S’ajoute un taux de chômage touchant un jeune sur cinq (22 %) et de sous-emploi de 17,7 % dans la même tranche d’âge de 16 à 24 ans, selon l’Office national des statistiques, alors que 70 % des 37 millions d’Algériens ont moins de 35 ans. L’économie, basée sur la rente des hydrocarbures (98 % des exportations), est fragilisée par les soubresauts du pétrole à l’international. En 2010-2011, l’Algérie n’a pas dépassé les 3 % de croissance, surtout tirée par les dépenses publiques. Le tout agrémenté de 190 milliards de dollars de réserves de change au 1er septembre, dont 83 % placées à l’étranger.
Dans ce contexte, la Fédération nationale du secteur des communes (FNSC, autonome) a lancé mardi une grève de huit jours, diversement suivie, tout en maintenant un service minimum. « Nous lançons un appel au nouveau Premier ministre (...) pour qu’il se penche sur notre dossier » (statut, évolution de carrière et salaires), a déclaré le président du FNSC, Aït Khalifa Ezzeddine, au quotidien Temps d’Algérie d’hier.
Alors que la rentrée scolaire a lieu dimanche, les instituteurs sont surchargés d’élèves, avec notamment 200 000 de plus dans le secondaire, selon le Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire (Snapest). « Aujourd’hui même, on nous a versé les rappels des augmentations de salaires et des primes. Cela signifie que tout est fait pour éviter une grève dans le secteur de l’éducation », a déclaré le président du Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE, autonome) Mohammad Bennaoui. Il a cependant indiqué qu’aucune grève n’était envisagée dans l’immédiat. Un nouveau ministre de l’Éducation, Abdelatif Baba Ahmad, a été nommé mardi pour succéder à Aboubakr Abdelkader Bendouzid qui était en poste depuis 19 ans.
Les militaires à la retraite, les secteurs du transport et de la santé ne sont pas en reste. Sous une grande pression l’année dernière, avec de nombreuses grèves et manifestations, l’État avait alloué un budget supplémentaire de 3,2 milliards d’euros aux augmentations salariales.
Pour M. Metboul, l’objectif du gouvernement est de préparer l’élection présidentielle d’avril 2014 « sans remous sociaux avec entre-temps certainement la révision constitutionnelle ». Il n’envisage ainsi « aucun changement de cap de la politique économique ». Après les élections législatives du 10 mai, qui ont maintenu le parti présidentiel Front de libération nationale (FLN) largement en tête à l’Assemblée (208 sièges sur 462), les Algériens vont devoir voter le 29 novembre aux municipales.
La presse s’interrogeait également hier sur la capacité de changements de la nouvelle équipe ministérielle, dirigée par un très proche du président Abdelaziz Bouteflika pour avoir dirigé ses deux dernières campagnes électorales (2004 et 2009). Certes, six « dinosaures », dont le Premier ministre Ahmad Ouyahia, en poste depuis 2008 sont partis mais les postes-clés n’ont pas changé de mains.
(Source : AFP)

