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Nos lecteurs ont la parole

La barque, ce n’est pas Pierre

Maya-Maria TORBEY

Une visite qu’ils n’attendaient pas. Un étranger. Un homme. Venu de nulle part, sinon d’ailleurs. Avant lui, ils étaient bien. Sans lui, ils discutaient. S’entretuaient?... Abattus, déçus, «ils parlaient de tout ce qui était arrivé ». (1) À deux, ils faisaient route...
Venu de nulle part, le voilà... à leurs côtés, les interrompant: «Quels sont donc ces propos que vous échangez en marchant?» Et eux s’arrêtèrent, le visage sombre: «Tu es bien le seul habitant (...) à ignorer ce qui y est arrivé ces jours-ci ! » (2)
En effet, nul autre que Lui ne semble faire la sourde oreille face aux cris de cette région en pleine ébullition. Et pourtant... le voilà aux premiers fronts, tantôt victime, tantôt « bourreau » ... Le voilà dans la ligne de mire des extrémistes qui brandissent « son drapeau » pour tuer – à défaut d’exiler – ceux qui, en Lui, un jour, s’étaient baptisés: Lui qui « s’était montré prophète puissant par ses actes et ses paroles, devant Dieu et devant tout le peuple... les chefs des prêtres et nos dirigeants l’ont livré, l’ont fait condamner à mort... l’ont crucifié ».(3)

* * *
Chers Jeunes du Liban,
L’espérance apportée par le Christ au cours des trois années passées avec Lui sur la Terre sainte semble avoir été anéantie avec sa mort. Cependant, tout en marchant sur la route, les pèlerins d’Emmaüs se rappellent le message du Seigneur, message d’amour et de charité fraternelle, message d’espérance et de salut. (...)
Dans toute existence, il y a des temps où Dieu semble faire silence comme dans la nuit du jeudi saint ; des temps de détresse comme le jour du vendredi saint où Dieu semble abandonner ceux qu’il aime; « et des temps de lumière comme à l’aube du matin de Pâques qui a vu la victoire définitive de la vie sur la mort « . (Jean-Paul II) (4)

 

* * *

C’était il y a 15 ans, quand, à Notre-Dame du Liban, le « saint béatifié » nous l’avait dit à tous : jeunes, moins jeunes... et ceux qui par leurs tiraillements ont vu leur âme vieillir.
Quinze ans après, 15 ans, 4 mois : voilà cet autre Pierre, à son tour, dans les pas de Celui qui a foulé le sol de Tyr, Sidon et Cana... il y a 2000 ans.
Le voilà dans ce pays baptisé « message » par son prédécesseur... un message que certains voudraient à tort piéger, par mécréance masquée, car divinisée. Le voilà en messager de paix, à l’instar de Celui qui nous a donné Sa paix.
Le voilà, Pierre, qui quitte sa barque romaine : « Seigneur, si c’est bien Toi, donne-moi l’ordre de venir à Toi sur les eaux. » (5) La tempête y est. Dans l’œil du cyclone, la région y est. Mais « viens », lui a-t-Il dit, là où l’Église pleure... « Et Pierre, descendant de la barque, se mit à marcher sur les eaux et vint vers Jésus. » (5)
Benoît, tout comme Pierre, marcherait sur les eaux s’il le lui est demandé.
Le voilà qui brave la tempête même... car il sait que « sans ses deux poumons, Orient et Occident, l’Église ne saurait bien respirer » (cf. Jean-Paul II).
Sans la présence de l’un ou l’autre, les deux disciples d’Emmaüs n’auraient point su faire route avec Lui...
« La barque se trouvait déjà éloignée de la terre, harcelée par les vagues, car le vent était contraire. » (6)
« Reste avec nous (Seigneur) : le soir approche et déjà le jour baisse. » (7)
Un membre du clergé l’avait bien dit :
Jean-Paul II ; on accourait pour le voir. On a fini par nous poser et apprendre à l’écouter. Benoît XVI, plutôt que le voir, c’est pour l’écouter. Mais on apprendra tout aussi à le voir et davantage l’aimer. L’un tout comme l’autre sont uniques. Alors...
Jean-Paul II fût-il ou Benoît XVI... la barque, ce n’est pas Pierre. C’est nous...
Soyons donc au rendez-vous. Le Christ y est déjà. À chaque instant.

Maya-Maria TORBEY

(1) : Luc 24, 14
(2) : Luc 24, 17-18
(3) : Luc 24, 19
(4) : Mot adressé par Jean-Paul II aux jeunes du Liban – Notre-Dame du Liban, Harissa, 10 mai 1997
(5) : Matthieu 14, 28-29
(6) : Matthieu 14, 24
(7) : Luc 24, 29

Une visite qu’ils n’attendaient pas. Un étranger. Un homme. Venu de nulle part, sinon d’ailleurs. Avant lui, ils étaient bien. Sans lui, ils discutaient. S’entretuaient?... Abattus, déçus, «ils parlaient de tout ce qui était arrivé ». (1) À deux, ils faisaient route... Venu de nulle part, le voilà... à leurs côtés, les interrompant: «Quels sont donc ces propos que vous échangez en marchant?» Et eux s’arrêtèrent, le visage sombre: «Tu es bien le seul habitant (...) à ignorer ce qui y est arrivé ces jours-ci ! » (2)En effet, nul autre que Lui ne semble faire la sourde oreille face aux cris de cette région en pleine ébullition. Et pourtant... le voilà aux premiers fronts, tantôt victime, tantôt « bourreau » ... Le voilà dans la ligne de mire des extrémistes qui brandissent « son drapeau »...
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