José Manuel Barroso s’est entretenu hier à Athènes avec le Premier ministre Antonis Samaras. Louisa Gouliamaki/AFP
Sa visite coïncide avec celle des comptables de la troïka (UE, BCE et FMI), chargés de préparer le 7e rapport sur les comptes grecs depuis le lancement du premier plan d’aide en 2009. Ils passent en revue les comptes du pays pour évaluer les progrès et les dérapages de l’ajustement budgétaire grec en cours.
Leur rapport d’audit qui devrait être rendu public d’ici à septembre doit servir aux Européens à déterminer s’ils versent ou non la prochaine tranche d’aide de 31,5 milliards d’euros nécessaire au pays pour recapitaliser ses banques et maintenir ses finances à flot. Les discussions en cours entre la Grèce et ses bailleurs de fonds internationaux sur le plan d’économies demandé à Athènes devraient se prolonger « jusqu’en septembre », a précisé David Hawley, un porte-parole du FMI.
Mercredi soir, Poul Thomsen (FMI), Klaus Masuch (BCE), et Matthias Mors (Commission européenne) se sont mis d’accord avec le ministre des Finances Iannis Stournaras pour un total de « 11,6 milliards d’euros d’économie » sur les budgets 2013 et 2014, a indiqué une source au ministère des Finances grec jeudi à l’issue d’une rencontre entre les quatre hommes. « Le climat était très bon », a insisté la même source. Même son de cloche du côté du FMI dont le chef de la délégation, Poul Thomsen, a répondu « absolument » aux journalistes souhaitant savoir si les discussions se passaient bien.
Le détail des économies, exigées par les créanciers pour continuer de perfuser financièrement le pays menacé de faillite, sera présenté aux dirigeants des partis politiques de la coalition gouvernementale par le Premier ministre Antonis Samaras avant sa rencontre avec M. Barroso. Pour gage de sa bonne volonté à réduire le train de vie du pays, le gouvernement grec a ajouté 27 millions d’économie qui n’avaient pas été prévus dans le mémorandum signé l’hiver dernier en rabotant de 10 millions les salaires des ministres en 2012 et en abaissant de 17 millions les coûts immobiliers des ministères.
La réalisation des économies demandées est une « arme » pour négocier le prolongement de deux ans demandé par la Grèce pour parvenir à réaliser le reste du plan d’ajustement, a ajouté la source du ministère des Finances. Les discussions ont également porté sur « l’évolution du système bancaire » du pays, qui doit être recapitalisé et restructuré, « le processus des réformes structurelles » parmi lesquelles les privatisations et la libéralisation des professions protégées de la concurrence, et enfin les « moyens de financer la Grèce » en août, compte tenu des versements qui n’ont pas été réalisés, a précisé la même source.
La presse grecque s’effrayait hier matin d’un tour de vis sur les retraites et aides sociales qui s’ajoutera aux mesures d’austérité déjà imposées depuis 2010 et portant sur des réductions des salaires et des retraites allant jusqu’à 30 %. « Des propositions chocs pour les retraites et les primes », a titré hier le quotidien Ta Néa (centre gauche).
Le ministre grec de l’Emploi Yannis Vroutsis a indiqué mercredi soir que 44 % des économies prévues, soit 5 milliards d’euros, concernaient son ministère. Dans ce contexte, le porte-parole du gouvernement Simos Kedikoglou a estimé que la visite du président de la Commission « constitue un message en soi » et « montre qu’il reconnaît les efforts du nouveau gouvernement » pour rattraper les retards.
La Grèce, plongée dans une récession qui s’apparente désormais à une véritable « dépression » du type de celle des années 30, espère surtout des mesures de relance d’ici à 2014 pour parvenir à tenir ses objectifs budgétaires vertueux et sortir du cercle vicieux austérité-récession.
À ce sujet, M. Barroso a écrit mercredi aux dirigeants de l’UE pour protester contre leur intention de réduire de 5 milliards d’euros le projet de budget européen 2013, avec des coupes dans les fonds destinés à la croissance économique et à l’emploi. « Réduire les dépenses de plus de 5 milliards d’euros en 2013 serait une fausse économie », soutient-il dans cette missive rendue publique à Bruxelles et transmise au Parlement européen, codécideur en la matière. « Cela aurait de graves conséquences pour le redressement économique », a-t-il affirmé.
(Source : AFP)

