pourquoi les deux ordres hiérarchiques de la résistance et de l’État sont et continueront d’être incompatibles, en dépit de toute la bonne volonté du monde. La résistance est et continuera d’être la « branche armée » de la révolution islamique au Liban, au risque de se renier elle-même.
Et que le général Michel Aoun ne scrute pas trop les photos publiées dans la presse, ou les deux bords de la route entre Rabieh et Batroun : il ne risque pas de voir les fameux pasdaran qui encadrent la résistance islamique. À la limite, du reste, les gardiens de la révolution n’ont pas besoin d’être sur place pour être obéis. L’important, ce n’est pas leur présence physique, mais l’échelle hiérarchique au sein de la résistance, même si elle est invisible aux yeux du commun des mortels, ce que M. Aoun est, jusqu’à nouvel ordre.
Et le 14 Mars de rappeler ce que l’ayatollah Khamenei disait encore, il y a à peine deux ans : « La défaite des États-Unis et de l’entité sioniste aura lieu au Liban. » Le guide de la République islamique parlait alors d’une « nouvelle ère » qui verrait le démantèlement de l’empire américain, une désintégration dont l’Iran serait l’un des instruments privilégiés.
C’est à se demander vraiment pourquoi le chef de l’État perd encore son temps sur une vue aussi fugitive de l’esprit.
Quelles sont les chances d’application de la stratégie de défense nationale établie par le chef de l’État ? C’est en observant les réactions du Hezbollah à cette stratégie que l’on pourra apporter une réponse à cette question. Ce parti est en effet le seul à détenir des armes et une milice. Va-t-il mettre les intérêts du Liban avant les siens ? Son allégeance ira-t-elle au Liban plutôt qu’à l’Iran de la République islamique et au halo mystique dont cette République est entourée par ceux qui croient à la wilayet el-fakih et aux fins dernières ? Pour le 14 Mars, en tout cas, il ne fait aucun doute que le Hezbollah va continuer à louvoyer, et il est vain d’espérer un quelconque amendement de son idéologie. À l’appui de cette conviction, le mouvement invoque les accords conclus par le passé, à la...
commentaires (4)

Attendez, l'autre tout le monde était content surtout la presse 14siste... Ah non hein, on change pas d'avis comme ça! Pas cool. Dites quèque chose Mister ze présidainte.

Ali Farhat

05 h 56, le 23 septembre 2012

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Commentaires (4)

  • Attendez, l'autre tout le monde était content surtout la presse 14siste... Ah non hein, on change pas d'avis comme ça! Pas cool. Dites quèque chose Mister ze présidainte.

    Ali Farhat

    05 h 56, le 23 septembre 2012

  • Snif, snif !

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    04 h 59, le 22 septembre 2012

  • Le malheur c'est qu'on leur demande de Dialoguer...Mais... QUI... et avec QUI ? Le Hakim a raison de ce qu'il dit en accusant H.N. de ne pas vouloir le Dialogue. Je ne cesse de lui réclamer d'y aller pour enfin mettre les points sur les ï ! Je me demande, quand à moi, est-ce avec H.N. et avec Berry qu'il faut Dialoguer ? Le fait est qu'à la fin ce sont "DES ÉTRANGERS" qui vont s'asseoir autour d'une table ronde pour Dialoguer, pour leurs intérêts respectifs, de NOTRE SORT et du SORT DE NOTRE PAYS !

    SAKR LEBNAN

    04 h 08, le 22 septembre 2012

  • Pourquoi "le Chef de l’État perd-il son temps sur une vue aussi fugitive de l'esprit" ? Mais, pour se "couvrir" face à ce futur post-baassyrien qui clairement apparait à présent.. Au cas où !

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    01 h 31, le 22 septembre 2012

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