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À La Une - Syrie

Accord Annan-Assad sur une "approche" à soumettre aux rebelles

La Russie ne livrera pas d'avions de chasse à la Syrie ; le président syrien ne craint pas de subir le sort de Moubarak ou de Kadhafi.

Kofi Annan lors de sa rencontre avec Bachar el-Assad. SANA/

L'émissaire international pour la Syrie Kofi Annan a annoncé lundi être parvenu à un accord avec le président Bachar el-Assad sur une "approche" qui sera soumise aux rebelles en vue de la fin des violences dans le pays.

 

"Nous avons discuté de la nécessité de la fin des violences et des moyens d'y parvenir. Nous nous sommes mis d'accord sur une approche que je vais partager avec l'opposition armée", a indiqué M. Annan à la presse à Damas après sa rencontre avec le chef de l'Etat syrien. "Je quitte la Syrie mais nous continuerons notre dialogue", a-t-il encore souligné, sans dévoiler le contenu de l'accord.

 

L'émissaire a précisé avoir tenu des "discussions très franches et constructives" avec M. Assad, dont le régime réprime depuis près de 16 mois un mouvement de contestation qui s'est militarisé au fil des mois.

M. Annan, qui avait reconnu samedi l'échec de son plan de sortie de crise, a exprimé lundi sa volonté d'en poursuivre l'application.

 

Auparavant, le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères, Jihad Makdessi, avait également qualifié sur Twitter la réunion entre les deux hommes de "constructive". "La mise en oeuvre du plan a été au coeur des discussions qui ont porté également sur la manière d'aller de l'avant", a indiqué M. Makdessi en référence au plan de sortie de crise resté lettre morte.

 

M. Annan a rencontré par la suite le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem, selon le porte-parole.

"Au cours des deux réunions, on a assuré M. Annan de l'engagement de la Syrie à l'application du plan en six points et espéré que l'autre partie (l'opposition) est tout aussi engagée", a encore tweeté M. Makdessi.


Ce plan stipule, outre la fin des violences, un dialogue politique, l'acheminement de l'aide humanitaire vers les zones touchées par les combats, la fin des détentions arbitraires, la liberté de circulation pour les journalistes, la liberté d'association et le droit de manifester pacifiquement.

 

Après Damas, M. Annan s'est rendu lundi après-midi à Téhéran, ont annoncé la chaîne iranienne de télévision en arabe Al-Alam et le porte-parole de l'émissaire international. Il doit rencontrer le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, ainsi que Saeed Jalili, le secrétaire général du Conseil suprême de la sécurité nationale, a ajouté Al-Alam.Une conférence de presse commune entre MM. Annan et Salehi est prévue mardi, a annoncé le ministère des Affaires étrangères.

 

L'émissaire onusien a toujours plaidé, en vain, contre les Occidentaux pour que l'Iran soit associé aux discussions internationales sur la Syrie, estimant qu'il pourrait influer sur le régime de Damas dont il est le principal allié.

Il a annoncé son intention de "rendre compte" aux dirigeants iraniens des résultats de la réunion du "groupe d'action sur la Syrie" qui a rassemblé le 30 juin à Genève les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, plusieurs pays représentant la Ligue arabe et la Turquie.

 

 

Parallèlement, l'un des principaux dirigeants de l'opposition en Syrie, Michel Kilo, a appelé lundi la Russie à contribuer à "la stabilisation de la situation" dans son pays, au cours de pourparlers à Moscou avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

S'exprimant par ailleurs sur les ondes de la radio la Voix de la Russie, cet opposant a estimé que Manaf Tlass, le général syrien proche du président syrien qui a récemment fait défection, pourrait être amené à jouer un rôle de premier plan dans son pays.

 

"La Russie est l'un des rares pays, si ce n'est le seul, à travailler activement avec le gouvernement syrien et avec les diverses forces de l'opposition, s'efforçant de faire appliquer le plan de Kofi Annan", a de son côté déclaré M. Lavrov, cité par l'agence Itar-Tass.

 

Quelques heures plus tard, le président russe Vladimir Poutine a prôné une "solution politique pacifique" en Syrie, rejetant "toute ingérence par la force de l'extérieur", dans un discours retransmis à la télévision.

 

Parallèlement, les services russes de coopération militaire ont annoncé lundi que la Russie ne livrera pas d'avions de combat Yak-130 à la Syrie alors que la situation sur place reste floue. La Russie aurait signé un contrat pour la fourniture, fin 2011, de 40 avions de chasse d'entraînement au régime de Bachar el-Assad.

 


Dimanche, le président syrien a estimé n'avoir aucune raison de craindre de subir le même sort que Mouammar Kadhafi, tué en octobre après avoir été capturé, ou l'ancien dirigeant égyptien Hosni Moubarak, condamné début juin à la prison à vie.

"Concernant ce qui est arrivé à (Mouammar) Kadhafi, c'est barbare, c'est un crime. Quoi qu'il ait fait, personne dans le monde ne peut accepter ce qui s'est passé, de tuer quelqu'un comme ça", a déclaré le président syrien dans une interview à la chaîne de télévision allemande ARD.

"Ce qui est arrivé à Moubarak est différent. C'est un procès. Tout citoyen, quand il regarde un procès à la télévision, se dit qu'il n'a pas à se trouver dans cette position là. La réponse est donc : ne faites pas comme lui, ne faites pas comme lui", a-t-il poursuivi.

"Mais pour craindre (de subir leur sort), il faut comparer. Est ce que nous avons quelque chose en commun? C'est une situation complètement différente. On ne peut pas comparer. On ne peut pas le redouter, peut-être se sentir désolé ou ressentir de la pitié."

 

Sur le terrain, l'armée syrienne bombardait lundi plusieurs quartiers de Homs ainsi que la ville rebelle de Qousseir, dans le centre de la Syrie, rapportent l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) et un correspondant de l'AFP.

 

Au total, au moins 31 personnes - 16 civils, 11 soldats et quatre rebelles - ont été tuées lundi dans les violences à travers le pays, selon l'OSDH, une organisation basée au Royaume-Uni et qui s'appuie sur un réseau de militants et de témoins.


L'OSDH a également fait état de combats à l'aube à Damas, en particulier dans le quartier central des Abbassides, ainsi qu'à Deir Ezzor (est) et à Alep (nord), et de bombardements de plusieurs villes de la région de Damas.

 

Des combats ont également éclaté à la frontière avec la Jordanie dans la province de Deraa (sud).

 

Dimanche, les violences avaient encore fait une centaine de morts, selon l'OSDH. Il est impossible d'obtenir un bilan de source indépendante depuis que l'ONU a cessé fin 2011 de comptabiliser les victimes du conflit syrien.

L'émissaire international pour la Syrie Kofi Annan a annoncé lundi être parvenu à un accord avec le président Bachar el-Assad sur une "approche" qui sera soumise aux rebelles en vue de la fin des violences dans le pays.
 
"Nous avons discuté de la nécessité de la fin des violences et des moyens d'y parvenir. Nous nous sommes mis d'accord sur une approche que je vais partager avec l'opposition armée", a indiqué M. Annan à la presse à Damas après sa rencontre avec le chef de l'Etat syrien. "Je quitte la Syrie mais nous continuerons notre dialogue", a-t-il encore souligné, sans dévoiler le contenu de l'accord.
 
L'émissaire a précisé avoir tenu des "discussions très franches et constructives" avec M. Assad, dont le régime réprime depuis près de 16 mois un mouvement de contestation qui s'est militarisé au fil des...
commentaires (3)

Ce Anan, je l'aime tant ! Il est un " rêveur " de grand talent, dans les rêves uniquement, certes !

SAKR LEBNAN

13 h 33, le 10 juillet 2012

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Commentaires (3)

  • Ce Anan, je l'aime tant ! Il est un " rêveur " de grand talent, dans les rêves uniquement, certes !

    SAKR LEBNAN

    13 h 33, le 10 juillet 2012

  • Soyez réalistes demandez l’impossible. Ainsi nous semble cette nouvelle "approche" qui sera soumise aux rebelles par M. Annan en vue de la fin des violences en Syrie. Une vraie gifle pour la diplomatie onusienne . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    09 h 13, le 09 juillet 2012

  • Kofi Annan a largement démontré depuis 17 mois son médiocre niveau de diplomate et son incapacité à gérer cette situation ,que le machin onusien le démissionne au lieu qu'il continue a persister dans l'erreur ...

    M.V.

    09 h 04, le 09 juillet 2012

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