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Nos lecteurs ont la parole

Qui sème le vent recolte la tempête

Émile SFEIR
Ce Liban qui croit être le flambeau du modernisme et qui, aux yeux de toute la planète, ressemble à une torche luisante par sa supériorité, son pluralisme, son régime démocratique dans cet Orient indéfinissable, ce Liban-là se trouve noyé dans des mouvances tribales, un clientélisme cynique, foulant aux pieds les valeurs humaines et patriotiques.
Ce Liban croit être un pays civilisé mais n’est qu’un avatar, ressemblant, par les agissements de certains de ses citoyens, à une horde.
Ce Liban aux multiples facettes, les unes reflétant sa suprématie culturelle et intellectuelle, ses valeurs antiques, sa supériorité médicale, ses sites touristiques, sa société évoluée et vivante, son climat tempéré et estival, son people hospitalier et bienveillant, les autres marquées par le vandalisme, les vols, les meurtres, les routes coupées, les diatribes hargneuses, les vociférations houleuses et les conflits armés.
Ce Liban, qui bénéficie du soutien des pays arabes du Golfe, lesquels contribuent largement à son développement et à son bien-être, et du fait que des millions de Libanais de tout bord y trouvent leur gagne-pain et sans lesquels le pays serait en état de chômage, ce Liban se trouve en proie aux menaces, aux enlèvements de ressortissants de ce pays, sous prétexte qu’il n’a pas aidé à libérer les otages retenus par les soi-disant rebelles qui ne sont nullement sous l’autorité de ces pays mais qui luttent contre la repression barbare du régime de Damas.
Ce Liban, qui se veut un symbole de neutralité, un message de coexistence entre les différentes civilisations et cultures, un havre de paix et de prospérité, un refuge pour les opprimés et les maladies, se retrouve ligoté par des accords extraterritoriaux dans les intérêts des contractuels eux-mêmes, faisant fi de ses spécificités pour l’entraîner dans des conflits le mettant en danger.
Ce Libanais, qui autrefois était partout respecté et considéré, se trouve actuellement brimé dans les aéroports internationaux où il est traité en tant que « terroriste présumé ». Ce Libanais, qui autrefois parcourait tout le Liban, sans risque aucun, n’ose plus sortir hors de sa ville ou même de son quartier de peur d’être arrêté ou maltraité. Ce Libanais qui, de tout temps, avait un toit qui le sécurisait, se trouve sans aucune couverture ou protection, sujet à toute sorte d’aventures... Oui, nous vivons actuellement en l’absence quasi totale de l’État et sous la houlette des bandes tribales. Ne nous étonnons par de voir bientôt d’autres clans ou familles former leur propre bande armée et s’octroyer ostensiblement le droit de dicter leur loi.
Cette situation est annonciatrice de crises aiguës : arrêt du tourisme, fermeture de restaurants, d’appartements meublés, de magasins de commerce, etc, arrêt des transferts dans les banques, arrêt des investissments dans l’immobilier, l’industrie, le commerce et la villégiature, progression du chômage et du banditisme, encouragement à l’émigration des jeunes, laissant ainsi le terrain libre aux imposteurs. Que ceux qui revendiquent d’avoir agi ainsi ont à supporter le poids qui s’en découle à tous les niveaux. Ils devraient faire leur le proverbe qui dit : «Celui qui sème le vent recolte la tempête.»

Émile SFEIR
Ingénieur
Ce Liban qui croit être le flambeau du modernisme et qui, aux yeux de toute la planète, ressemble à une torche luisante par sa supériorité, son pluralisme, son régime démocratique dans cet Orient indéfinissable, ce Liban-là se trouve noyé dans des mouvances tribales, un clientélisme cynique, foulant aux pieds les valeurs humaines et patriotiques.Ce Liban croit être un pays civilisé mais n’est qu’un avatar, ressemblant, par les agissements de certains de ses citoyens, à une horde.Ce Liban aux multiples facettes, les unes reflétant sa suprématie culturelle et intellectuelle, ses valeurs antiques, sa supériorité médicale, ses sites touristiques, sa société évoluée et vivante, son climat tempéré et estival, son people hospitalier et bienveillant, les autres marquées par le vandalisme, les vols, les meurtres, les...
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