Rechercher
Rechercher

À La Une - Le Billet De Gaby Nasr

L’art et la bannière

On se demandait à quoi servait Adnane Mansour, maintenant, on sait : à lâcher des boulettes devant la presse et s’empêtrer ensuite dans des contorsions alambiquées pour les ramasser. Pour une fois que Michel du Château lui confie la mission de transmettre à l’ambassadeur de Syrie, Ali Abdel Karim Ali, une note de protestation, notre ministre du Dehors, jamais à court de cirage sur les pompes baassistes, s’est mélangé les pinceaux en s’emberlificotant dans un salmigondis pénible, duquel il ressort qu’il a un tel respect pour la décision présidentielle qu’il ne s’assoira dessus qu’avec une infinie délicatesse. La gymnastique est laborieuse, mais elle impressionne.
Le double Ali syrien, lui, qui n’a pas à s’embarrasser de ce genre de scrupules, a saisi la note au bond et l’a balancée par-dessus l’épaule avant de s’essuyer les pieds dessus. Normal, la convention de Vienne sur les relations diplomatiques s’arrête aux frontières de l’Assadie.
Et puis, réponse du berger à la bergère, le diplomate bacharolâtre s’est fendu d’une bafouille-retour pour se plaindre des barbes frisottantes armées qui grenouillent aux frontières de son pays. Juste retour de bâton : depuis des années, les Hébreux se plaignent au Sud de la même chose, mais là-bas les barbes sont plutôt bouclées. Une nuance idéologique tout en finesse.
Bref, la semaine a été bien remplie et a mis en vedette deux spécimens d’une rare compatibilité : d’un côté, un apparatchik calcifié du Baas, qui a aiguisé son mental et élimé son futal au gré des humeurs de ses patrons ; de l’autre, un bas de caisse et haut-parleur d’Istiz Nabeuh, mais dont la bannière partisane lutte avec le portefeuille ministériel et gagne.
Dans le jeu de la haute stratégie régionale, les rôles sont déjà distribués : le premier fait la cuisine, le second la vaisselle...

 

gabynasr@lorientlejour.com

On se demandait à quoi servait Adnane Mansour, maintenant, on sait : à lâcher des boulettes devant la presse et s’empêtrer ensuite dans des contorsions alambiquées pour les ramasser. Pour une fois que Michel du Château lui confie la mission de transmettre à l’ambassadeur de Syrie, Ali Abdel Karim Ali, une note de protestation, notre ministre du Dehors, jamais à court de cirage sur les pompes baassistes, s’est mélangé les pinceaux en s’emberlificotant dans un salmigondis pénible, duquel il ressort qu’il a un tel respect pour la décision présidentielle qu’il ne s’assoira dessus qu’avec une infinie délicatesse. La gymnastique est laborieuse, mais elle impressionne.Le double Ali syrien, lui, qui n’a pas à s’embarrasser de ce genre de scrupules, a saisi la note au bond et l’a balancée par-dessus...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut