Dans les milieux de l’opposition, on juge illusoire de croire que le Hezbollah est disposé à discuter de la stratégie défensive et de ses armes à la table de dialogue.
Un député du bloc du Futur rappelle à cet égard que le secrétaire général du Hezb, Hassan Nasrallah, avait en personne présenté oralement sa vision de la stratégie défensive lors de la première session du dialogue national, en 2006, puis il avait annoncé que cette stratégie avait été mise en œuvre lors de la guerre de juillet et qu’il n’était donc plus nécessaire d’en discuter.
En fait, on pense dans les milieux de l’opposition que dans les circonstances actuelles, il est hors de question pour le Hezbollah de mettre le dossier de ses armes sur la table de dialogue. Ce qu’il fait, c’est de chercher en permanence des prétextes pour une fuite en avant.
À l’époque où le président de la Chambre, Nabih Berry, dirigeait les séances de dialogue, c’était lui qui avait mis au point l’ordre du jour, y compris le point concernant la stratégie défensive. Le Hezbollah avait exprimé son accord sur l’ordre du jour et Hassan Nasrallah, qui représentait lui-même le parti, n’avait à aucun moment refusé de débattre de ce dossier.
Sauf qu’aux yeux du 14 Mars, le Hezb, qui a été mis dans l’embarras au fil des réunions, s’est livré à une fuite en avant en déclenchant la guerre de juillet. Cela a conduit au torpillage du dialogue et donc à l’arrêt des discussions sur la stratégie défensive.
Plus tard, lorsque le dialogue a repris une première fois dans la foulée de l’élection de Michel Sleiman à la présidence de la République, la stratégie défensive était l’unique point de l’ordre du jour dont il restait à débattre. Là aussi, poursuit-on dans les milieux de l’opposition, le Hezbollah et ses alliés ont tenté de s’esquiver en proposant d’élargir la fourchette de l’ordre du jour à d’autres sujets ainsi que le nombre de participants au dialogue. Le parti réclamait notamment que d’autres sujets de désaccord, comme les questions économiques, soient également examinées à la table de dialogue. Le 14 Mars s’y était catégoriquement opposé en arguant du fait que le comité de dialogue ne saurait se substituer aux institutions constitutionnelles, à savoir principalement le Conseil des ministres et le Parlement. Il fallait donc, aux yeux de l’alliance, s’en tenir exclusivement à la stratégie de défense, unique point de l’ancien ordre du jour à ne pas avoir été traité jusque-là.
Ultérieurement, et dans une nouvelle fuite en avant, le 8 Mars, y compris le général Michel Aoun, a soulevé le dossier dit des « faux témoins » pour en faire une condition préalable à toute autre discussion, allant jusqu’à boycotter le dialogue sous ce prétexte, pourtant oublié depuis, alors même que le 8 Mars accédait à la majorité gouvernementale.
La troisième session du dialogue, commencée en juin dernier sous l’égide du chef de l’État, reprenait de façon encore plus explicite et plus pointue qu’auparavant, dans son ordre du jour, la question des armes. Le Hezbollah ne s’y est pas opposé, donnant à croire qu’il était finalement décidé à en discuter.
Deux séances ont été tenues, la première le 11 juin et la seconde le 25 du même mois. Mais on en était resté jusque-là aux généralités. Il était prévu que la troisième, initialement fixée à aujourd’hui, entre dans le vif du sujet, notamment avec la présentation que le président Sleiman devait faire lui-même d’entrée de jeu sur la stratégie de défense.
Cette présentation était censée être basée sur des avis d’experts et sur la proposition de mécanismes techniques clairs devant accompagner la mise en œuvre d’une stratégie défensive digne de ce nom.
Il paraît clair aux yeux de certains observateurs que cette posture du chef de l’État qui, ainsi, ne se contente pas de diriger le débat mais se propose également d’y exposer ses vues, a mis une fois de plus le Hezbollah dans l’embarras. Il faut dire que le représentant du Hezbollah à la table de dialogue, Mohammad Raad, n’a jamais présenté un document écrit sur le point de vue du parti au sujet de la stratégie défensive, se contentant de rappeler l’exposé oral que Hassan Nasrallah avait effectué en 2006 et soulignant que, depuis, la « résistance » a mis en œuvre la teneur de cet exposé.
Il fallait donc que le Hezbollah agisse pour faire échec à l’initiative du chef de l’État, dans la mesure où il lui serait plus difficile de s’opposer à une proposition en provenance de M. Sleiman que d’un participant du 14 Mars. Une proposition qui, pour le moins, le contraindrait sérieusement à accepter de discuter du sort de ses armes.
Voilà pourquoi M. Raad s’est employé à faire avorter l’initiative du président, en posant il y a quelques jours une condition à toute discussion sur la stratégie défensive, celle consistant au préalable à « parachever la libération » du territoire.
Il n’en a pas fallu davantage pour dissuader le 14 Mars de poursuivre l’aventure du dialogue, d’autant plus qu’on a le sentiment, dans les milieux de l’opposition, que le Hezbollah et ses alliés ne recherchent dans le dialogue qu’une sorte de couverture politique en attendant la chute probable du régime syrien.
Le Hezbollah et ses alliés utilisent ce dialogue pour se refaire une santé, mise à mal par la prestation du gouvernement. Le 14 Mars, lui, préfère temporiser, en attendant que la situation se clarifie en Syrie.
Un député du bloc du Futur rappelle à cet égard que le secrétaire général du Hezb, Hassan Nasrallah, avait en personne présenté oralement sa vision de la stratégie défensive lors de la première session du dialogue national, en 2006, puis il avait annoncé que cette stratégie avait été mise en œuvre lors de la guerre de juillet et qu’il n’était donc plus nécessaire d’en discuter.
En fait, on pense dans les milieux de l’opposition que dans les circonstances actuelles, il est hors de question pour le Hezbollah de mettre le dossier de ses armes sur la table de dialogue. Ce qu’il fait, c’est de chercher en permanence des prétextes pour une...

