Les écoles ont officiellement ouvert leurs portes en Syrie, le dimanche 16 septembre, alors que c'est dans beaucoup de ces écoles, comme ici à Damas, que les Syriens fuyant les violences se sont réfugiés. LOUAI BESHARA/
Malgré les violences qui font rage à travers la Syrie, l'année scolaire a débuté officiellement dimanche.
"Neuf cents écoles ont ouvert leurs portes à Damas" alors que des déplacés fuyant les violences dans leurs quartiers ou villes, ont cherché refuge dans treize écoles de la capitale, a indiqué à l'AFP Ammar Qaloo, un responsable de la préfecture de Damas.
Les médias officiels syriens ont de leur côté annoncé que "plus de 5 millions d'élèves et de 385.000 instituteurs et employés" faisaient leur rentrée.
Alors que selon l'Unicef plus de 2.000 établissements ont été détruits ou endommagés, et des centaines d'autres utilisés comme abris, le ministère de l'Education a assuré avoir pris toutes les mesures pour assurer "le bon fonctionnement de l'enseignement" dès le premier jour, selon l'agence officielle Sana.
Un employé dans un hôpital à Damas a indiqué avoir conduit ses deux garçons dans leur école à Machrouh Doummar, la banlieue ouest de la capitale. "Il y avait beaucoup de monde ce matin, les enfants étaient excités à l'idée de rentrer à l'école". A "Daouhat al-Hourrié", dans le centre de Damas, les parents, également nombreux ont accompagné leurs petits dans ce jardin d'enfants.
"Je n'ai pas envoyé mes deux enfants à l'école, tout simplement parce que les écoles sont fermées dans le quartier", s'est plaint un chauffeur de taxi résidant à Tadamoun, dans le sud de Damas, régulièrement bombardé.
Dans plusieurs villes comme Alep, les écoles sont restées fermées selon des habitants.
Pas de répit dans les violences
Sur le terrain, les bombardements intensifs des bastions rebelles et les combats sur plusieurs fronts ont repris dimanche de plus belle.
Depuis le matin, des secteurs de la province de Damas, de Deraa (sud), d'Alep (nord), de Hama, Homs (centre) et Deir Ezzor (est) sont la cible de raids aériens ou de l'artillerie lourde des forces du régime, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Le bruit des explosions et des échanges de tirs y était également entendu, alors que des combats faisaient rage dans des quartiers comme Hajar al-Aswad à la périphérie de Damas et en province, a précisé l'ONG qui s'appuie sur un réseau de militants sur place.
A Alep, la métropole du Nord dont plusieurs quartiers ont été dévastés par près de deux mois de violents combats, le quartier de Hanano était bombardé aux obus alors qu'un avion de combat a tiré des missiles sur celui de Sakhour, a poursuivi l'ONG.
Dix-huit civils et deux rebelles ont été tués à travers le pays, dont sept dans une attaque à l'explosif contre un autobus dans la région de Deraa, selon un bilan provisoire de l'OSDH.
Selon l'OSDH, plus de 27.000 personnes ont péri dans les violences en 18 mois, aucune percée n'ayant été enregistrée dans les efforts visant à trouver une issue au conflit.
Une contestation inédite contre le régime du président Bachar el-Assad a été lancée pacifiquement le 15 mars 2011 par des manifestations réprimées dans le sang. Elle s'est militarisée et aujourd'hui soldats et rebelles se livrent une véritable guerre.
La communauté internationale ne parvient pas à surmonter ses divisions sur le dossier syrien, la Russie, l'Iran et la Chine, des alliés du régime, refusant toute ingérence dans ce pays, alors que les Occidentaux, Arabes et Turcs veulent le départ de M. Assad.
L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi, qui a pris ses fonctions le 1er septembre, ne cesse d'ailleurs de répéter que sa mission destinée à trouver une solution était "très difficile".
Après son entretien samedi avec M. Assad à Damas, M. Brahimi qui se trouve toujours en Syrie, a tiré la sonnette d'alarme en mettant en garde contre le danger "pour la région et le monde" du conflit et affirmé qu'il n'avait "pas de plan" pour un règlement.
Quant à M. Assad il est resté inflexible en répétant devant son hôte sa volonté de poursuivre sa guerre contre les rebelles et de discuter avec les membres de l'opposition qu'il juge acceptables.
Dimanche, l'émissaire onusien a tenu des entretiens via Skype avec des chefs rebelles syriens, a affirmé à l'AFP un responsable de l'Armée syrienne libre (ASL) qui combat le régime de Bachar el-Assad.
"La conversation a été tenue entre M. Brahimi, le colonel Qassem Saadeddine (porte-parole de l'ASL à l'intérieur) et le colonel Khaled Hobous (chef du conseil militaire rebelle de Damas) et moi-même", a affirmé le colonel Abdel Jabbar al-Oqaidi, chef du conseil militaire à Alep. "Ils ont discuté de la situation générale en Syrie, notamment des destructions occasionnées par le régime".
"Nous sommes sûrs que Brahimi va échouer comme les autres émissaires avant lui, mais nous ne voulons pas être tenus responsables de cet échec", a ajouté le colonel, en référence notamment à Kofi Annan, prédécesseur de M. Brahimi.
Parallèlement, et pour la première fois, l'Iran a reconnu publiquement la présence en Syrie et au Liban voisin des membres des Gardiens de la révolution, garde prétorienne du régime, alors que les Etats-Unis et l'opposition accusent Téhéran d'aider militairement le pouvoir syrien.
(Lire aussi : Les Pasdaran iraniens présents en Syrie et au Liban sont de simples "conseillers"...)
L'appel du pape
Enfin, au dernier jour de sa visite au Liban voisin, le pape Benoît XVI a appelé à la paix en Syrie en demandant à la communauté internationale, particulièrement les arabes, à agir pour trouver des solutions aux conflits dans la région notamment en Syrie.
"Puisse Dieu concéder à votre pays, à la Syrie et au Moyen-Orient le don de la paix des coeurs, le silence des armes et l'arrêt de toute violence", a-t-il dit dans l'Angelus qui suit la messe, devant une foule de 350.000 personnes rassemblées sur le front de mer à Beyrouth.
Le souverain pontife avait déjà loué la veille le courage des jeunes Syriens. "J'ai appris qu'il y a parmi nous des jeunes venus de Syrie. Je veux vous dire combien j'admire votre courage", avait-il dit devant des jeunes rassemblés au siège du patriarcat maronite à Bkerké, au nord de Beyrouth.
"Neuf cents écoles ont ouvert leurs portes à Damas" alors que des déplacés fuyant les violences dans leurs quartiers ou villes, ont cherché refuge dans treize écoles de la capitale, a indiqué à l'AFP Ammar Qaloo, un responsable de la préfecture de Damas.
Les médias officiels syriens ont de leur côté annoncé que "plus de 5 millions d'élèves et de 385.000 instituteurs et employés" faisaient leur rentrée.
Alors que selon l'Unicef plus de 2.000 établissements ont été détruits ou endommagés, et des centaines d'autres utilisés comme abris, le ministère de l'Education a assuré avoir pris toutes les mesures pour assurer "le bon fonctionnement de l'enseignement" dès le premier jour, selon l'agence...



Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine