Le président du Conseil italien, Mario Monti, et son homologue finlandais, Jyrki Katainen, hier, à Helsinki. Mikko Stig /Lehtikuva /Reuters
Le président du Conseil italien, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse à Helsinki après une rencontre avec son homologue finlandais Jyrki Katainen, a également estimé que les propos tenus la semaine dernière par le président de la BCE, Mario Draghi, étaient « audacieux et appropriés ». Mario Draghi a suscité de fortes attentes sur une initiative de la BCE pour enrayer la crise de la zone euro, en déclarant la semaine dernière que l’institution monétaire était prête à faire tout ce qu’il faudrait dans les limites de son mandat pour préserver l’euro.
Mario Monti fait de son côté campagne auprès de ses homologues européens en faveur d’une intervention du fonds de sauvetage européen pour faire baisser les coûts de financement de l’Italie et de l’Espagne, malmenées sur les marchés. La Finlande, l’un des quatre derniers pays de l’union monétaire disposant d’une note de crédit « triple A », et, parmi ceux-ci, le seul doté d’une perspective stable auprès de l’agence Moody’s, a affiché jusqu’à présent une position sans concession sur la question des plans de sauvetage européens.
Le gouvernement de Jyrki Katainen est certes favorable à l’euro, mais il a exigé des garanties (collatéraux) en échange des prêts consentis aux pays fragilisés de la région et s’est fermement opposé au rachat d’obligations souveraines par le fonds de secours européen. Le Premier ministre finlandais a reconnu lors de sa conférence de presse commune avec Mario Monti que les taux d’intérêt étaient trop élevés dans certains pays comme l’Italie et que les marchés de la dette souveraine ne reflétaient pas correctement la situation économique de certains pays. « Il est clair que (...) le marché de la dette souveraine dans la zone euro n’est pas dans une situation normale. Les marchés financiers ne sont pas en train d’évaluer tous les pays membres comme ils le devraient », a-t-il déclaré. « Cela veut dire qu’il nous faut une double approche. En premier lieu, les pays doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir, et nous avons besoin d’une sorte de solution européenne afin d’apaiser la réaction des marchés », a-t-il ajouté.
Jyrki Katainen a cependant de nouveau rejeté les propositions visant à permettre au fonds de sauvetage européen de racheter des obligations sur le marché secondaire. « Nous avons été très critiques (de cette idée) parce que nous ne pensons pas que ce soit le moyen le plus efficace d’utiliser des fonds. Nous craignons que le MES ou le FESF (Fonds européen de stabilité financière, auquel le MES est appelé à succéder) se retrouvent trop rapidement à court d’argent », a-t-il conclu.
(Source : Reuters)

