Toutes les 40 secondes, une personne meurt dans le monde suite à un suicide, selon un rapport de l’OMS. Photo demirmedya.net
Un million de personnes par an meurent par suicide, soit plus que les victimes de guerres et d’homicides réunies, un problème qui va en s’aggravant. C’est ce qui ressort du dernier rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) publié à Genève pour la dixième édition de la Journée mondiale de prévention du suicide célébrée hier.
« Une personne meurt dans le monde suite à un suicide toutes les 40 secondes environ, soit plus que le nombre combiné des victimes de guerres et d’homicides », indique l’OMS dans ce rapport. Le nombre de tentatives de suicide est encore plus important, avec 20 millions de tentatives par an. Environ 5 % des personnes dans le monde font une tentative de suicide au moins une fois dans leur vie, selon l’OMS.
Le problème s’aggrave et le suicide est « devenu un problème de santé majeur » pour l’OMS, a indiqué le Dr Shekhar Saxena, directeur du département santé mentale et abus de substances psychoactives à l’OMS. « Le suicide est une des grandes causes de décès dans le monde, et durant les dernières années, son taux a augmenté de 60 % dans certains pays », a-t-il ajouté.
Le suicide est la deuxième cause de décès dans le monde chez les adolescents de 15 à 19 ans, mais il atteint aussi des taux élevés chez les personnes âgées, indique l’OMS.
L’organisation onusienne souligne en outre qu’il y a trois fois plus de suicides chez les hommes que chez les femmes, quels que soient les classes d’âge et les pays considérés. En revanche, il y a trois fois plus de tentatives de suicide chez les femmes que chez les hommes. La disparité entre ces deux statistiques s’explique par le fait que les hommes emploient des méthodes plus radicales que les femmes pour mourir.
L’OMS a relevé les taux de suicide les plus élevés dans le pays d’Europe de l’Est, comme la Lituanie ou la Russie. Les taux les plus bas se situent en Amérique centrale et du Sud, dans des pays tels que le Pérou, le Mexique, le Brésil ou la Colombie. Les États-Unis, l’Europe et l’Asie sont dans le milieu de l’échelle. Il n’y a cependant pas de statistiques pour de nombreux pays africains et certains pays d’Asie du Sud-Est.
Une stratégie nationale
Vu la magnitude du problème, l’OMS appelle les gouvernements à développer une stratégie nationale pour prévenir le suicide. « Sans une telle stratégie, les gouvernements ne peuvent pas mettre en place des mécanismes pour faire face au problème », insiste l’OMS dans le rapport. Elle explique ainsi qu’une telle stratégie « est une reconnaissance des comportements suicidaires qui constituent un problème majeur de santé publique ». Elle traduit la volonté des gouvernements à endiguer ce problème, estime l’OMS, qui souligne que la prévention du suicide est une approche multidisciplinaire qui implique plusieurs parties, notamment les parlementaires, les ministères de la Santé, de l’Éducation et des Affaires sociales, les corps médical et infirmier, les départements de santé mentale, les ONG et les médias.
Dans le cadre de cette stratégie, des efforts doivent être menés pour lever le tabou sur ce problème, d’autant que « le tabou » et la « discrimination » dont sont victimes les personnes dont un membre de la famille s’est suicidé ou les personnes qui ont tenté de mettre fin à leur vie empêchent les personnes vulnérables à rechercher une aide professionnelle, préconise l’OMS.
(Sources : AFP et rapport de l’OMS)


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