Stéphane Bazan, directeur de l’unité des nouvelles technologies éducatives à la faculté des sciences de l’éducation de l’USJ et chargé de recherche à l’unité interdisciplinaire de recherche en Web science, Cemam.
La répression sur le Web en Syrie est le thème de la première étude présentée par l’UIR de l’USJ. La présentation, intitulée « Infowar in Syria », guerre de l’information en Syrie, rédigée par Sabrine Saad, Stéphane Bazan, Sophia el-Amine, Addis Tsfa et Christophe Varin, a été très bien reçue par le public interdisciplinaire de la conférence. « Cette étude montre comment dans un cas unique de guerre civile en ligne, les belligérants utilisent le Web, à la fois, comme outil de libération et de répression, explique Stéphane Bazan, chargé de recherche à l’IUR en Web science et directeur de l’unité des nouvelles technologies éducatives de la faculté des sciences de l’éducation. Les méthodes utilisées par le régime syrien pour identifier et traquer les opposants grâce au Web sont expliquées tant sur le plan technique que sur le plan politico-stratégique. »
La seconde présentation, intitulée « Teaching the Web with the Web Science » (enseigner le Web avec la Web science), présentée par Stéphane Bazan et Su White, de l’Université de Southampton, a pris la forme d’un atelier interactif réunissant plus d’une vingtaine de participants de différentes universités américaines, anglaises, hollandaises et coréennes.
Il est à noter que c’est la première fois qu’un membre de l’UIR en Web science – Stéphane Bazan – fait partie du comité scientifique d’une conférence ACM (Association for Computing Machinery), principale organisation scientifique internationale en science de l’informatique.
D’autre part, l’an dernier, lors de la conférence internationale en Web science qui a lieu en Allemagne au mois de juin, l’UIR a remporté le premier prix du poster scientifique pour une étude sur la cyberguerre entre Israël et le Hezbollah pendant la guerre de 2006. « C’était la première fois qu’une étude en relations internationales remportait un premier prix à une conférence ACM », précise le chef de l’UIR.
L’UIR, rattachée au Centre d’études pour le monde arabe moderne (Cemam) de la faculté des lettres et des sciences humaines de l’USJ, est composée d’une équipe permanente de trois assistants de recherche, de trois stagiaires et d’une dizaine de chercheurs permanents. L’unité travaille selon trois axes de recherche : cyberguerre, Web et éducation, Web et société arabe. « Les chercheurs participent à plusieurs recherches internationales et sont impliqués à haut niveau dans les réflexions sur les programmations scientifiques européennes pour horizons 2020 et dans la conception des curricula en Web science à travers le consortium WSCD (Web Science Curriculum Development) », indique Stéphane Bazan.
Un nouveau master en Web science à la FSE
La faculté de sciences économiques (FSE) de l’USJ, à l’initiative de son doyen Joseph Gemayel, propose dès la rentrée prochaine un master en Web science et économie numérique. « Nous voulons pour la première fois enseigner le Web, non plus comme un simple objet technologique, mais dans toutes ses dimensions interdisciplinaires. Le Web modifie la société de façon très importante et aucune science ne suffit aujourd’hui à comprendre son impact. C’est pourquoi nous avons transformé l’ancien master en économie des NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication) en un master en Web science et économie numérique, explique Stéphane Bazan. Ce master permettra de comprendre l’impact du Web sur l’économie et la finance, de proposer de nouvelles approches pour modéliser la Web économie et d’essayer d’anticiper les pratiques du futur. » Les étudiants étudieront les principes techniques et le développement du Web, sa géographie industrielle, les modèles de réseaux, les nouvelles théories économiques et produiront des recherches sur l’impact de ces nouvelles approches dans le monde économique. « L’objectif est de donner aux étudiants une nouvelle vision de ce qu’est le Web aujourd’hui, loin de la simple utilisation de Facebook ou Google », poursuit le responsable de l’IUR. La FSE n’est pas la seule faculté à proposer une telle approche. « Sept cours orientés Web science et Web culture sont proposés à l’USJ dans différents cursus ». Ce nouveau master fera appel à de nombreux professeurs étrangers qui proposeront des séminaires tout au long de l’année.
« L’UIR en Web science de l’USJ est une tentative originale de combiner recherche, innovation, formation et initiation à une approche nouvelle, conclut le chercheur. La Web science est encore jeune, et utiliser l’approche interdisciplinaire pour observer, modéliser et enseigner un objet qui évolue aussi rapidement demande de nouveaux outils, de nouvelles méthodes, mais aussi une grande ouverture d’esprit. En développant l’enseignement du Web et de son impact dans des formations disciplinaires, l’USJ est sur une voie vraiment innovante ».

