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Économie - Social

Les poids lourds de l’industrie allemande rattrapés par la crise

Le tableau n’est toutefois pas complètement sombre, grâce notamment à une industrie automobile qui, jusqu’ici, continue à bien se porter.

Les traders en pleine action hier à la Bourse de Francfort. Wolfgang Rattay/Reuters

Le constructeur de camions MAN, le géant industriel Siemens, le chimiste BASF : tous souffrent à présent de la dégradation de la conjoncture mondiale et de la crise de l’euro, contre laquelle la robuste industrie allemande a longtemps paru immunisée. MAN a ainsi pris tout le monde par surprise mercredi soir en annonçant un recul de 95 % de son bénéfice net au premier semestre 2012, à 40 millions d’euros. Siemens a dû hier, pour la seconde fois cette année, abandonner son objectif de résultat annuel, tout en publiant un bénéfice net trimestriel moins bon que prévu (823 millions d’euros) et en faisant part d’une chute de plus de 23 % sur un an de ses entrées de commandes au printemps. BASF, pour sa part, a annoncé une baisse de 15 % de son bénéfice net au deuxième trimestre, freiné notamment par la faiblesse de son activité en Chine.
Les patrons ont rivalisé de prudence, voire de pessimisme dans les déclarations accompagnant les chiffres, la palme revenant à celui de Siemens, Peter Löscher. « Nous n’espérons plus de reprise au second semestre de 2012, au contraire nous voyons un net affaiblissement conjoncturel », mais l’économie ne se « brisera pas sur un écueil comme lors de la précédente crise », a-t-il prédit lors d’une conférence téléphonique. Pour lui, le danger vient de partout, à la fois d’une zone euro « où les incertitudes augmentent », mais aussi des États-Unis où la production industrielle ne progresse plus que « modérément ». Et même des pays émergents, ceux qui permettent jusqu’ici à l’Allemagne d’afficher de fortes exportations : « La production au Brésil baisse depuis un an, elle stagne en Inde. Le taux de croissance en Chine est lui de moins de 8 % », a énuméré M. Löscher. Il a estimé que l’Allemagne « ne pouvait se préserver que partiellement de la crise en zone euro ».
L’Europe inquiète également le groupe de chimie BASF. « Il ne passe pas un jour sans un gros titre sur la crise de l’euro. Ce sujet concerne directement et indirectement BASF, en tant qu’entreprise fortement présente en Europe », a dit son patron Kurt Bock hier. Par ailleurs, « en début d’année, nous ne pouvions pas prévoir que le moteur économique chinois allait tousser », a ajouté M. Bock lors d’une conférence téléphonique en présentant les résultats.
Les annonces des grands industriels allemands font suite à des indicateurs, qui, depuis quelques mois déjà, laissent présager d’un fléchissement pour le secteur, jusqu’ici dans une forme insolente. L’indice Ifo mesurant le moral des entrepreneurs est en baisse depuis trois mois, tandis que l’indice PMI, qui mesure l’activité du secteur privé dans toute la zone euro, confirme que l’Allemagne n’est désormais plus épargnée.
Le tableau n’est toutefois pas complètement sombre, grâce notamment à une industrie automobile allemande qui, jusqu’ici, continue à bien se porter. Exemple hier avec Volkswagen, numéro un européen, qui a enregistré au premier semestre un résultat net de 8,83 milliards d’euros, en hausse de 36 %. Et la veille Daimler avait confirmé ses prévisions 2012, là où le marché craignait un avertissement sur résultats. Malgré ces performances, « la croissance allemande va probablement caler au second semestre », prévoit d’ores et déjà Ralph Solveen, économiste chez Commerzbank.
Le gouvernement allemand a malgré tout pris soin mercredi de confirmer sa prévision pour 2012, soit une hausse de 0,7 % du produit intérieur brut du pays. Il s’agit d’une estimation très prudente, le FMI par exemple promettant jusqu’ici une croissance de 1 % cette année à la première économie européenne.
(Source : AFP)
Le constructeur de camions MAN, le géant industriel Siemens, le chimiste BASF : tous souffrent à présent de la dégradation de la conjoncture mondiale et de la crise de l’euro, contre laquelle la robuste industrie allemande a longtemps paru immunisée. MAN a ainsi pris tout le monde par surprise mercredi soir en annonçant un recul de 95 % de son bénéfice net au premier semestre 2012, à 40 millions d’euros. Siemens a dû hier, pour la seconde fois cette année, abandonner son objectif de résultat annuel, tout en publiant un bénéfice net trimestriel moins bon que prévu (823 millions d’euros) et en faisant part d’une chute de plus de 23 % sur un an de ses entrées de commandes au printemps. BASF, pour sa part, a annoncé une baisse de 15 % de son bénéfice net au deuxième trimestre, freiné notamment par la...
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