Christian Bale au centre médical suédois de Denver, visitant des blessés de la fusillade. Handout/Reuters
En attendant, les ventes d’armes ont grimpé en flèche au Colorado depuis la fusillade, rapporte le Denver Post. Les vérifications de casier judiciaire, nécessaires pour acheter une arme, ont augmenté de plus de 40 % depuis la tragédie qui a secoué les États-Unis, selon le journal. « C’est complètement fou », commente dans le quotidien Jake Meyers, employé dans une armurerie à Parker, soulignant que 15 à 20 personnes attendaient devant sa boutique quand il est venu travailler quelques heures après la fusillade. « Beaucoup de gens disaient : “Je ne pensais pas avoir besoin d’une arme, mais maintenant si” », poursuit-il.
Dépourvu d’antécédents judiciaires, James Holmes, auteur présumé de la tuerie de vendredi, a pu légalement acheter quatre armes à feu dont un fusil semi-automatique. Via l’Internet, il a pu accumuler plus de 6 000 munitions. Les partisans d’une réglementation plus sévère considèrent donc que les lois laxistes de nombreux États font des États-Unis un pays plus propice aux tueries que le reste du monde. D’ailleurs, des élus américains se sont prononcés depuis pour l’interdiction des chargeurs de grande capacité. « Nous devons sonner l’alarme », a dit le sénateur démocrate Frank Lautenberg lors d’une conférence de presse mardi au Congrès. « Nous ne pouvons pas laisser la NRA (le lobby des armes à feu) faire barrage à des réformes de bon sens », a dit le sénateur en soulignant que le suspect de la tuerie d’Aurora avait un fusil d’assaut équipé d’un chargeur de 100 cartouches. Aux côtés de M. Lautenberg se trouvait la représentante démocrate Carolyn McCarthy, très engagée dans la lutte contre l’accès aux armes aux États-Unis. En 1993, son mari a été tué par un tireur fou et son fils grièvement blessé. « Cela n’a rien à voir avec les droits du 2e amendement (de la Constitution américaine qui garantissent le droit de porter des armes) », a assuré Mme McCarthy. Mais ni la majorité démocrate du Sénat ni les républicains qui dominent la Chambre des représentants ne semblent prêts à s’engager dans un débat sur le contrôle des armes à moins de quatre mois des élections de novembre.
Rédemption ?
En attendant, James Holmes, auteur présumé de la fusillade, n’a pas mis fin à ses jours comme c’est souvent le cas dans ce genre de drame, donnant aux criminologues l’espoir de mieux comprendre ce qui se passe dans la tête d’un forcené. Au contraire, l’étudiant âgé de 24 ans s’est laissé arrêter sans résistance par la police. « Cherchait-il la rédemption ? A-t-il été pris de remords à la dernière minute ? Ou bien était-il à la recherche d’une tribune » pour proclamer on ne sait quelle vérité à la face du monde ? » s’interroge le psychologue Frank Farley, de l’Université Temple de Philadelphie. Qu’il ait décidé de ne pas mettre fin à ses jours, à la différence des autres auteurs de massacres comme les deux adolescents du lycée Columbine en 1999 (13 morts), « est une bizarrerie de plus dans cette histoire », relève de son côté le psychologue Allen McConnell, de l’Université Miami dans l’Ohio.
James Holmes préparait depuis un an un doctorat en neurosciences à l’Université du Colorado, avec une bourse de 26 000 dollars. Mais il s’est soudain retiré du programme le mois dernier après avoir été recalé à un grand oral, selon une chaîne de télévision locale. « Je pense qu’il est très important d’analyser son passage à l’université, observe le professeur Farley. Cela pourrait être l’un des ingrédients qui permettraient d’expliquer pourquoi il a commencé à se sentir exclu. »
(Source : AFP)


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