Des massacres sont commis en Syrie ? Merci à la communauté internationale de nous le rappeler, de le déplorer à chaque inutile réunion du Conseil de sécurité, à chaque veto russo-chinois projeté comme un obus en direction du peuple syrien. Des atrocités sont commises à Hama, Homs, Idleb et dans tous les coins et recoins de la Syrie martyre ? Merci à Kofi Annan de s’en souvenir, d’en parler en toute diplomatie avec l’ordonnateur des crimes, de faire du palais présidentiel à Damas le passage obligé d’humiliantes tergiversations.
Voilà où nous en sommes aujourd’hui : les meurtres collectifs basculent dans le précipice infâme de la solution finale, les massacres prennent la forme d’un génocide planifié, perpétré en toute impunité, les Grands du monde, eux, se contentent de se dire horrifiés, pris au piège d’un niet russe qui couvre l’abjection institutionnalisée, qui prolonge le calvaire de la population syrienne.
Une tragédie appelée à s’enliser dans les épreuves de force engagées entre les puissances occidentales et les héritiers de la défunte Union soviétique, dans la nouvelle guerre froide opposant la Maison-Blanche au Kremlin sur les rives du Barada, un fleuve tumultueux dont les eaux ont pris, au fil des longs mois du drame, une couleur sang.
Que le Liban soit entraîné dans le tourbillon de la crise syrienne, qu’il en souffre du fait de la proximité géographique, des positionnements antagonistes des diverses parties politiques, tout cela était prévisible, quasiment inévitable. Le régime de Bachar el-Assad a des alliés inconditionnels sur la scène libanaise comme des adversaires déterminés, résolument favorables à la rébellion syrienne.
L’élection partielle dans la région du Koura, supposée refléter les aspirations purement locales des habitants de la circonscription, a finalement pris une envergure nettement plus large, déterminée par les prises de position adverses liées à la crise syrienne.
Un scrutin test à moins d’un an des législatives de 2013 : 14 Mars contre 8 Mars avec en toile de fond un bras de fer sanglant en Syrie dont l’issue déterminera l’avenir de la région.
La bataille au Koura a clairement mis face à face des partis alliés au régime baassiste, comme le Parti syrien national social et les Marada, et des partis qui lui sont hostiles à l’instar du courant du Futur et des Forces libanaises. Le Courant patriotique libre, dans la continuité du document d’entente avec le Hezbollah, de son positionnement, difficilement digérable, favorable au pouvoir assadiste, s’est rangé sous la bannière du PSNS qui livrait hier un combat vital dans cette région.
Le résultat du scrutin a constitué un camouflet pour cette alliance contre nature. Michel Aoun en tirera-t-il les leçons qui s’imposent ? Il lui reste moins d’un an pour y réfléchir...


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