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Cinema-

Concours de la meilleure critique : les résultats

Léa ASSIR

En partenariat avec « L’Orient-Le Jour », l’association Métropolis avait organisé le concours de la meilleure critique concernant les films libanais projetés durant les mois de mai et de juin au Métropolis Empire Sofil dans le cadre de la programmation « Carnet de notes » (Scrapbook). Ce concours permettait aux talents de tous âges de s’exprimer. À la fin de ce concours, une seule critique a été retenue. La gagnante, en l’occurrence Léa Assir, qui a écrit à propos du documentaire de Hady Zaccak, « Marcedes », recevra donc un abonnement gracieux de 3 mois à « L’OLJ », ainsi que des billets gratuits pour la programmation du Métropolis Empire Sofil durant toute la saison.

« Marcedes » ou 60 années de l’histoire du Liban vues par une voiture
Le trajet démarre à la fin des années 50, lorsque le moteur de la Mercedes Ponton se met en marche dans un Liban encore en noir et blanc, et où de nombreux touristes se pressent pour visiter cet étroit pont entre l’Orient et l’Occident. C’est dans ce contexte que le mythique modèle Ponton débarque d’Allemagne pour devenir la voiture la plus populaire du pays, marquant ainsi le début d’une longue histoire d’amour avec le Liban qui lui donnera le tendre surnom de « Marcedes ». Bien vite pourtant se mêlent à cette relation le sang et les bombes qui ponctuent la vie des Libanais depuis la guerre civile, et dont la voiture sera à la fois témoin et actrice.
C’est sous cet angle délicieusement original et inattendu que Marcedes, un documentaire du réalisateur libanais Hady Zaccak, dépeint les six dernières décennies de l’histoire du Liban, des années d’avant-guerre à aujourd’hui. Le film, notamment lauréat des prix International Critics Prize (Festival international du film de Dubaï, 2011) et al-Jazeera Documentary Channel Award (Doha, 2012), traite des événements au Liban à la manière d’un documentaire dans le fond, mais pas exactement dans la forme, puisque tout y est présenté à travers les yeux – ou plutôt les phares – de la fameuse Mercedes Ponton.
Véritable icône pop aujourd’hui, la Ponton est bien la star du film et monopolise l’attention de la caméra qui multiplie les gros plans sur ce qui fait le charme de cette voiture, allant d’une petite chaussure accrochée à côté du pot d’échappement à une éraflure sur une carrosserie autrefois rutilante, en passant par des sièges sans appuis-tête, recouverts de plastique, ou encore une paire d’yeux collés sur le revers des rétroviseurs. Tout, du klaxon au sigle, rappelle l’omniprésence de la Mercedes dans les paysages visuels et auditifs du Liban. Alors que l’auto sillonne le pays du bord de mer à la montagne, radio allumée, les informations et émissions politiques remplacent la traditionnelle voix off des documentaires et les bruits de moteurs capricieux alternent avec les explosions qui dévastent le pays.
Au-delà de l’aspect esthétique cependant, Marcedes est avant tout un documentaire. La voiture est de tous les événements, à commencer par la guerre civile qui éclate en 1975 : des images de carcasses calcinées, d’un cadavre gisant sur un capot, et de civils fuyant à bord de Mercedes fatiguées et chargées de paquets ficelés sur le toit. Outre ces événements, il semblerait que la Mercedes soit également un reflet du communautarisme, ce phénomène si libanais : un Coran sur le coin d’un tableau de bord, un porte-clés en forme d’étoile druze, une chanson à la gloire de Hassan Nasrallah ou du roi Abdallah, une croix accrochée au rétroviseur, mais aussi une chanson de rap arabe contre le communautarisme.
Dans un pays où chaque livre d’histoire présente sa version des faits, il est intéressant de voir les événements d’un point de vue pour le moins inhabituel : celui d’une automobile. C’est donc sous cette perspective inédite que Hady Zaccak dépoussière l’histoire récente du pays du Cèdre qui, jusqu’à aujourd’hui du moins, n’a mis personne d’accord.

Léa ASSIR
En partenariat avec « L’Orient-Le Jour », l’association Métropolis avait organisé le concours de la meilleure critique concernant les films libanais projetés durant les mois de mai et de juin au Métropolis Empire Sofil dans le cadre de la programmation « Carnet de notes » (Scrapbook). Ce concours permettait aux talents de tous âges de s’exprimer. À la fin de ce concours, une seule critique a été retenue. La gagnante, en l’occurrence Léa Assir, qui a écrit à propos du documentaire de Hady Zaccak, « Marcedes », recevra donc un abonnement gracieux de 3 mois à « L’OLJ », ainsi que des billets gratuits pour la programmation du Métropolis Empire Sofil durant toute la saison.« Marcedes » ou 60 années de l’histoire du Liban vues par une voitureLe trajet démarre à la fin des années 50, lorsque le...
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