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Lifestyle - Société

Pianosa, une île paradisiaque où des détenus cuisinent pour les touristes

À la fermeture de la prison, la coopérative San Giacomo a trouvé le moyen de réintégrer ses prisonniers dans le monde du travail.

La petite île de Pianosa représente une seconde chance pour nombre de détenus. Fabio Muzzi/AFP

À Pianosa, un confetti perdu au sud de l’île d’Elbe, les touristes sont accueillis par des hôtes pas comme les autres : cinq détenus en fin de peine qui préparent leur réinsertion dans la société en gérant un bar-restaurant et un hôtel d’une douzaine de chambres.
À première vue, rien ne distingue ce paradis aux eaux turquoise d’un îlot des Maldives : mer limpide, bancs de poissons, plage de sable fin... Si ce n’est le haut mur d’enceinte en béton gris qui entourait la prison de haute sécurité où étaient encore enfermés jusqu’en 1998 des boss de la mafia. Lorsque la prison de Pianosa a été fermée, la coopérative sociale San Giacomo, active depuis 2000 à la prison de Porto Azzurro sur l’île d’Elbe, a décidé de réinvestir les lieux avec un projet professionnel de réinsertion pour ses détenus dans l’île devenue réserve naturelle. « C’est une initiative très positive. Cela permet à ces personnes de se réintégrer progressivement dans la société, de manière moins traumatisante que s’ils sortaient du jour au lendemain », explique le vice-président de la coopérative, Brunello De Batte, accoudé au comptoir du bar. « Au fil des années, j’ai vu ces détenus mûrir, prendre des responsabilités, totalement changer par rapport à leur arrivée ici (...) Grâce au travail de chacun, mis en commun avec celui des autres, ils ont développé un sens d’appartenance au groupe », se réjouit-il.
Actuellement, cinq détenus condamnés à de longues peines travaillent à Pianosa comme serveurs, cuistots ou réceptionniste : deux en contrats à durée indéterminée et trois en CDD (à durée déterminée). Parmi eux, Filippo, un Sicilien de 32 ans aux yeux bleus pétillants. « La vie m’a donné une seconde chance, je me sens de nouveau accepté par la société », raconte-t-il en refaisant le lit d’une des douze chambres dont il a la charge. Mais le premier contact avec les visiteurs n’est pas toujours facile ! « Les gens ont des préjugés, et c’est normal, mais je cherche tout de suite à les faire changer d’avis. Leur faire comprendre qu’un détenu, c’est quelqu’un de normal », témoigne Filippo, qui a encore deux ans et demi à purger. « Ce n’est pas parce que vous êtes détenu que vous avez quatre bras ! On est des êtres humains. Et tout le monde peut se tromper », confie-t-il en baissant les yeux. « Je veux réussir à montrer aux clients que je suis normal », ajoute-t-il, sans préciser le motif de son incarcération.
Les pâtes préparées avec du poisson frais pêché dans les eaux cristallines de l’île, l’une des sept de l’archipel toscan, contribuent aussi à détendre l’atmosphère avec les touristes. Parmi eux, Benedetto, un trentenaire brun qui promène son bébé en poussette. « J’ai mangé avant-hier soir des pâtes au rouget superbonnes », glisse-t-il dans un sourire. « Moi, je trouve ça très bien comme initiative », conclut-il avant de poursuivre sa promenade dans le petit port désert au charme désuet.
Ce programme n’est accessible qu’aux détenus qui ont déjà purgé les deux tiers de leur peine et ont eu une conduite exemplaire en prison. Grâce à la profession apprise sur l’île, la réinsertion est en général un succès : un ex-détenu est ainsi devenu maçon. Malgré cela, la coopérative vit des heures difficiles car les abattements fiscaux dont elle bénéficiait ont été suspendus. De plus, avec la crise, le nombre de touristes sur l’île a également diminué. Du coup, le nombre de détenus employés sur Pianosa a été réduit l’an passé de huit à cinq. Filippo ne veut pas croire à la fin de l’aventure et préfère en rire : « Il y a le risque que tout aille à vau-l’eau, mais si ça s’arrête, j’irai me reposer un peu entre les quatre murs de la prison. »
Mais Brunello De Batte n’a pas dit son dernier mot et continue d’aller de l’avant : il espère même ouvrir sur l’île un centre de formation professionnelle pour détenus.
(Source : AFP)
À Pianosa, un confetti perdu au sud de l’île d’Elbe, les touristes sont accueillis par des hôtes pas comme les autres : cinq détenus en fin de peine qui préparent leur réinsertion dans la société en gérant un bar-restaurant et un hôtel d’une douzaine de chambres.À première vue, rien ne distingue ce paradis aux eaux turquoise d’un îlot des Maldives : mer limpide, bancs de poissons, plage de sable fin... Si ce n’est le haut mur d’enceinte en béton gris qui entourait la prison de haute sécurité où étaient encore enfermés jusqu’en 1998 des boss de la mafia. Lorsque la prison de Pianosa a été fermée, la coopérative sociale San Giacomo, active depuis 2000 à la prison de Porto Azzurro sur l’île d’Elbe, a décidé de réinvestir les lieux avec un projet professionnel de réinsertion pour ses détenus...
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