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À La Une - La Chronique De Nagib Aoun

À côté de la plaque...

Depuis seize mois, depuis le déclenchement de la rébellion en Syrie, tout a été dit sur les raisons du mouvement, sur ses conséquences immédiates ou à long terme, tout a été analysé, disséqué, passé au crible, chacun y allant de ses explications, de ses supputations. Mais si les avis divergent ou s’entrechoquent, une même angoisse étreint les cœurs, une même interrogation taraude les esprits : le chaos succèdera-t-il à la chute du tyran, l’instabilité s’étendra-t-elle aux pays environnants, les parties concernées dans la région feront-elles preuve de responsabilité, s’adapteront-elles aux réalités nouvelles ?

Avant d’évoquer le contexte libanais, étroitement lié à la conjoncture syrienne, un constat s’impose : si la révolte sur les rives du Barada sonne le glas d’une dictature qui a transformé le pays en État-voyou, il est non moins vrai que cette révolte a frappé au cœur les ambitions impérialistes de l’Iran, d’un pouvoir théo-cratique qui avait fait de la Syrie des Assad un tremplin pour ses visées hégémoniques, le terreau idéal pour réaliser son fantasme : un bloc compact chiite, aux frontières d’lsraël, qui engloberait la Syrie, l’Irak et le Liban, via le Hezbollah, et qui contrebalancerait la suprématie sunnite menée par les États du Golfe.

La question qui se pose maintenant est la suivante : l’Iran se fera-t-il une raison, admettra-t-il la réalité du bouleversement en cours en Syrie ou optera-t-il pour la fuite en avant en recourant à son émanation naturelle, l’exécutant de ses « hautes œuvres » dans la région, le Hezbollah ? Un parti « d’ordre divin » qui pourrait être le récipiendaire exclusif des arsenaux et autres armes chimiques que détient le Baas agonisant, un développement qui serait forcément considéré par l’État hébreu comme un casus belli.

Aux dirigeants juifs qui avaient averti qu’ils ne resteront pas les bras croisés face à un tel développement, Hassan Nasrallah a répliqué que son parti a les moyens de « pulvériser » les villes israéliennes, rendant hommage, par la même occasion, à la Syrie assadiste « qui n’a jamais lésiné sur son aide militaire au Hezbollah ».

Et comme une provocation est rarement orpheline, c’est dans ce contexte brûlant que le parti de Dieu a renversé la table du dialogue national au Liban, refusant de discuter de la stratégie défensive de l’État, engagé qu’il est dans une « guerre de libération » dont il est le seul à décider du timing et de l’opportunité.

Juste pour mémoire : le Hezb a célébré la libération du Liban-Sud il y a douze ans déjà, les feux d’artifice tirés, alors, en font foi. Douze ans qu’il mène toute la République en bateau, fort d’une arme de dissuasion massive : les arsenaux fournis par l’Iran et la Syrie assadiste...

Une couverture-chantage qui soustrait à la justice internationale les accusés dans l’assassinat de Rafic Hariri, qui permet aux suspects dans la tentative d’attentat contre Boutros Harb d’échapper à toute enquête policière et qui bloque l’accès aux données téléphoniques relatives à cette affaire grâce à des alliés complaisants...

Des alliés qui n’ont pas encore compris, qui ne veulent toujours pas admettre que les temps ont changé et que l’ouragan syrien frappe à nos portes, bouleverse toutes les données ; des alliés qui vivent dans le déni et qui déversent leur hargne dans les rues kidnappées de la capitale et de ses banlieues.

Mais ne soyons pas injustes. De ce sombre tableau, une lumière a émergé : dans cinq mois, promet « l’allié » du ministère de l’Énergie, le Liban pourra enfin jouir d’un surplus d’électricité : 327 mégawatts, soit une heure de courant en plus par jour. Comme le rationnement est quasiment de 18 heures par jour, c’est dix-sept heures de noir absolu qu’omet de nous annoncer monsieur Bassil... deux bateaux générateurs et des centaines de millions de dollars plus tard.

La grande histoire se façonne à un jet de pierre du Liban, la petite histoire, elle, s’accroche aux basques de nos bonimenteurs...
Depuis seize mois, depuis le déclenchement de la rébellion en Syrie, tout a été dit sur les raisons du mouvement, sur ses conséquences immédiates ou à long terme, tout a été analysé, disséqué, passé au crible, chacun y allant de ses explications, de ses supputations. Mais si les avis divergent ou s’entrechoquent, une même angoisse étreint les cœurs, une même interrogation taraude les esprits : le chaos succèdera-t-il à la chute du tyran, l’instabilité s’étendra-t-elle aux pays environnants, les parties concernées dans la région feront-elles preuve de responsabilité, s’adapteront-elles aux réalités nouvelles ? Avant d’évoquer le contexte libanais, étroitement lié à la conjoncture syrienne, un constat s’impose : si la révolte sur les rives du Barada sonne le glas d’une dictature qui a...
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