Un rebelle syrien fait le signe de la victoire, debout sur un char de l’armée loyaliste détruit, près d’Idleb. Photo Reuters
Kofi Annan prône en outre une implication de l’Iran, allié majeur de Damas, une idée à laquelle Américains et Européens se sont jusqu’à présent opposés, en raison notamment du conflit qui les oppose à Téhéran sur son programme nucléaire. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir Abdollahian a indiqué hier que l’Iran « a fourni des suggestions à Kofi Annan », estimant qu’une « intervention militaire en Syrie n’est pas probable et si cela devait arriver, ce serait stupide ».
Bachar el-Assad a de son côté accusé les États-Unis d’être « partie prenante au conflit » et d’offrir « une protection et un soutien politique à ces bandes (rebelles) pour déstabiliser la Syrie », dans une interview à la télévision publique allemande ARD.
L’influent sénateur américain John McCain a en revanche regretté le « manque d’initiative (...) honteux et scandaleux » de l’administration de Barack Obama sur la Syrie, l’appelant à fournir des armes à l’opposition syrienne.
Clinton pour une transition rapide
La secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a quant à elle appelé à une transition politique en Syrie. Si les violences cessent et qu’une transition est engagée, « il y aura une chance d’épargner à la nation syrienne une agression catastrophique qui serait dangereuse pour le pays mais aussi pour la région », a insisté Mme Clinton devant la presse à Tokyo, avant d’ajouter que « les jours sont comptés pour ceux qui soutiennent le régime » du président Assad.
Hillary Clinton faisait manifestement référence à une éventuelle offensive des rebelles qui ne cesse de gagner de force, contre le régime et non à une intervention militaire étrangère. Mais elle a estimé que Damas freinait jusqu’à présent les efforts de M. Annan. « Il n’y a eu aucun mouvement du régime syrien pour respecter » le plan de M. Annan, a-t-elle estimé. Dans une récente interview, l’émissaire international a d’ailleurs lui-même reconnu que ses efforts avaient pour l’instant échoué et qu’il n’était pas garanti qu’ils aboutissent un jour.
Sur le terrain, l’armée syrienne a repris ses bombardements dans l’est et le nord du pays, et a lancé des attaques coordonnées sur Qousseir et Rastane, deux bastions rebelles dans la province de Homs, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Selon un correspondant de l’AFP sur place, l’offensive a commencé samedi après-midi contre les lignes de défense établies par l’Armée syrienne libre (ASL) à Qousseir. À Rastane, les forces gouvernementales ont également dû reculer face à la résistance des rebelles, selon l’OSDH.
Dans le reste du pays, de nombreux civils dont des enfants ont péri dans des bombardements dans la province de Deir ez-Zor, et plusieurs autres ont été tués par des tirs dans le village de Sahel el-Ghad, selon la même source.
Au total, les violences ont fait au moins 85 morts hier, selon des militants et la chaîne al-Jazira, alors que la veille, les opérations des forces de l’ordre et les combats entre soldats et rebelles avaient fait au moins 77 morts.
Par ailleurs, la marine syrienne a entamé des manœuvres au cours du week-end, lançant des missiles depuis la terre et la mer dans le but de « simuler un scénario de défense en cas d’attaque surprise depuis la mer », a indiqué hier l’agence officielle SANA.
(Sources : agences et rédaction)

