Deux combattants de l'ASL, le 13 août 2012, dans le quartier Salaheddine, à Alep, que l'armée contrôle désormais en grande partie. PHIL MOORE/
Les rebelles syriens ont affirmé lundi avoir abattu un avion de combat MiG 23 dans l'est du pays, ce qui serait une première depuis le début de la rébellion il y a dix-sept mois. Une autre première, la décision de suspendre la Syrie de l'Organisation de coopération islamique (OCI), lors de la réunion ministérielle préparatoire du sommet islamique de La Mecque.
Sur le terrain, le porte-parole de l'Armée syrienne libre (ASL, rebelles) Kassem Saadeddine, a déclaré que l'ASL avait abattu un avion de l'armée régulière dans la région de Deir Ezzor, "avec une balle de 14,5 mm tirée par une mitrailleuse anti-aérienne".
Une vidéo amateur mise en ligne par des militants sur YouTube montre un appareil visiblement touché, sur fond de tirs nourris.
Une source militaire citée par l'agence officielle Sana a confirmé cette perte, attribuant la chute de l'appareil à une "panne technique" qui a obligé le pilote à s'éjecter.
Un groupe d'insurgés a de son côté affirmé avoir capturé le pilote dans une vidéo en ligne montrant une homme barbu, entouré de trois hommes en arme, qui affirme être le pilote et avoir eu pour mission de "bombarder la ville de Mouhassane", à 400 km à l'est de Deir Ezzor.
Alep
En revanche, l'armée est entrée, à l'aide de chars et de blindés, à Seif al-Dawla, quartier tenu par les rebelles à Alep, la grande métropole du nord, a affirmé l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), faisant état d'affontements dans ce quartier.
L'armée avait lancé la semaine dernière une première offensive terrestre sur un autre quartier de l'ouest d'Alep, Salaheddine, le premier pris par la rébellion, que l'armée contrôle désormais en grande partie.
Des rebelles syriens ont appelé la communauté internationale à leur venir en aide alors que les troupes gouvernementales avançaient lundi en direction de quartiers rebelles de la deuxième ville du pays.
"Pourquoi le gouvernement de votre pays ne fait rien pour nous aider?", a lancé à un photographe occidental de l'AFP Abou Ahmad, un combattant du bataillon de Chouhada al-Atareb (les Martyrs d'Atareb) dans quartier rebelle de Soukkari, à Alep (nord).
"En Libye, ils ont aidé à faire tomber (l'ancien dictateur Mouammar) Kadhafi, mais en Syrie ils nous laissent mourir", a affirmé le combattant, dont le groupe tire son surnom de la ville d'Atareb, dans la province d'Alep, qui fut le théâtre de nombreuses batailles ces 17 derniers mois.
Toutes les communications avec la ville d'Alep étaient coupées, signe qui précède en général un assaut majeur sur cette ville, enjeu crucial dans la bataille que se livrent l'armée et les rebelles.
Abou Ahmad a appelé à une "zone d'exclusion aérienne" afin de protéger les rebelles des attaques menées par les hélicoptères et les avions de combat de l'armée régulière.
Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a également appelé à la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne près des frontières avec la Turquie et la Jordanie, à la manière dont cela s'était produit en Libye.
Damas
A Damas, l'armée a bombardé des quartiers du sud de la capitale et mené pour la première fois une campagne de perquisitions de grande envergure dans la vieille ville, où 70 barrages bloquent l'une des artères les plus animées.
Les services de sécurité ont arrêté 22 personnes et fouillé un cimetière à la recherche d'armes selon l'OSDH, qui s'appuie sur un réseau de témoins et militants.
Des affrontements avaient lieu également dans la ville rebelle de Harasta, au nord-est de la capitale, de même qu'à Deir Ezzor et dans plusieurs localités tenues par les rebelles dans cette région proche de l'Irak.
Selon un premier bilan provisoire de l'OSDH, 87 personnes sont mortes lundi, dont 49 civils, 28 soldats et 10 rebelles.
Exactions
Alors que les violences ont fait plus de 21.000 morts depuis le début en mars 2011 de la révolte contre le président Bachar el-Assad, rebelles et armée se sont livrées à de nouvelles atrocités ces derniers jours.
Des vidéos particulièrement horribles montrant des des rebelles syriens jetant des corps du toit d'un bâtiment ou égorgeant sauvagement un homme ont circulé lundi sur Internet et suscité l'indignation des ONG des droits de l'Homme et de militants. Ces trois vidéos postées sur Youtube, qui n'ont pu être ni authentifiées ni datées et qui semblent avoir été tournées dans la région septentrionale d'Alep, montrent aussi un homme assassiné froidement.
Le chef de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, a indiqué que si ces vidéos étaient authentifiées, il condamnait fermement ces "atrocités".
Le 8 août, des activistes et des membres de l'ASL avaient rédigé un "code de conduite" signé par plusieurs commandants de brigades dont l'article 2 stipulait : "Je jure à mon peuple et à la révolution que je ne ferai rien qui porte atteinte aux principes de la révolution, de la liberté, de la citoyenneté et de la dignité".
A Homs (centre), des soldats aidés de miliciens ont "exécuté" dix jeunes choisis parmi une foule de 350 personnes rassemblées sur une place du quartier de Chamas, selon le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition. Cette information n'a pu être confirmée de source indépendante.
Parallèlement, un journaliste de l'agence officielle Sana, Ali Abbas, a été assassiné samedi soir à son domicile dans la province de Damas, ont indiqué l'agence et l'OSDH.
Diplomatie
Malgré l'escalade des violences et de la répression, la communauté internationale peine à s'accorder sur un règlement de la crise en Syrie.
Dans une nouvelle tentative diplomatique, un sommet de deux jours réunissant des dirigeants des 57 pays de l'Organisation de coopération islamique (OCI) doit aborder mardi à La Mecque la question syrienne, qui divise profondément les nations musulmanes.
En réunion lundi soir pour préparer le sommet, les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'OCI se sont mis d'accord pour suspendre l'adhésion de la Syrie, a rapporté une source au sein de l'organisation.
"La séance vient de se terminer. Les ministres ont adopté les résolutions, parmi lesquelles figure la suspension de la Syrie comme pays membre", a déclaré cette source à Reuters.
"Un projet de résolution a été adopté à la majorité absolue" des participants à la réunion et il "sera soumis à l'approbation des dirigeants" au sommet de La Mecque, a confirmé le secrétaire général de cette organisation, Ekmeleddin Ihsanoglu.
L'Iran avait fait savoir qu'il s'opposait à une telle démarche.
L'opposition syrienne et Washington accusent l'Iran de fournir armes et assistance militaire à Damas, tandis que Téhéran fait le même reproche aux pays occidentaux, à la Turquie, à l'Arabie saoudite et au Qatar avec les rebelles.
Les Etats-Unis ont indiqué pour leur part, lundi, qu'ils n'écartaient aucune hypothèse pour obtenir le départ du président syrien au moment où des rumeurs refont surface sur la mise en place éventuelle d'une zone d'exclusion aérienne.
"Le président et son équipe n'écartent aucune hypothèse alors que nous essayons de trouver, avec tous nos partenaires et le peuple syrien, une solution pour une transition politique" en Syrie, a déclaré Jay Carney, porte-parole de la Maison Blanche.
Mais M. Carney n'a pas fait référence explicitement à la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne et a souligné que l'approche actuelle des Etats-unis, qui consiste à aider les rebelles par des moyens non militaires et à mettre en oeuvre des sanctions économiques, mettait sous pression le régime Assad.
Le chef de la diplomatie française entame de son côté mercredi une tournée dans les pays voisins de la Syrie, officiellement pour "exprimer le soutien" de la France aux réfugiés.
D'autre part, le diplomate représentant la Syrie au Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU a rejoint l'opposition, une semaine après la défection du Premier ministre Riad Hijab. Il s'agit de Dany a- Baadj, troisième secrétaire de la mission permanente de la Syrie auprès de l'ONU à Genève où il siégeait au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies (CDH).
Des pourparlers supervisés par Assad?
Sur un autre plan, Damas accepterait la tenue de pourpalers avec l'opposition pour mettre fin au conflit à condition que ceux-ci soient supervisés par Bachar el-Assad, a annoncé lundi l'ambassadeur de Syrie en Iran, Hamed Hassan.
Le diplomate syrien a déclaré que son gouvernement avait coopéré à la mise en oeuvre de la mission conjointe des Nations unies et de la Ligue arabe que d'autres Etats ont, selon lui, sabordée, a rapporté l'agence de presse officielle Irna.
Il a réitéré la position syrienne selon laquelle le gouvernement de Damas était attaqué par des groupes "terroristes".
Réfugiés
Enfin, environ 7.000 Syriens ont par ailleurs fui vers la Turquie passant la frontière ces trois derniers jours, alors que les violences s'aggravent dans leur pays, et leur nombre atteint 60.000 au total, a annoncé lundi la Direction turque des situations d'urgence.
La Turquie accueille ces milliers de réfugiés dans des camps installés dans le sud du pays. Des militaires déserteurs syriens sont dans un camp séparé proche de la frontière où la sécurité est renforcée.
Lundi, les autorités turques se sont réunis à Ankara avant un conseil des ministres pour discuter de la création éventuelle de nouveaux camps de réfugiés, a rapporté l'agence de presse Anatolie.
En Jordanie, la police a dispersé un groupe de Syriens mécontents de leurs conditions de vie dans un camp de réfugiés. La Jordanie héberge 150.000 réfugiés syriens.
La secrétaire générale adjointe des Nations unies aux affaires humanitaires, Valérie Amos, est attendue quant à elle en Syrie et au Liban de mardi à jeudi.
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Une source militaire citée par l'agence officielle Sana a confirmé cette...



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ASSAD vit dans le déni de la réalité: Il n'a tjrs pas compris qu'il est HORS JEU?? Bien que ce ne soit pas un jeu..ASSAD n'a plus sa place en syrie...Du moins la syrie avec les frontières actuelles.
17 h 21, le 13 août 2012