Andréa, qui est aujourd’hui étudiante en business à l’AUB, commence alors à s’entraîner d’une manière intensive. Deux heures de taekwondo par jour en moyenne, sept fois par semaine. Plus en été. Les effets ne tardent pas à apparaître.
Andréa décroche l’or à l’Open de Bahreïn. Les bons resultats s’enchaînent. Deux médailles d’or, une d’argent et une de bronze en 2009. Aux Jeux méditerranéens de Casablanca, aux Jeux d’Asie de l’Ouest à Amman, aux championnats arabes juniors du Caire et aux championnats d’arts martiaux de Bangkok.
« J’ai vu que je commençais à monter, raconte Andréa. Mais c’est en recevant ma médaille de bronze aux Jeux asiatiques en Chine, en 2010, que j’ai réalisé que mon rêve d’aller aux Jeux olympiques était accessible. » Un sentiment partagé par tous ceux qui ont suivi l’itinéraire de la jeune athlète, à commencer par la Fondation Saradar qui a décidé de la soutenir dans sa course vers Londres.
Malgré le lourd entraînement, « je n’ai jamais eu de problème avec les études. Même quand je voyage et que je manque des cours », révèle Andréa avec modestie. La jeune étudiante, dont les bons résultats scolaires lui ont valu une admission anticipée à l’AUB, s’est également distinguée à l’École de commerce.
Son nom figure sur la liste d’honneur du doyen pour l’excellence de ses résultats académiques. « Le sport m’a appris à m’organiser. Il m’a appris comment faire plus avec moins de temps. Il m’a également inculqué un esprit de compétition. Je dois tout bien faire », ajoute-t-elle dans un sourire.
Andréa n’est pas devenue championne du Liban de taekwondo, pour cinq saisons consécutives, sans sacrifice. « Je vois moins mes amis, admet-elle. Il faut que je me repose, que je dorme bien. Je ne peux pas me permettre de faire des sorties spontanées. Et à l’université, je choisis mes cours de façon à ne pas avoir de longues pauses. »
En 2011, la jeune championne est classée 8e au monde. Un exploit. « Je remercie mes entraîneurs, Bassem Aad, Cosette Basbous, le club Mont La Salle, la Fédération libanaise de taekwondo et la Fondation Saradar, pour leur soutien, ainsi que mes parents pour leur grand support mental », confie Andréa, avant de conclure : « Je crois que je suis née en pensant aux Jeux olympiques. Je rêve du podium. Je sais que c’est superdifficile mais rien n’est impossible. »

