Les sportifs les plus superstitieux s'exposent à un risque, celui de se retrouver pris au piège de leur routine. Ezra Show/AFP
Lorsque le nageur américain Michael Phelps se prépare avant une course, il enlève ses écouteurs, fait trois moulinets de bras et monte sur son plot de départ. Jamais il ne dévie de cette routine.
Lorsque Serena Williams, qui attaque elle aussi la compétition olympique ce samedi à Londres, entre sur un court, elle lace toujours ses chaussures de la même manière, et fait rebondir la balle cinq fois.
Malgré les progrès techniques et les budgets engloutis dans la préparation, les sportifs et la superstition font toujours bon ménage et la quinzaine olympique de Londres fournira l'occasion de s'en rendre compte une nouvelle fois.
Pour les psychologues, rien d'étonnant. La superstition et les rites irrationnels, expliquent-ils, sont souvent associés à des situations de stress et d'incertitude.
"Quand les enjeux sont élevés et que l'incertitude est forte - comme dans le sport de haut niveau -, on a tendance à tout essayer pour obtenir le résultat voulu", souligne Richard Stephens, maître de conférence en psychologie à la Keele University.
Mais pour quelle efficacité ? Les travaux d'une équipe de psychologues de l'université allemande de Cologne publiés en 2010 dans la revue Psychological Science donnent une réponse.
Ces chercheurs ont tenté de mesurer l'utilité des pratiques superstitieuses dans le sport en menant deux expériences: dans la première, des golfeurs étaient autorisés à jouer avec leur balle fétiche tandis que d'autres frappaient des balles ordinaires. Les premiers l'ont emporté.
Dans la seconde expérience, les cobayes étaient autorisés à porter sur eux un talisman et invités à se soumettre à un test de mémoire. Mais juste avant l'épreuve, la moitié de l'échantillon était privée de son objet fétiche. Là encore, les cobayes ayant conservé leur porte-bonheur ont obtenu de meilleurs résultats que les autres.
Les sportifs les plus superstitieux s'exposent toutefois à un risque, celui de se retrouver pris au piège de leur routine.
Victor Thompson, psychologue du sport à Londres, met en garde ses patients et leur conseille de garder suffisamment de souplesse d'esprit si d'aventure des éléments extérieurs perturbent leurs petites mais précieuses habitudes. Si leur tee-shirt miracle disparaît. Si leur baladeur se casse.
"Cela peut créer de la colère, du stress, de l'anxiété ou de la tension physique, devenir une source de distraction et un facteur de perte de confiance, ce qui augmente le risque d'une mauvaise performance", dit-il.
Certains sportifs l'ont bien compris, comme l'Australien Matthew Mitcham, médaillé d'or en plongeon à Pékin. "Ma superstition, c'est de n'en avoir aucune. Je fais de mon mieux pour étouffer la moindre d'entre elles qui pourrait s'insinuer en moi", proclame-t-il dans son portrait officiel.
Lorsque Serena Williams, qui attaque elle aussi la compétition olympique ce samedi à Londres, entre sur un court, elle lace toujours ses chaussures de la même manière, et fait rebondir la balle cinq fois.
Malgré les progrès techniques et les budgets engloutis dans la préparation, les sportifs et la superstition font toujours bon ménage et la quinzaine olympique de Londres fournira l'occasion de s'en rendre compte une nouvelle fois.
Pour les psychologues, rien d'étonnant. La superstition et les rites irrationnels, expliquent-ils, sont souvent associés à des situations de stress et d'incertitude.
"Quand les enjeux sont...

